Marseille EAG premier bilan
Comme vous le savez j'ai été marseillais pendant quelques jours. Pour les ateliers d'été de l'espoir à gauche (EAG) la parait-il "ex"-courant de Ségolène Royal et Vincent Peillon. Voici donc le compte rendu du dernier débat. Il est appelé à évoluer en fonction de l'arrivée de nouvelles vidéos.
"Ex"-courant, va falloir tordre le cou à cette connerie de certains journalistes: Il suffit de lire la liste des présents et organisateurs pour comprendre que tout cela est géré par le proche entourage de Ségolène Royal. Mais comme je l'ai expliqué dans l'atelier média, la presse sans fond ne sait plus expliquer les choses, elle se content de raconter des trucs sur des postures et des petites phrases. Tout cela est tellement plus facile. Je reviendrai sur cet atelier média dans un autre billet, je n'ai pas beaucoup parlé, mais j'ai appris des trucs sur un projet de barbichu: Vous allez rigoler.
Voici donc ce qui s'est passé le dimanche après midi, et qui est essentiel. D'après certains journalistes, ce qui c'est passé est sans retour.Voici donc ce que j'ai noté et retenu, ce n'est bien sûr pas complet. Mais vous avez les vidéos des interventions de dimanche qui vont égayer ce compte rendu. Il me faut remercier ici Francis et surtout Olivier qui a filmé tout ça pendant de longues heures et à même réalisé une interview de mon complice corse. J'ai refusé d'être interviewé, déjà que mon nom va diffuser de partout dans Google... ça me suffit. Et il me faut remercier Jean-Marie pour m'avoir hébergé, guidé dans cette ville fascinante et nourri. Entre mauvais militants on sait s'entraider. Ces deux jours se sont passés dans une très bonne ambiance : panier repas à 10 euros, bière marseillaise, logistique parfaite, militants souriants, journalistes non agressifs et tout ça dans un cadre superbe: Soleil, vue sur le port, discussions possibles entre élus et militants. Tout le contraire donc d'un verrouillage par une supposée mafia locale.
Nous étions donc en gros 1450 militants dans cette réunion de 2 jours. Et samedi 22 Août s'est tenu le débat final avec François Rebsamen, Vincent Peillon, Christiane Taubira, Marielle de Sarnez et Daniel Cohn-Bendit. Les 3 derniers noms doivent donner des sueurs froides aux tenants de la ligne solférinesque ou adepte des raccourcis historiques rapides et de théorie selon lesquelles les gens ne peuvent pas changer et qu'en politique on ne passe que de gauche à droite et pas l'inverse. De ça j'en ferait un billet tant j'ai lu en 48h d'incohérences et de refus de se poser les bonnes questions.
La liste des participants est donc un peu celle des membres de la maison commune pensée par Titine. Ce sont les destinataires des missives de juin qui sont venus à Marseille après avoir envoyé une réponse négative à Titine. Complot ? non, vous allez le voir, c'est juste que la méthode est différente et que les intentions sont plus claires d'un coté que de l'autre.
François Rebsamen - Pour une nouvelle majorité progressiste
envoyé par segoleneparis - L'actualité du moment en vidéo.
Marielle de Sarnez à parait-il été la plus applaudie, c'est faux: C'est Christiane Taubira qui a été la plus acclamée, j'en apporterai les preuves dans les prochains jours. Il n'empêche que le discours de Marielle de Sarnez ( qu'on va résumer en MDZ désormais pour économiser mon clavier) a marqué un changement de cap exprimée par le numéro 2 du mode, qui téléphone à Bayrou 10 ou 20 fois par jour.
Elle s'est d'ailleurs éclipsée avant la fin pour aller téléphoner discrètement dehors, et revenir avec le sourire. Elle nous a parlé de parcours différents et de convictions différentes et expliqué que les MoDEMs partagent avec le reste de l'opposition et donc la gauche une même inquiétude et le même jugement sur le pouvoir actuel qui fragilise la république. Nul ne peut contredire cela, surtout quand elle défend une 6e république avec contre-pouvoirs efficaces, séparations claire du pouvoir avec le monde des affaires et les médias.
Le risque de berlusconisation de la France a été soulevé par plusieurs orateurs lors des ateliers. C'est ce qui nous pend au nez. MDZ a dénoncé l'aggravation des inégalités et surtout l'abolition de la taxation des héritages et le bouclier fiscal qui ne s'applique efficacement que pour les plus riches. "Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous oppose". Pour elle la question essentielle est de définir un nouveau modèle de société. Ce point sera abordé par d'autres intervenants et a été abordé dans l"atelier sur les échecs du libéralisme. Tout cela reste à préciser quand même, il va y avoir un besoin de passer aux travaux pratiques.
Elle défend l'idée d'une reforme fiscale (cf Peillon) qui doit favoriser le long terme et non plus le profit immédiat. Ce qui revient à penser de nouveau à une taxe Tobin et de changer les règles d'action de l'état. Les contreparties aux aides doivent être obligatoires et il doit y avoir présence d'administrateurs publics dans les conseils d'administration des banques et entreprises aidées. Pour les banques, la loi de 1935 le prévoit déjà mais les politiques ne lisent pas les blogs. Pour les "entreprises aidées" ça demande des précisions. Mais cette idée va dans le bon sens. Dites moi amis socialistes est-ce que tous nos camarades tiennent ce même discours, essayez de discuter avec de jeunes Kystes parisiens vous serez surpris!
