Irène Delse a publié un billet sur le nucléaire français et M.Ahmadinedjad le sulfureux président Iranien. Nous avons entendu Sarkozy déclarer à la tribune de l'ONU, une chose curieuse:

La France est prête à aider tout pays qui veut se doter de l’énergie nucléaire civile.

L'idée est de vendre des centrales nucléaires à l'Iran, et en même temps de donner vendre l'industrie nucléaire française à Bouyges. Mais vous me direz, ce sont des centrales civiles, ça ne peut pas servir à faire des vilaines bombes et de toutes façons on repérait tout cela avec tous les moyens modernes. On démontre que tout cela est faux, et ce n'est pas moi qui le fait, je ne fais ici que compiler des informations qui existent depuis des années et sont disponibles un peu partout. Nous verrons qu'un précédent existe avec l'Afrique du Sud dans les années 1980, et quelques rappels sur l'Irak feront du bien à certains.

Le cul de Sac irakien

2 nov 2000 : L’irak aurait de quoi faire un crude device, d’après CNN et un physicien irakien en fuite. Personne ne vérifiera les infos, qui s’avèrent fausses, mais CNN diffuse le troll “I would say (a bomb of) a few kilotons can be done in Iraq now,” Et oui, elle pourrait être aussi faite ailleurs, tout ca n’était qu’une question de sémantique.
D’ailleurs si on demandait à Google ? [1] prenons en le pari, cette bombe aurait été le résultat d’une collaboration internationale. La Suisse, la France, l’Italie auraient collaboré à ce programme de recherche… On se demande pourquoi nous n’avons pas été “corrigés” à coup de F16 et de missiles de croisières dans le passé? D’ailleurs tout cela a été démenti par les faits : on a rien trouvé, rien de rien. les fouineurs de la CIA venus avec les GI’s sont rentrés bredouilles chez eux.De plus, un physicien irakien a démenti toutes ces rumeurs : Le programme de recherche irakien a été stoppé en 1991. Cela avait déja été fait en 2003 , par Imad Khadduri, un physicien Irakien émigré depuis 1998. De plus, d’après ce même chercheur et d’autres physiciens US , le programme irakien était dans un cul de sac dès 1988. Les technologies choisies pour enrichir l’Uranium n’étaient pas très… discretes. According to the “American experts” themselves, such a process would need kilometers of strung-out, highly-tuned, delicately controlled spinners to fulfill their ill-wish for Iraq. Not to be noticed by their satellite.

Pendant ce temps, la Corée du Nord elle, a réussi à faire des progrès soit technologiques, soit en gestion de pipeau de grande taille. N’oublions pas que les seules informations que nous avons sur le programme nucléaire coréen viennent… de la CIA et des observations extérieurs qui ont estimé que son essai nucléaire était ce qu'on appelle un fizzle, c'est à dire une explosion nucléaire à moitié réussie.

Toujours est-il, et cela personne n’y fait trop attention, que les technologies existent et sont dans le domaine public. Ce n’est qu’une question de moyens financiers et de volonté politique.

 Pire encore, il est parfaitement possible de concevoir un nuclear device qui ne sera pas trop “fiable”, mais quand même une belle saloperie avec capacité de destuction d'un centre ville et milliers de morts. On appelle cela un “crude nuclear weapon“: un truc pas trop précis, techniquement pas trop éloignés des premiers engins de 1945 et beaucoup plus éloignés des engins actuels parfois 10 ou 20 fois plus petits pour une puissance bien supérieure. Vous ne le savez sans doute pas, mais la bombe lancée sur Hiroshima le 6 aout 1945 était un assemblage de type "gun type", c'est à dire canon. Un canon de marine avec deux morceaux d'uranium 235 dont un à l'extrémité du tube et l'autre comme "obus", un détonateur et boom. 10 à 15 Kt de puissance, 50 à 100 000 morts. Bien sûr, je simplifie. Mais le principe est aussi simple que cela quand on se limite à l'U235 moins facile à trouver que le Pu239 qui nécessite un autre type de modèle dit à implosion

