l'inéluctable réduction du temps de travail
Voici une courbe interressante, montrez la à Fillion, Sarkozy ils vont s'étrangler. Elle montre l'évolution du temps de travail annuel depuis 40 ans dans les nations de l'OCDE.
Je l'ai trouvé sur le site de l'OCDE , en cherchant autre chose. C'est dans un PDF qui contient beaucoup de données. Mais c'est cette courbe qui est la plus importante:

Il n'y a pas quelque chose qui vous choque : Depuis 1960, le volume de travail annuel, c'est à dire le nombre d'heures travaillées dans l'année par une personne occupée.. baisse dans des proportions importantes. C'est un mouvement inéluctable, par ce que les technologies évoluent, les méthodes de travail aussi. Du coup la productivité des salariés augmente très fortement, et au final pour produire la quantité de richesse nationale ( le PIB) il faut moins de salariés. C'est le chômage massif à temps plein ou partiel qui croit ou stagne depuis des années.
On peut même remonter plus loin encore, et découvrir qu'au XIXe siècle la durée du travail était bien plus importante, et qu'un mouvement historique a eu lieu : on travaille moins par ce qu'on produit plus et mieux. 
Tout ça alors que le PIB croit encore, je n'ai pas la courbe sous la main, mais il me semble évident de dire que le PIB de 1960 n'a rien à voir avec celui des années 2000. Il suffit de consulter le site de l'INSEE, de trouver l'historique du PIB et calculer que de 100 unités de PIB 1960 on arrive en 2008 à 205 unités. C'est à dire que la valeur du PIB a été multipliée par 2,05 depuis 1960.
Le travailleur français a vu sa durée annuelle de travail passer de 2000 heures à 1560, soit une baisse de 22%. Dans le même temps sa productivité a augmenté. On le vérifie sur d'autres périodes. Ainsi au Sénat, on explique que depuis 1870 la productivité horaire du travailleur français a été multipliée par 32. La durée de son travail n'a été divisée que par 2.
Ce mécanisme est universel, il en sera de même dans les nations en voie de développement, ou ceux qui avancent le plus vite comme la Chine, qui connait déjà un chômage de plus en plus fort et des émeutes sociales.
La solution est alors évidente: il faut réduire le temps de travail et donc partager la masse de travail avec le stock de travailleurs. Expliquez ça à l'UMP, ça va les étrangler. Ce mouvement inéluctable ne doit pas être laissé sous le contrôle du marché, par ce que ces sont ceux qui en profitent le plus qui fixent alors les règles : NAIRU, précarité, pression sur les salaires.
Alors oui, vive la réduction du temps de travail !

Commentaires
Comme d'habitude, un très bon billet "Made in Dagrouik". Pour celles et ceux qui ne sont pas encore totalement convaincus que la réduction du temps de travail est ce qu'il nous faut, il suffit de lire le bouquin de Pierre Larrouturou.
Je crois que Sarkozy et con-sorts savent tout cela très bien. Mais ce n'est pas populiste de dire aux braves gens qu'ils vont bosser moins ! Ça ne passe pas dans leurs discours !!!
Ce gouvernement ne réfléchit pas, il sert juste le discours qui convient à leur électorat bovin !
:-))
Permettez, permettez : le fait qu'une chose soit constante et régulière n'entraîne pas qu'elle soit automatiquement INÉLUCTABLE : l'histoire est pleine de ces revirements, récessions, retours en arrière, etc. (Je dis cela sans porter le moindre jugement de valeur sur le temps de travail lui-même : en tant que salarié à temps partiel, je ne vais pas me mettre à faire la leçon aux uns ou aux autres...)
@Didier Goux : Effectivement dans le cas par exemple d'un affrontement nucléaire "limité" entre la chine et les USA, les deux subiraient des dommages tels qu'ils devraient travailler plus.
Oui, et qu'on cesse de nous rabâcher que l'écologie va tout solutionner...
Les estimations les plus optimistes (et très controversées) tablent sur la création de 600.000 emplois par l’économie verte, alors que l’on est déjà à 5 millions de chômeurs et que Xavier Darcos vient d'en annoncer 800.000 de plus fin 2009.
D'ailleurs, dans certains secteurs d'activité, l'écologie va directement détruire de l'emploi par la révolution technologique qu'elle implique, un exemple :
la...voiture électrique! Personne n'en a conscience, mais d'après les spécialistes, un véhicule électrique de série pourrait parcourir jusqu'à 1 million de km sans quasiment jamais passer par le garagiste (hormis pour les pneus/freins/changement des batteries 1 fois ou 2), je vous laisse imaginer les dégâts sociaux dans l'industrie de la petite mécanique automobile...
Il est donc urgent de trouver les moyens les plus efficaces et macro-économiquement équilibrés de créer des emplois en masse sans compter sur la croissance, qu'elle soit verte ou non.
Si la production de richesse augmente régulièrement (même avec des à-coups), mais que le chômage reste élevé, et que le partage du travail ou les progrès technologiques ne peuvent compenser cette pénurie d'emplois, c'est qu'il faut repenser la façon de redistribuer les richesses. En période de plein-emploi comme les 30 glorieuses il était naturel de faire ce partage par le biais du travail. Or il faut se rendre à l'évidence : de nos jours le chômage est endémique et subi. Et il est injuste de limiter la redistribution aux seuls inclus ou insiders quand les exclus et outsiders le sont malgré eux (cf le billet sur le déclassement).
Quand on examine l'évolution du PIB par habitant des dernières décennies, on se rend compte que celui-ci n'a cessé d'augmenter. Ce qui veut dire que la production de richesse augmente plus vite que la démographie. On peut donc parfaitement envisager d'étendre la redistribution de cette richesse à toute la population et pas seulement aux seuls titulaires d'un emploi (par l'intermédiaire du salariat). C'est le principe du revenu universel.
Conclusion : il faut supprimer l'assistanat social existant, constitué d'une myriade d'aides catégorielles, pour le remplacer par un revenu universel garantissant à tout individu une somme mensuelle permettant un niveau minimum de survie, et accompagner cette révolution sociale par une révision complète de la fiscalité. L'emploi salarié cessera d'être une nécessité de survie pour de nombreuses personnes.
Pour que la gauche revienne un jour au pouvoir, je pense qu'elle devra porter cette vision comme défi majeur du XXIe siècle, comme l'instauration de la protection sociale (sécu, retraites) a pu l'être dans la seconde moitié du XXe siècle.
Bravo pour cette présentation. Ceci conforte l'idée de la semaine de 32h.