Elle dénonce l'inégalité de durée de vie en fonction du travail, et de la pénibilité de celle-ci. Pour elle il faut ajuster le système de retraite pour tenir compte de cette pénibilité et donc donner des points à ceux qui triment le plus en se niquant la santé. C'est ça que cet andouille de Filloche analyse dans son blog comme solution de droite. Le même ose écrire que nous n'avons pas parlé de salaire maximum dans nos ateliers : Ils n’ont pas parlé de salaire maxima .Pauvre Filloche ton envoyé spécial ne t'a pas expliqué qu'il y avait des ateliers où des participants ont parlé de ce point justement, j'y étais, et on a même discuté de l'inéluctable réduction du temps de travail soit gérée bordéliquement soit à organiser ! Ça commence à bien faire ces camarades qui intoxiquent sur notre propre travail en se basant sur des résumés, et balancent des saloperies dans les médias, ça doit faire jouir deux ou trois adeptes dans les blogs, mais il faudra qu'il s'explique un jour. Et comme l'ont dit beaucoup de participants de ces ateliers: Toutes les oppositions doivent participer aux débats et à l'élaboration des propositions. Ça s'adresse donc au reste du PS, à Melanchon, le reste de la gauche ou a Filoche par exemple.
Robert Hue est intervenu à la suite de MDZ. Certains blogueurs "de gôche" le qualifient de nain de jardin. On voit là leur compétence en terme de débats raisonnés entre gens de conviction voisine. Il a expliqué que de nombreux journalistes lui ont posé la même question :"mais pourquoi êtes vous là?" sa réponse est simple: il est de gauche, libre et indépendant et dégagé de tout lien avec un un appareil. Pour lui aucun parti n'a le monopole des idées de gauche. Le peuple de gauche vit un drame, Sarkozy applique une politique néo-libérale (sic) et la gauche émiettée est sans alternative crédible. Tout ça alors que la violence sociale fait courir le risque de violence.
Robert Hue nous a rappelé que la gauche pouvait faire des conneries une fois au pouvoir et a expliqué qu'il avait prévenu en vain Jospin des risques de l'inversion du calendrier. Cette anecdote a fait sourire la salle, et mon complice corse m'a soufflé à l'oreille "Voilà une coalition des gens raisonnables". Hue ne comprend pas qu'une partie de la gauche (devinez la quelle) tapes sur l'autre et refuse de débattre. Le plus étrange chez Hue, c'est de le voir expliquer qu'il y a des gens qui demandent d'autres appareils que des partis et nous parler de démocratie participative. Nous avons noté que c'était assez truculent de voir un ancien stal' nous parler de démocratie participative et exprimer l'exact contraire du centralisme démocratique. Il a expliqué aussi et de ça on trouve des preuves depuis des années que les gauchistes ne cherchent pas l'exercice du pouvoir. Et sur les expériences et accord locaux, il ne voit pas pourquoi les expériences des villes de plus de 100 000 habitants ne puisse pas servir au niveau national: Lille etc.. ça vous dit quelque chose les gens ?
Robert Hue a réussi a secouer une fois de plus la salle qui a bruissé de rumeurs quand il a expliqué "j'ai porté trop longtemps une démarche productiviste". Très applaudi à ce moment là, comme sur son intention de faire respecter vraiment le principe d'égalité de salaires hommes-femmes. Inutile de voter une n-ième loi, il suffit de contrôler et de punir. Il propose de rendre obligatoire la présence de 50% de femmes dans les conseils d'administration des entreprise. Ceci a été fait en Suède en 5 ans et ils n'en sont pas morts.
Puis ce fut au tour du trublion Daniel Cohn-Bendit de prendre la parole de manière un peu décousue au début. On rappellera aux critiques faciles, Europe Écologie est un rassemblement, et que DCB n'est pas seul: Il y a des verts et des alters comme Bové. Pour DCB nous sommes à un moment historique avec la crise profonde de la sociale démocratie européenne face à la droite. Pour gagner en 2012, il faudra mixer force et lucidité. Il propose de faire un inventaire de nos valeurs pour être crédible. Certes, mais où est la liste ? Et qu'est ce que la crédibilité ? une soumission à des idées "light" ou une utopie réaliste ? Vaste débat non ?
Il rappelle que le succès d'Europe Ecologie est né du rassemblement d'écolos et d'alters. Comme Hue, il pense qu'on doit faire le bilan objectif de la gauche plurielle entre 1997 et 2002. La salle va l'interpeller par ce qu'il parle de rassemblement social écologique et démocrate. On lui répond "Et la laïcité?", et là très efficace il rétorque que la démocratie est par nature laïque. Et que le problème de la gauche c'est de mettre des trucs à rallonge et de ne pas savoir simplifier son langage pour être efficace.
"Notre risque c'est Berlusconi en France" on doit donc prendre en compte le message de Bayrou sur les institutions et la nécessite des contre-pouvoirs efficaces. Il nous explique qu'il faut défendre le rôle de l'impôt dans la justice sociale. Il démonte le NPA qui propose de rendre l'énergie gratuite alors qu'on doit penser urgence écologique. Il dénonce la contradiction entre la volonté de changement des citoyens et le refus d'en payer le prix (euh, tout le monde doit payer ou pas ?). Sa proposition la plus importante n'a pas soulevé les commentaires de journalistes, elle a pourtant fait du bruit dans la salle. DCB propose de mettre en place un rassemblement social écologique et démocratique avec double appartenance des militants des partis: PS, PCF, EE etc... et d'organiser des débats et la réalisation d'un projet dans le cadre de primaires ouvertes. Si 2, 3 ou 4 millions de citoyens s'investissent dans ce rassemblement, les primaires deviendront de facto obligatoires et la dynamique ainsi créé sera très utile lors de l'élection présidentielle. Imaginez ce que feraient un million de militants au lieu de 100 ou 150 000 comme en 2007!
DCB propose de marier solidarité et liberté. Le citoyen veut être autonome (message de la gauche depuis belle lurette) , il doit donc être responsable. Mais il manque un mot dans ce discours un peu trop light: "collectif", c'est ce qui me chagrine dans le discours de DCB. Pour les régionales, il propose un pacte de non agression entre listes de gauche, écologiques, modem et autres et de faire l'unité ensuite pour le second tour. L'adversaire c'est la droite sarkozyste. Ceci n'a pas été repris par la presse. Demandez vous pourquoi !
