La spiruline est une microalgue verte qu’on ne présente plus. Connue pour ses vertus thérapeutiques, la spiruline se décline en comprimés, gélules, ou poudre à ingérer. Son succès lui vaut d’être victime de contrefaçons. C’est pour contrer la vague de déclinaisons de spiruline bas de gamme qu’est née la spiruline biologique. Pourtant, doit-on prendre avec des pincettes cette nouvelle forme de spiruline ou doit-on en être enthousiaste ?

Qu’est-ce que le bio ?

L’agriculture biologique abusivement appelée « bio » est à contrario de l’agriculture invasive, une forme de production agricole qui écarte l’emploi de tout procédé chimique ou de produits de synthèse. L’objectif de cette agriculture est la production de meilleurs fruits et légumes sans passer par une méthode de fertilisation des sols et de protection des plantes nocive. Vous obtenez ainsi des produits plus sains et plus à même d’être adoptés par les consommateurs. L’appellation « bio » est protégée légalement.

On estime qu’environ 40 millions d’hectares sont consacrés à l’agriculture biologique à travers le monde. Le marché « bio » suscite un si grand engouement qu’il a généré un chiffre d’affaires de 5,3 milliards d’euros en 2015. Même si les produits biologiques sont considérés comme chers, on constate une progression de 5 % chaque année en matière de consommation d’aliments issus de l’agriculture biologique.

Cette évidente productivité du marché bio donne naissance à des produits étiquetés bio, mais qui ne le sont pas en réalité. Il se crée aujourd’hui un effet de branding qui s’illustre dans l’abus de la mention « bio ». Certaines marques se disent donc bio pour pouvoir attirer la clientèle et se faire de l’argent.

La spiruline peut-elle être estampillée « bio » ?

La culture de la spiruline est aussi victime de la vague du bio. C’est ainsi qu’on remarque que certains sites marchands se targuent de vendre de la spiruline biologique tandis que d’autres non. Pourtant, pour posséder la mention « bio », la spiruline doit être certifiée. Dans les faits, le Règlement bio UE RCE 889/2009 a reconnu depuis l’année dernière les microalgues d’eau douce ou saumâtre comme denrées pour l’alimentation humaine. Ceci a contribué à l’apparition en Europe et précisément en France de cahiers de charges facilitant la certification de la spiruline biologique.

On distingue donc trois référentiels ou cahiers de charge européens pour la culture de cette microalgue :

  • Naturland et Ceres en Allemagne
  • Ecocert en France

Si les deux premiers homologuent leur spiruline de la mention « bio » et la commercialisent partout, le label Ecocert éprouve des difficultés à certifier la spiruline biologique parce qu’il n’a pas encore trouvé un terrain d’entente avec les autorités françaises. Ces dernières ont à cœur la protection de la toute jeune production nationale de microalgues. À ce jour donc, aucune spiruline estampillée du logo AB du label Ecocert n’est en vente sur le territoire français. En revanche, les produits mis en vente par Ecocert, notamment la spiruline, bénéficient de l’étiquette « culture biologique ».

Ces organismes non officiels qui délivrent des certifications de type biologique à la spiruline en France répondent à une demande des producteurs. Cette certification faite sur la base d’un référentiel n’est pas reconnue par les autorités. Aucun cahier de charges rigoureusement défini par l’État ne permet de certifier à ce jour le caractère biologique de la spiruline.

Possède-t-on des cultures naturelles de spiruline en France ?

La spiruline est une microalgue asexuée. À l’état naturel, elle vit dans des conditions spéciales. Elle grandit dans des eaux salées peu profondes. Se développant très vite, elle a besoin de lumière et de chaleur pour bien croître. On la retrouve principalement dans les lacs du Tchad, du Kenya et du Mexique.

Pendant longtemps, la spiruline consommée en France provenait de l’Asie. Désormais, elle est cultivée en France. Les producteurs français en ont fait une culture artisanale.

C’est après l’hiver que la culture commence. Après le nettoyage des bassins, les souches sont choisies méticuleusement afin d’éviter tout risque de contamination. Puis, la spiruline est ensemencée avec une association de produits alimentaires et un peu de milieu de culture neuf. Elle sera conservée plus tard avec du salpêtre. Progressivement, la spiruline se développe pour atteindre une certaine contenance qui sera ensuite diluée, avec à nouveau un peu de milieu de culture. Cette opération répétée permet d’obtenir un aquarium de spiruline.

En conclusion, quitte à ne pas pouvoir obtenir de la spiruline biologique, rabattez-vous sur celle classique. Veillez tout de même à vérifier le pays de provenance, l’environnement de production, ainsi que l’absence d’OGM et d’engrais minéraux et organiques. Vous pourrez alors être certain de consommer une spiruline bonne pour votre santé, ou en tous cas qui ne vous fera guère de mal.