un million de chômeurs non indemnisés!
Vous avez déjà remarqué qu'il y avait 4 millions de chômeurs ( temps plein ou partiel) dans notre beau pays. Et qu'en plus on truquait les statistiques pour éviter de franchir des seuils à la con. Hier, j'ai donc appris qu'un million de chômeurs vont sortir de l'indemnisation classique du chômage, c'est à dire du cadre de l'assurance-chomage.
En 2010 , un million de chômeurs vont sortir de l'indemnisation selon pole-emploi qui a distribué "une note" aux syndicats et patronat. ils ne seront donc plus indemnisés par l'assurance chômage. Et oui, les vilaines charges, ce sont des cotisations à un système d'assurance-chômage. Comme les assurances-vies. La loi régit la durée d'indemnisation maximale; ça a été changé en 2007.
Une fois la limite atteinte, on tombe dans le chômage de longue durée, on tombe dans le régime suivant. On est donc alors, éligible à l'ASS: Allocation de Solidarité Spécifique qui représente en gros 450 euros par mois pour un célibataire sans ressources.
Sur ce million de chômeurs, seuls 20% seront éligibles à l'ASS selon les données de pôle emploi. Il y a une tolérance avec le régime µ-entreprise et auto-entrepreneur dont 50% ne gagnent rien et le reste est à environ 1000 euros mensuels.
450 euros, c'est un peu moins que le RMI et ça donne droit à certains avantages au bout d'un an. Par exemple la CMU-C (complémentaire payée par l'état en plus de la sécu ordinaire dont vous profitez encore), ou directement les allocations logement ou APL (maxi 280€ pour un célibataire). En Ile de France (et autres régions) la carte orange à 25% et les billets de train à 50%. Vous avez aussi droit à en gros 150 euros maximum de réduction sur votre facture EDF/GDF au titre "social"... au bout d'un an de consommation d'énergie au plein tarif.
Quand ça vous tombe sur le dos, vous subissez alors une division par 2, 3 ou 4, ou 5 ou plus de vos revenus (les anciennes indemnités assedic étant calculée sur 57% de votre salaire brut). Dans ce cas, vous pouvez aller voir le trésor public pour vite recalculer les mensualités ou tiers. Même une fois recalculé ça vous suce du fric. La facture EDF elle reste constante, et il faut bien manger. Cette vie là n'est donc pas très agréable. Je l'ai vécu pendant un an, j'en sort tout doucement.
Mais voilà la réponse du patronat à cette situation qui va concerner 200 000 personnes de plus et quand 800 000 autres n'auront donc aucune aide !
"On est conscient que c'est un vrai sujet mais il nous faut plus d'éléments pour y réfléchir"
Ah oui, quoi comme "éléments" ? des Baffes ? Comme éléments ? Ou alors tu espères voir des gens crever de faim, avec des frigos vide ? dépendre de leur potes avec ce que cela implique en terme d'impact sur sa propre dignité ou dépendance vis à vis des autres... Et après dans les médias , on s'étonne (24 heures pas plus) de la hausse de fréquentation des restos du cœur ?
Un chômeur non indemnisé peut ne percevoir ni ASS, ni RSA si son conjoint travaille et que le foyer atteint un seuil de ressources. Environ un chômeur sur trois est dans ce cas et ne perçoit aucun revenu de remplacement. Voilà un vrai sujet de société, plus important que l'identité nationale et devrait faire réagir les blogueurs de gauche. Pour l'instant je n'ai rien vu.
Alors qu'il me semble que cette situation concerne beaucoup de citoyens de notre beau pays. Ultime détail, ces heureux bénéficiaires de cette ASS ont droit à la prime de noël, celle-ci est passée de 220 euros à 152 pour un célibataire en un an. Pensez donc ces nantis devaient gaspiller ce fric ( écran plat, 3g de coke et des putes ? ).
C'est ça le sarkozysme. Du mépris pour ceux qui n'ont pas de moyens pour riposter.

Commentaires
Nous allons vers de grosses difficultés. Après avoir dénigré l'aide sociale, préférant l'assistanat aux entreprises, nous allons avoir des conséquences graves en terme de précarité d'augmentation de la pauvreté, d'explosion des dossiers de surendettements et au final de plus en plus de SDF ! Cela sera directement imputable aux politiques de Sarkozy et nous serons là pour le rappeler !
C'est tout à fait notre rôle de s'insurger contre le mépris du sarkozysme vis-à-vis des plus démunis.
Mais je crains que le problème soit encore plus complexe et réside dans le fait que notre système d'assurance-chômage n'est pas du tout adapté à un chômage de plus en plus massif et qui s'installe dans la durée.
Toutes les mesures palliatives qui seront prises se heurteront toujours aux problèmes du financement - c'est-à-dire la faiblesse de la cotisation que vient accentuer le niveau des salaires - et de la difficulté à retrouver un emploi rapidement, contrairement aux pếriodes de forte croissance que nous avons connu après-guerre.
C'est une véritable réforme qu'il est nécessaire d'entreprendre prenant plus en compte ces éléments pour parvenir à trouver un meilleur équilibre où le système par répartition ne viendrait couvrir majoritairement que les besoins des demandeurs d'emploi après une période plus ou moins longue.