Pour finir, DCB a expliqué qu'il fallait de nouveau penser autogestion et gestion et contrôle collectif des moyens de production. Je propose que nos amis de la "gôche de combat" et autres pas perdus nous disent ce qu'ils pensent de tout ça.
Et certains blogueurs, nous expliquent un peu rapidement que "primaires" n'est pas "projet", je les invite à lire ce billet et à comprendre que les deux doivent être liés, et que nous proposons de concevoir un projet commun avec pacte de gouvernement pour l'appliquer. Peux-t-on dire les choses plus simplement ? C'est entre ce qu'est le message de Christiane Taubira. Elle a relevé une alchimie particulière, cette après midi vous êtes prêts a embrasser tout le monde sur la bouche. Elle explique de manière simple, qu'on ne peut plus séparer l'avant et l'après prise du pouvoir. Le rassemblement doit être présent aussi dans l'exercice du pouvoir. Elle a insisté sur ce point important. On ne peut donc plus séparer la conception du projet, le projet, la conquête du pouvoir et l'exercice du pouvoir. La prochaine étape serait donc la mise en pratique, et la conception d'un projet concret. "Nous avons eu nos égarements", elle rappelle qu'elle n'a pas voté certaines lois de Jospin entre 2000 et 2002, et que certains se sont plaint que Sarkozy leur volait leur idées. Mais regardez la vidéo, elle exprime dans des mots simples ce qu'elle a dire. Si le PS tenait se discours, certains n'auraient pas à couiner.
Intervention de C. Taubira - Ateliers d'été EAG
envoyé par segoleneparis - L'actualité du moment en vidéo.
il faudra répondre sur l'économie la voulons nous régulée, réguler comment et jusqu'où ? Que signifie la part que nous voulons faire à l'économie sociale et solidaire ? Que signifient les services publics ? Qu'en est il du développement humain ? Quelles réponses apportons nous l'explosion des inégalités et aux écarts croissants de revenus ? liés à la progression des hedges funds et à la souveraineté des actionnaires dans les entreprises. Quelle réponse apportons nous à tout ça ? Ce sont des questions gênantes, très difficiles mais nous devons y répondre clairement. Quels choix faisons nous? Est ce que nous continuons à capituler devant des multi-nationales qui arrivent dans nos régions et qui obtiennent des subventions et des exonérations fiscales et qui s'en vont quand le terme est échu, laissant des salariés... Elle propose de concevoir un arsenal juridique pour s'opposer à ça.
Elle nous appelle à faire la promotion de normes sociales au niveau mondiale et a une petit idée sur le FMI et la banque Mondiale. Il y a des institutions qui organisent le désordre mondial : le FMI dont on fait semblant de croire qu'il est passé à Gauche. Et qui a mis le monde en vrac avec ses politiques d'ajustement structurels. Alors que 40% du budget du FMI va à 7% des nations encore les plus développées. Elle nous a aussi expliqué que l'OMC ne protégeait que les pays riches au nom d'un libre échange factice. Et elle va ensuite faire une liste de de questions à poser. Un ouvrage considérable à accomplir: développement, économie, agriculture, énergie, social, institutions.
Voilà une liste de travaux pratiques à ouvrir, et croyez moi ils le seront. Pour finir, ce fut le discours de Peillon. J'ai la flemme de recopier mes notes, vous allez donc vous contenter de la vidéo.
Discours de Vincent Peillon - Clôture des Ateliers d'été
envoyé par segoleneparis - Regardez les dernières vidéos d'actu.
Maintenant on va faire un peu d'histoire. Vous avez noté que certains nous parlent de nouveau front populaire ? vous vous souvenez de son histoire ? j'en ferai un billet prochainement.
Quid du NPA qui stagne dans les élections partielles et pas toujours documentée dans la presse ? On a vu la marionnette de Krivine parler de front anticapitaliste durable. Tiens il copie les mots maintenant ? Faudra bien qu'il nous explique un jour ce qu'il veut mettre comme truc anti-capitalisme : abolition du commerce ? de la monnaie ? des marchés en tout genre ?
Quid des rumeurs de membres du Front de gauche déjà prêts à grimper sur des listes socialistes: rassurez vous je vous en dirai plus dès que possible. Et le plus intéressant: on parle de liste PS-Div gauche-Modem dans une grande région du nord de la France... dès le premier tour. De ça, les pénibles dindons qui twittent en sortirons de nouveaux gloussements en mode faussement naïf.
Billet à compléter par d'autres !

Commentaires
Excellent billet !
Espoir à Gauche : porte très bien son nom.
Pourquoi, oh pourquoi, ce genre d'événement n'est pas organisé par la direction du PS, bon sang ! Bunkerisation solferinesque.
Hue, surprenant. Ca n'empêchera pas la grande masse des bouffons médiatiques de le tourner en ridicule pour minimiser la portée de cet événement.
Sarnez et le MoDem : le plus drôle est que les UMPistes traitent Bayrou et le MoDem de gauchistes. Moi je pense que l'essentiel ce qui restait encore de vraie droite au MoDem est parti au Nouveau Centre, et on ne peut pas soupçonner ceux qui y restent d'opportunisme électoraliste vu leurs résultats dans les urnes (sauf Bayrou qui croit encore à son destin).
DCB, excellent. Avec EE il a réussi à l'échelle de l'écologie la même alchimie que celle qu'on aimerait obtenir au niveau national. Autogestion et gestion et contrôle collectif des moyens de production, ça serait-y pas la définition du socialisme ? Tiens je croyais que DCB était de droite ?
NPA qui propose de rendre l'énergie gratuite : quel bande de charlots, ils n'ont vraiment rien compris.