No experience required

David Lilienthal, the chairman of the Atomic Energy Commission, had argued as far back as 1948 (in the Bulletin) that the idea of a "secret formula" was "nothing less than a gigantic hoax upon the people of this country". But many still believed that if only the "secret" could be guarded, proliferation might be prevented. (source)

Le rapport de l’expérience NTH des années 60 ( .PDF , 15 pages, déclassifié partiellement), dont la conclusion parle d’elle même.
Un des auteurs n’avait que 19 ans à l’époque… et ils n’utilisèrent que des informations et données présentes dans le domaine public. Par exemple, en se basant sur les ouvrages des bibliothèques universitaires ou de leurs cours dans divers domaines. Nul ne sait si leur device fut testé en 1967. Mais cependant, des indices laissent penser que oui…
Dites vous bien qu’à l’époque , le plus puissant de ordinateurs était comparable à une calculette pour lycéen... les calculs requis sont donc à portée de main d'un Dual-Core en tout genre en 64bits avec des gigas de Ram qui ne coûtent plus rien.

Toujours est-il que dès 1962, les américains testèrent des devices utilisant du plutonium issu de réacteurs civils. Cela jête donc un doute sur les risques et le discours “prudent” des industriels et militaires.
For clandestine bomb makers, the high percentage of plutonium 240 in reactor plutonium would pose a radiation risk, require more fuel, and lower the yield of a weapon, but terrorists would likely find those conditions acceptable. Any group sophisticated enough to fabricate a bomb from weapons-grade plutonium could handle reactor plutonium as well, according to Carson Mark, who headed the theoretical division at Los Alamos from 1947 to 1972. By one estimate, the yield of an implosion bomb made from reactor grade plutonium would be one to a few kilotons, and more using an advanced design. Even if the bomb fizzled, its yield could still devastate the center of a city.

Il est même possible de faire sa bombinette à retardement avec de l’oxyde d’uranium ou de plutonium dans un coin et d’attendre … In fact, a group of well-known Los Alamos weapon designers concluded that oxide powder of either type would seem to be the simplest and most rapid way to make a bomb. It has even been suggested that terrorists could simply pour oxide into a container until it began producing neutrons. That level would be, de facto, almost a critical mass, and thus the amount required for a bomb. The potential yield could be tens to hundreds of kilotons.

Ce document rédigé par Gururaj Mutalik et al., Crude Nuclear Weapons : Proliferation and the Terrorist Threat,? International Physicians for the Prevention of Nuclear War, 1996, est disponible ici au format .PDF. Sa lecture à la portée de toute personne ayant fait un peu de physique, laisse de glace.

Le précèdent de l'Afrique du Sud.

Souvenez vous de l'Afrique du Sud à l'époque de l'apartheid, soumis à un embargo en matière d'armement, elle a tout simplement réussi à concevoir, fabriquer six ogives nucléaires fonctionnelles. Tout cela en prévision d'une éventuelle intervention soviétique, et associé à un programme de missiles balistiques.  Une fois la situation devenue moins dangereuse, le dernier président blanc à révélé au monde l'avancement de ce programme nucléaire, les engins ont été démantelés, les laboratoires aussi. Tout cela s'était fait avec la collaboration d'Israël. Voir pour plus de détails, le dossier complet que la Federation of American Scientist a publié sur ce sujet.

Tout cela démontre donc que le nucléaire civil peut conduire à du matériel militaire, que la technologie n'est pas forcément complexe et qu'il est donc très risqué de jouer avec l'industrie nucléaire en la revendant à des entreprises privées et de promettre des centrales civiles plutonigène à des états "voyoux". Mais n'oublions pas une chose, Sarkozy est nul en histoire, nul en sciences et ne pense qu'aux intérêts privés et immédiats de ces amis les grands industriels. Il est même allé jusqu'à proposer des armes nucléaires françaises à l'Allemagne, et cela en dépit du tabou sur ce sujet en Allemagne!