J'avais posté la semaine dernière sur ton blog quelque chose à ce sujet suite à une idée que soumettait un autre lecteur, qui permettrait peut-être de trouver un meilleur compromis avec un contrat social qui impliquerait l'ensemble des entreprises... qui elles-aussi ne sont pas forcément soutenues suffisamment.
Peut-être un moyen de lier les intérêts des uns à ceux des autres...
Si le chômage de masse perdure, il faudra repenser la solidarité nationale, notamment en réfléchissant à un système d'allocation universelle ou de revenu de vie.
@El Fredo :
Sans être totalement pessimiste, il faudrait d'emblée commencer à considérer que la situation ne va pas aller en s'améliorant et réfléchir à l'évolution que prend l'économie mondiale et trouver de réelles solutions... avant que d'autres ne s'en chargent avec des objectifs plus ou moins inavouables.
La mise en oeuvre d'un système d'allocation universelle est intéressante mais sera très difficile à imposer - à cause de la place que prend encore la valeur travail au sein de la société française, contrairement à d'autres pays - sans même parler des possibilités de financement dans une période de faible croissance.
Mais nous y viendrons certainement à plus ou moins long terme.
Je pense pour ma part qu'il est plus judicieux - dans un premier temps - de réduire le coût de la vie sur les besoins essentiels pour chacun - le logement en particulier - luttant ainsi contre l'exclusion des personnes les plus fragiles sur les seuls critères économiques, tout en favorisant l'activité du plus grand nombre.
Pour ma part je suis jeune diplômé, et après avoir connu différents stages payés une misère, voir pas payés, je suis aujourd'hui chômeur, mais ayant moins de 25 ans, hop ! pas d'aide ! Que dal !
Bref tout cela pour dire qu'il y a toute une tranche de moins de 25 ans qui est totalement négligée...Ha si on à la carte sncf 12-25 !
Honnêtement, j'espère que le fait d'avoir fait des études va être bénéfique un jour, pour le moment, je n'ai pas encore eu cette expérience...
Bonne journée !
@David78 : Le revenu universel doit être un but, mais le chemin pour y parvenir soulève des interrogations : révolution, crise, réforme ? Mais de mon point de vue, l'avenir de l'humanité dépendra essentiellement de la façon dont les richesses sont produites d'une part et distribuées d'autre part, autrement dit du découplage entre production et distribution. On peut parfaitement envisager un système où la richesse distribuée à tous permet à chaque individu d'assurer sa subsistance, indépendamment du travail fourni qui de toute façon tendra vers un minimum avec les progrès techniques (automatisation, robotisation). A l'heure actuelle le travail demeure une condition nécessaire à la subsistance, mais de moins en moins suffisante, et son absence est synonyme d'exclusion. Si on élimine cette nécessité, on élimine le chômage subi.
En tout cas il est clair que la réduction du temps de travail est une absolue nécessité dans un tel contexte, et que la politique actuelle va à l'inverse.
@El Fredo :
Oui tout à fait d'accord avec toi. mais cela va être long à mettre en place.
Concernant la réduction du temps de travail, la difficulté va être le "restant à vivre" qu'il faudra ajuster. Malheureusement je pense qu'il est illusoire de penser pouvoir négocier une hausse des salaires... même en cas de victoire totale en 2012.
Je verrais mieux une véritable réforme de la fiscalité avec par exemple un basculement d'une partie des cotisations CSG et CRDS - qui étaient censées être mises en place temporairement mais qui risquent d'être pérennisées, et que chacun verse en définitive quel que soit le revenu - vers une TVA sociale comme au Danemark qui compenserait sans impact important sur le "restant à vivre" dans un premier temps... ce qui permettrait de générer des recettes non négligeables avec l'ensemble des importations, ouvrant alors d'autres marges de manoeuvre - étant donné que la TVA en l'état actuel représente à elle seule la moitié des recettes fiscales annuelles de l'Etat avec 136 Mds d'euros, à comparer avec la CSG à 84 Mds d'euros et les importations de biens hors énergie d'environ 400 Mds d'euros en 2008, ces dernières progressant régulièrement et fortement - en vue d'établir une fiscalité moins lourde sur les besoins essentiels - plus liés à une activité locale, voire européenne, que l'on pourra plus facilement orienter en matière de normes sociales - dans un deuxième temps.
Il est dommage que le débat ait avorté en 2007 au moment des législatives... et personnellement j'ai toujours du mal à comprendre quelle est la réticence de ce côté, même si effectivement la TVA n'est pas un impôt progressif - ce qu'un fiscalité intelligente peut corriger - ou soulève des questions concernant la fraude... mais qui n'a pas été constaté au Danemark ou en Allemagne.
Et un peu de viscosité dans le libre échange - vu l'orientation des flux financiers et de l'économie, les pays non européens se développant grâce à notre consommation mais la plupart du temps sans développer suffisamment vite leur marché intérieur, ni de couverture sociale pour maintenir l'attractivité que crée le dumping social - ne ferait pas de mal si l'on souhaite vraiment pérenniser notre modèle social... et le voir se développer ailleurs.