Voila, pas le temps d'en écrire plus (arbeit macht frei), mais les prochains mois vont être "intéressants". Merci pour ton compte-rendu.
@El Fredo : faut que j'attaque le 2 autres billets : atelier "libéralisme" et atelier médias avec dégommage de Joffrin. Sans doute dans l'apres-midi.
MERCI Dagrouik, l'attente en valait la peine: billet profond, où on sent à la fois la rage, la volonté et l'espoir.
Dagrouik, si l'atelier média a réussi à faire entendre "raison" à Joffrin, même un tout petit peu, alors tout n'est pas perdu. :)
Parce que franchement, on manque de presse de gauche en France... et pour l'instant ni Charlie Hebdo ni Libération ne comptent.
Ouais, excellent résumé, quintessence du rassemblement de Marseille, bravo. Désolée de n'avoir pas eu le temps d'aller te dire bonjour apres l'atelier sur l'information, du vendredi
Quant à moi, j'ai enchainé, de retour en 71, par Frangy où, euh, on a retrouvé, euh, un benoit hamon toujours agréable à regarder mais d'une ouverture d'esprit proche du zéro quant au Modem. il ne croit pas au discours de De Sarnez. Je me rappelle que pdt la campagne des présidentielles 2007, fallait taper sur Bayrou avant le premier tour et l'embrasser sur la bouche avant le deuxième. Arnaud et Benoit ont tenu ces discours antinomiques à 15 jours d'intervalle, dans des meetings où j'ai entendu les deux versions... donc arrêtez les idioties, quoi, les deux quadras... Un peu de préparation psychologique autour des idéaux républicains, à trois ans de l'échéance, c'est excellent. Arretons de jouer les coquets pour battre le Nicolas.. S'il est réélu en 2012, fera t il des cadeaux aux plus fragiles ?. Le travail sur le fond, c ce qui a démarré à Marseille. Tant pis pour les jaloux. Et ça profitera au vainqueur des primaires, quel qu'il soit. Ou quelle qu'elle soit lol !
Ce n'est pas à un militant aguerri comme toi que j'apprendrai qu'il faut se méfier des propos dits à une tribune... Tu sais, c'est un peu comme DSK du FMI ou P. Lamy de la Banque mondiale chantant l'Internationale à la fin d'un congrès du PS... C'est trop de la balle, comme on dit au MJS, mais ça s'arrête-là.
Ce que tu rapportes m'étonne car c'est éloigné des écrits de DCB en faveur du marché, du travail dominical et du libéralisme économique en général... Propos de tribune, sans doute, qui n'engagent que son auteur et surtout pas ses petits camarades de la Fondation Hulot. On relira avec profit le cohn-bendisme dans le texte : une envie de politique
CDB parlant d'autogestion, c'est aussi émouvant que l'hélicologiste Yann Arthus Bertrand parlant de sauver la planète ou Sarkozy reprenant l'argumentaire de Rocard pour vendre sa taxe carbone.
On lira sur DCB, un intéressant article du journal La Décroissance... bien éloigné du portrait officiel qu'on lit habituellement dans le Figaro, Le Monde ou Libé...
Pour conclure, je suis heureux d'apprendre que Taubira et Hue militent pour les primaires. C'est vrai que ces deux-là sont des spécialistes au niveau cohérence politique et tactique du gendarme !
Ne se sont-ils pas présentés en 2002 contre Jospin alors qu'ils soutenaient la politique de Jospin entre 1997 et 2002 et que certains radicaux de gauche et communistes étaient au gouvernement... Jospin ? Content d'apprendre en te lisant que ces deux-là ont résolu leurs problèmes existentiels...
Très bon article.
Le NPA fait son cirque il est à nouveau en plein délire, il veut rendre l'énergie gratuite, ce qui est tout à fait grotesque, il prend les français pour des gogos ou des imbéciles.
Quant au modem il a changé semble t-il, ce qui faisait de lui un parti de centre droit (sur le plan économique) à été balayé dans le discours de MDS, il est à mon sens devenu avec l'apport des nouvelles personnalités qui le composent et que nous connaissons le centre gauche et c'est tant mieux. Les autres ont taillé la route vers le nouveau centre de droite, allié sans faille au pouvoir en place.
De toutes façons le rassemblement sera obligatoire pour battre la droite populiste en 2012. Pour que ce rassemblement soit efficace proposons un objectif concret à atteindre qui permettra de faire converger nos valeurs plutôt que de vouloir à tout prix insister sur nos différences:
http://www.lepost.fr/article/2009/0...
Franchement il vaudra mieux attirer à nous le Modem sur un projet commun plutôt que de lui laisser la possibilité de se raccrocher avec la droite. C'est une évidence...
petit commentaire de Modem...le discours de MDS est en tout point conforme à la ligne du Modem depuis 2 ans..il n'y a pas de virement soudain à gauche, et c'est ce que nous soutenions , en tant que militants..seuls les préjugés ont présumé d'une position à droite du Modem..venant de la gauche, je ne serais pas à l'aise dans un parti tourné vers la Droite sarkoziste..mais je ne tiens pas non plus à devenir la cinquième roue du carosse PS..il faudra d'abord bâtir nos programmes , et voir si les concordances sont suffisantes pour envisager, une alliance progressiste..mais il ne faut pas croire qu'une alliance de circonstance, bâtie sur le seul "Tout sauf sarkozy", soit porteuse..il faut surtout que les idées que les partis d'opposition porteront soient solides, et réalistes, il est temps de trouver une alternative , si on ne veut pas se taper 5 ans de Sarko en plus...mais pas à n'importe quel prix..
Maintenant, le mouvement entamé avec Espoir à gauche est interessant, mais nul ne sait ce que Aubry , Hamon et les autres éléphants choisiront..je crains bien que tout ceci ne soit qu'un feu de paille..qui finalement sera mis au rencart, pour une " Union dela gauche type 81"avec le Front de Gauche, et le PC de Buffet ( qui n'est pas sur la ligne de Hue), ce qui finira pas donner la victoire à Sarkozy...
des pas perdus, pourrais tu rapidement me fournir la liste des hommes et femmes politiques que je peux aller écouter en toutes confiances, je suis totalement désespéré par tes révélations et j'imagine que sachant des choses que j'ignore, tu est certainement le seul aujourd'hui qui puisse m'aider.
J'imagine que je ne suis pas le seul à être dans cette attente, il y a déjà les 1500 de la salle du Pharo qui comme moi samedi ont été abusé par tous ces menteurs.
Pitié, ne nous laisse pas seul, aide nous.
@MYOS : ah non barbichu est venu pour vendre son idée de nouvelle taxe pour financer Libé. Je résume bien sûr, tu verra c'est fun, grotesque et ça se démonte en 4 coups de pelle.
@des pas perdus : Dis moi, on doit se méfier , certes mais aussi ne pas faire confiance aux gens qui disent avoir changé d'avis ?
Dagrouik : je ne me méfie pas, mon opinion est faite. Et, a priori, en lisant le commentaire de Judith, je crois comprendre que le Modem n'a pas changé depuis deux ans. Comme quoi, un intimidateur sectaire proche de Mélenchon comme moi peut être parfois d'accord avec une militante du MoDem !
C'est fou celà devient une habitude ...
Vous vous réunissez pour essayer d'avoir le début de l'esquisse d'une idée.
La, on ne peut que dire bravo.
Et qu'en ressort il : le risque de Berlusconisation.
Et ca recommence.Et va y pour l'antisarkosyme primaire.
Vous n'avez donc toujours rien à dire.
Quand au vilain média, ils ont raison de s'interroger sur els liens entre ce "courant" et royal vu qu'elle ... n'était pas la !! Facile apres de taper sur les journalistes.
Ceci étant on sent à travers l'article de RVA qu'il a pris un bon bol d'air de provence à Marseille.
Oui Marseille est une ville fascinante.
Aller l'OM !!!
@ des pas perdus
je parle du discours de Marielle, qui reflète exactement la tendance du Modem, dans ce sens, non, le Modem n'a pas changé,et pourtant ce discours a été applaudi à Marseille..
Notre leit motiv a toujours été de mettre l'économie au service de l'homme et non l'homme au service de l'économie..c'est ce choix qui nous a éloigné définitivement de la Droite Sarkoziste, au prix de nombreuses défections de l'ex-UDF, et tant mieux..
Si tout le monde continue sa petite cuisine, refuse les consensus, et préfère saborder le petit espoir de changer les choses en 2012,nous perdrons tous...libre à chacun d'en peser les conséquences...
Non, tu n'es pas un intimidateur sectaire, c'est juste que le dialogue est malheureusement impossible entre ceux qui ont une éthique de conviction et ceux qui ont une éthique de la responsabilité.
Je ressors mes classiques :
Il est indispensable que nous nous rendions clairement compte du fait suivant: toute activité orientée selon l'éthique peut être subordonnée à deux maximes totalement différentes et irréductiblement opposées. Elle peut s'orienter selon l'éthique de la responsabilité ou selon l'éthique de la conviction. Cela ne veut pas dire que l'éthique de conviction est identique à l'absence de responsabilité et l'éthique de responsabilité à l'absence de conviction. Il n'en est évidemment pas question. Toutefois il y a une opposition abyssale' entre l'attitude de celui qui agit selon les maximes de l'éthique de conviction - dans un langage religieux nous dirions : « Le chrétien fait son devoir et en ce qui concerne le résultat de l'action il s'en remet à Dieu» - et l'attitude de celui qui agit selon l'éthique de responsabilité qui dit: « Nous devons répondre des conséquences prévisibles de nos actes. » Vous perdrez votre temps à exposer, de la façon la plus persuasive possible, à un syndicaliste convaincu de la vérité de l'éthique de conviction que son action n'aura d'autre effet que celui d'accroître les chances de la réaction, de retarder l'ascension de sa classe et de l'asservir davantage, il ne vous croira pas. Lorsque les conséquences d'un acte fait par pure conviction sont fâcheuses, le partisan de cette éthique n'attribuera pas la responsabilité à l'agent, mais au monde, à la sottise des hommes ou encore à la volonté de Dieu qui a créé les hommes ainsi. Au contraire le partisan de l'éthique de responsabilité comptera justement avec les défaillances communes de l'homme (car, comme le disait fort justement Fichte ( 1 , on n'a pas le droit de présupposer la bonté et la perfection de l'homme) et il estimera ne pas pouvoir se décharger sur les autres des conséquences de sa propre action pour autant qu'il aura pu les prévoir.
Max Weber, le savant et le philosophe, 1919
On peut lire cela en VO a l'adresse suivante :
http://de.wikisource.org/wiki/Politik_als_Beruf
Le fait que Montebourg dise que le PS n'a pas évolué depuis 9 mois, que Delanoë et Fabius se rallient aux primaires et qu'Hamon soit toujours le porte-parole du parti montre que l'on s'est lourdement trompé à Reims:
http://www.lepost.fr/article/2009/0...
Quelle perte de temps!
Judith : "mettre l'économie au service de l'homme et non l'homme au service de l'économie" : ça se traduit comment dans la réalité ?
Par des privatisations, par des retraites par capitalisation, par des sacrifices pour les classes populaires, par le libre-échange heureux, la mondialisation qui profite à tout le monde et les délocalisations qui enrichissent les travailleurs ?
C'est bien joli de se nourrir de ce genre de phrases mais moi je me souviens d'un temps où Bayrou faisait parti de gouvernements qui appliquaient scrupuleusement l'idéologie néo-libérale... Je me souviens du programme présidentiel de Bayrou en 2002, lui aussi néo-libéral. Idem pour les européennes. Qu'ont voté les eurodéputés du MoDem ? Toutes les directives qui ont dérégulé l'économie .
je ne vous critique pas Judith. c'est votre droit de soutenir un tel programme et une telle formation qui défend des idées néo-libérales...
Virer Sarko ne constitue pas un programme d'avenir en soi... si on ne vire pas non plus du pouvoir les idées néo-libérales...
Jmf : intéressant, je suis dans une logique de responsabilité...
@des pas perdus : Virer Sarko ne constitue pas un programme d'avenir en soi... si on ne vire pas non plus du pouvoir les idées néo-libérales...
Tout à fait, c'est ce qui c'est dit dans l'atelier sur les échecs du libéralisme. je reprend des forces (pomerol) avant de m'attaquer au 3e ou 4e billet.
Dagrouik : très bien. Tu en avais marre du pastis?
@des pas perdus : je ne bois jamais de Pastis, le goût de l'anis me donne envie de gerber.
merci beaucoup pour ce résumé qui, notamment en insistant sur les discours de hue, dcb et taubira, a le grand intérêt de nuancer l'entente idyllique telle que ressortie par les médias et représentée par la désormais fameuse photo (reprise par Libé aujourd'hui).
organisation ensoleillée, excellentes salles, ateliers riches (information, la "crise" du modèle libéral, les primaires...ont été passionnants)..néanmoins, j'ai eu l'impression d'une fausse note finale via le discours de peillon;
autant c'était bon pendant le congrès, autant-là, j'ai eu l'impression d'un discours rabaché et stéréotypé, qui n'avait pas écouté ce que les autres "partenaires" avaient dit juste avant.
avec les réserves que tu soulignes, et d'ailleurs largement récupérées tout de suite par l'excellente taubira, cohn-bendit a quand même donné de grosses baffes aux socialistes "hégémoniques"...et aux limites d'alliance purement de partis, ce qui est lié à la limite de la nature des partis, ce point a été aussi abordé lors des ateliers; DCB a soulevé de bons arguments dans son analyse du succès d'EE, dans son démontage des alliances de façade, le tout avec cette incroyable attitude à rentrer dans le lard de la salle et à solliciter le contact brut, limite physique avec quiconque l'interpelle.
je pensais que peillon, comme taubira l'a fait, allait en tenir compte...mais non, peillon a fait comme si de rien n'était, et a enchaîné sur un registre conventionnel de parti de tradition gouvernementale (et souvenons-nous de mitterrand etc) sans apporter quoique ce soit de plus;
MDZ a dit que "ce qui nous rassemble est plus etc...", mais bon, n'était-ce pas là déjà une phrase lancée par royal à bayrou en 2007, à la limite que de sarnez puisque si sincère, aille au bout de sa lucidité et intègre ce fait dans son discours...(elle a cité plein de socialistes mais pas royal, on ne peut s'empêcher de noter)...
c'est grâce à peillon qu'on a eu par ailleurs ces 2 jours de débats ultra-intéressants...mais bon, peillon est-il prêt à parler d'égal à égal avec les autres représentants de l'opposition (au-delà de faire un coup à l'intérieur du ps, de faire commencer la réunion avec 1h de retard pour zapper les questions de la salle ?),
le discours de DCB est le seul à ne pas être en ligne à l'heure où j'écris...un simple hasard où est-ce que j'ai des raisons de m'interroger sur la totale modernité de cette partie-là du ps, la meilleure du ps ?
zophie : qu'est-ce que tu mets comme contenu à un mot tel que "modernité" ? Dans les années 80 et 90, j'ai souvent entendu Bockel, Rocard nous abreuver de modernité.
La modernité, c'est le capitalisme vert à la sauce Total comme Birmanie, respectant à la fois l'humain et l'environnement grâce à des taxes incitatives et à une charte citoyenne, le tout sous les caméras de l'hélicologiste, ancien du Paris-Dakar , sponsorisés par les multinationales mécènes de la fondation Hulot ?
désolé de jouer les trolls, mais bon...
Les deux derniers commentaires (des pas perdus/Dagrouik) sont peut-être révélateurs : chacun ses préférences. Mais ce n'est pas parce que ces préférences diffèrent qu'il ne faut plus envisager de boire un coup ensemble.
Je sors...
des pas perdus:
je suis toujours frappée de ce que le mot modernité éveille de soupçons auprès des...euh..meilleurs d'entre nous (dont tu es ?).
tu pointes façon caricaturale des noms qui ne me disent pas plus qu'à toi...
je pense juste que cohn-bendit a posé certains vrais enjeux et que le discours de taubira est plus à retenir que celui de peillon.
par ailleurs, j'espère que viendront en ligne les interventions de guillaume duval et jean-louis laville lors de l'atelier sur (copié/collé) LA DÉFAITE DU MODELE LIBÉRAL : CONSTRUIRE UN NOUVEAU MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT.
Ce que des zozos comme Mistral, Bockel et les UMPistes désignent par modernité est en fait de la post-modernité, dont Sarkozy est la matérialisation politique, le "perfect storm". J'ai bien peur qu'après son passage il ne reste plus grand chose à détruire, comme Katrina à la Nouvelle Orléans.
En fait, ils veulent quoi ?
Faire une alliance dès le 1er tour de la présidentielle ?
Quel chef ?
Sérieusement, vous voyez vraiment Bayrou laisser passer sa chance d'être président ?
Y a 77% des sympath modem qui souhaiteraient un rapprochement avec le PS, vous voyez vraiment ces 77%, imaginez qq1 d'autre que Bayrou ?
Je sais que cette question du leadership n'a rien à faire là (c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles Royal et Bayrou n'y étaient pas, selon moi)... mais comme toujours, c'est ce qui créera un bon nombre d'obstacles à ce rapprochement...
Merci pour ce compte rendu très complet.
Peut être un jour, travaillerons nous ensemble
@Dagrouik :
C'est qui le mec interviewé en photo? C'est une star? Un people? Un futur espoir de la gauche et fier d'être socialiste? ;-)))
@des pas perdus : il me semble risqué de répondre a un truc qui parle d'Europe Ecologie a des caricatures. EE n'est pas constituée que de DCB, il y'a des verts, des alters comme Bové et d'autres.
Bizarrement certains à gauche l'oublient ou font semblant de ne pas le voir. Attention à ne pas tomber dans la vision restrictive et à l'attaque facile contre ceux et celles qui pourraient un jour participer à une majorité élargie.
Il y a aura des débats et des conventions thématiques pour parler projet, rien n'interdit aux militants du FdG d'y venir et de proposer des trucs concrets.
@asse42 : la personne en photo est SuperPado le commentateur/blogueur qui sait faire rire Peillon et sourire Mennuci. Il a même murmuré des trucs à l'oreille de MDZ et échangé des propos avec un vrai journaliste.
Un vrai journaliste c'est celui qui prend des notes avec un stylo, écoute et note l'ambiance. Et ensuite discute avec des gens. Celui là s'appelle Domenach.
Par contre on a vu une scène grandiose : Jefékaka a pris en photo Barbichu sans fond avec son téléphone portable. On aurait dit deux gamines de 12 ans: l'autre a pris la pose en plus!
@dagrouik, n'oublie pas les "cagoles" bien fraiche que nous avons bus ensemble et tout le monde connaitra mon emploi du temps Marseillais.
A propos de Jefékaka, j'ai lu qu'il était aussi énervé qu'un Mélanchoniste après la photo de "famille" de Dimanche dernier.
Lui qui voulait aussi dissoudre le PS dans de l'acide, il semble que le résultat de Marseille n'aille pas dans ce sens pour lui, comme quoi...
@Dagrouik :
Bien sûr que je connais cet illustre et amical inconnu! ;-)
Je crois que ce qui va émerger du pacte progressiste sera le social-humanisme. Et il devra se construire contre le système totalitaire marchand. Ça sera pas simple et c'est pourquoi nous allons avoir besoin de toutes les bonnes volontés pour cela:
http://www.lepost.fr/article/2009/0...
Ravi de te relire après quelques semaines de vacances, je suis de plus en plus perplexe sur les primaires ouvertes à gauche, nous savons très bien que les communistes, PDG, LO, LCR etc...ne participeront jamais à ces primaires pour la simple raison que l'élection présidentielle constitue pour eux une manne d'argent et une vitrine médiatique, la primaire à gauche c'est le 1er tour de l'élection présidentielle, le rapport de Terra Nova se base essentiellement sur l'exemple américain, sauf que la bas il n'y a qu'un seul tour à la présidentielle, ces primaires que tout le monde réclame est un aveu de faiblesse du PS, incapable de se doter d'un leader incontesté avec les outils dont ils disposent c'est à dire un congré.
Ceux qui veulent poser des question à SR :
http://www.dailymotion.com/relevanc...
@lucas, tu fait erreur, voici comment fonctionne le financement des partis politique en France
financement public :
première fraction : proportionnelle au nombre de voix obtenues au premier tour des dernières élections législatives.
Condition : présenter des candidats ayant obtenu chacun au moins 1% des suffrages exprimés dans au moins cinquante circonscriptions*
seconde fraction : proportionnelle au nombre de parlementaires. Condition : être bénéficiaire de la première fraction
Le fait de présenter un candidat à la présidentielle permet certainement à une formation politique de peser sur le second tour et donc de négocier pour les législatives mais en aucun cas de faire "rentrer" de l'argent, au mieux de se faire rembourser ses frais de campagne en passant la barre des 5%.
Vous avez dit « culture » ?
Ça se passe à Marseille et il est déjà tard. On est dans une grande salle pas très bien éclairée, c’est la fin d’une journée où il s’est passé beaucoup de choses. Et puis, là haut, dans une autre salle il y a une belle affiche. On n’est donc pas nombreux à vouloir quand même parler culture mais qu’importe, il se passera forcément quelque chose.
Et il se passe en effet quelque chose quand à la Tribune, apparaît Bégaudeau (François), le héros d’ « Entre les murs », qui vient nous présenter un film documentaire sur des jeunes réalisé par le collectif Otto (ou Othon, ou Otons, je ne sais plus)
Les héros du film partent bien mal dans la vie puisqu’ils sont… jeunes – déjà en soit pas terrible – mais aussi militants (et là on a déjà peur qu’ils ressemblent à certains MJS) et enfin sarkozystes. Ce dernier mot, on peine à le prononcer, et visiblement il inciterait les membres du collectif précité et M. Bégaudeau (François) à aller immédiatement se rincer la bouche à l’eau de Botot. On nous prévient : ça devait durer 1h50 mais, qu’est ce que vous voulez, on a du se faire violence, ça a été dur, autant que vous le sachiez, ça nous a déchiré, mais comme on sait que vous manquez de temps, alors on vous l’a réduit à 1H05. Bon. On apprécie : il est 17H30, l’atelier doit durer 2H il nous restera donc 55 minutes pour faire l’inventaire de ce que la Gauche a à dire ou à redire sur la culture, l’internet, la création, les politiques publiques, le mécénat, le rôle des collectivités locales, les droits des artistes, le régime des intermittents. Il se peut même que j’en ai oublié, mais quoiqu’il en soit on se dit que, vraiment, les organisateurs ont eu une fameuse bonne idée de nous permettre à l’avance de synthétiser notre pensée, non sans nous être imprégnés d’une vraie œuvre cinématographique.
Je suis là, et je repense à « Entre les murs ». Je n’ai pas aimé. J’en suis désolé d’autant plus, que ça s’est passé dans l’arrondissement dont je suis l’élu, qu’on a reçu les jeunes acteurs à la Mairie et qu’on s’est dit que le film donnait une bonne image du 20ème. Enfin, ceux qui n’ont pas vu le film se disent ça. Parmi ceux qui l’ont vu, certains, et singulièrement plusieurs professeurs, y ont trouvé un exercice brillement joué, avec des acteurs criants de naturel, mais joué quand même… Ils ont ressenti un malaise devant le pitch du film, la façon dont Bégaudeau se met en scène, et comment la parole qu’il porte, loin d’être pédagogique est élitiste, manipulatrice et par moment franchement insupportable d’autocomplaisance. Mais on s’est tu. Il fallait aimer le film d’un vrai amour et donc on a rien dit. Quand on en parlait on éludait, on rappelait factuellement que oui, ça avait bien été tourné chez nous, que les jeunes acteurs étaient géniaux, et on glissait sur Bégaudeau, et sur le message qu’il instillait et qu’on n’aimait pas.
Difficile aussi de se mette à distance par rapport à une œuvre formellement intéressante mais dont le message de fond vous hérisse. Difficile de reconnaître que ce film « de Gauche » ne vous a pas semblé de Gauche, justement, et que travailler dans un quartier difficile n’est pas compatible avec un rôle de Zorro narcissique, surtout qui plus est, quand au final il échoue sur toute la ligne.
La projection commence. Ca ne raconte pas une histoire mais il y a quand même des figurants : une dizaine de jeunes de 20 à 25 ans. Ils militent chez les jeunes populaires à Nantes et à Paris et ils ont répondu à une annonce. Ils sont volontaires, ils savent que le groupe Otto (ou Othon, allez savoir) est composé de gens de Gauche qui veulent les interroger sur leurs motivations politiques. On en verra un à la fin qui se déclarera très satisfait du film et Otto attirera notre attention sur le fait que un/ ils ont été tous satisfaits et que deux/ on leur a donné encore trois minutes pour s’exprimer mais qu’aucun n’a pu dépasser vingt secondes tout seul face caméra. Mais j’anticipe.
Engagés et à Droite, ils en parlent. Mal. Très mal. Ils sont confus, ils se contredisent, leur discours est invertébré et n’a aucune charpente politique. On y entend des mots clés comme mérite, travail, nation. Personne ne sait comment Otto-Othon a fait le montage, mais en tout cas ils ne savent pas parler, ou alors peu, même si un ou deux sont plus structurés. L’interviewer les massacre. Ce n’est pas une interview c’est une entreprise de ridiculisation. Un jeune d’origine iranienne est très marqué par l’idée de Nation. Forcément, il parle de lui. De son rapport particulier avec la France et comment en tant que jeune d’origine étrangère il s’est construit. L’Othon qui l’interviewe fait mine de ne pas le comprendre et se lance dans un long développement sur le concept de nation et sur l’impossibilité d’y adhérer quand le pays où vous vivez vous discrimine. Le jeune sait bien que c’est vrai. Il pourrait dire que certains ont fait l’effort de ne pas se décourager et de se battre. Il ne le dit pas. Parce qu’il est jeune, parce qu’il est intimidé et parce qu’il a en face de lui un adulte dont le discours politique est bien rodé. Alors il bafouille un peu et s’emmêle.
La scène est supposée faire rire à ses dépens, et elle y arrive : non mais vous vous rendez compte, c’est travail-famille-patrie, ils n’ont que ça comme concept. Clin d’œil vers le public. Je ris jaune et je ressens le même malaise qu’en voyant « Entre les murs ». Spontanément, comme ça, je me sens proche de ce jeune, son adhésion à notre Nation me bouleverse, elle me parle au-delà sa maladresse et j‘exècre ce groupe Otto qui la tourne en dérision bien à l’abri derrière sa rhétorique huilée.
Il y a aussi deux jeunes femmes. L’une s’exprime mal, elle est inhibée et son discours est filandreux, de moins en moins audible, elle s’enferre toute seule et on ne comprend rien à ses propos décousus. Là, on la laisse parler, on ne la recadre pas, on ne la sollicite pas, on la regarde couler lentement mais surement et plus tard, on dira que c’est par « respect » que l’on s’est effacé devant elle.
Bégaudeau est de tous le plus insupportable : il pose des questions piège, il retourne comme un crêpe les arguments qu’on lui oppose. Sa voix est assurée et son ton impose le silence. On l’écoute. Il professe, docte et sur de lui. il assène ce qui ressemble à un argumentaire militant d’une façon légèrement agacée, comme si - non mais vraiment ! – ils sont tellement nuls que faut vraiment tout leur expliquer de la vie, je vous jure.
Plus tard, Bégaudeau expliquera qu’il a voulu monter ce qu’était la « France de demain » version Sarkozy. Il dira aussi, que c’est un travail « collectif », il insistera bien la dessus, que justement ce qui nous différencie, nous la Gauche de eux la Droite, c’est le caractère individualiste de leur comportement, leur absence d’empathie pour leurs semblables et leur foi inébranlable dans la réussite individuelle. C’est beau comme une allocution de Castro et tout aussi convaincant, quand on a envie d’être convaincu, cela va sans dire.
Après ses soixante cinq minutes de film, il y a encore les explications de Bégaudeau et de la représentante de Otto-Othon. On est rendu à soixante quinze et Patrick Bloche, flegmatique, se prépare à parler. Des questions ? Ah oui, il y en a.
Certains ont aimé, vraiment ça les a conforté dans l’idée qu’ils se font de la Droite et ils sont reconnaissant aux cinéastes d’avoir osé faire ce film. Quelques uns expriment des réserves, certains passages les ont gênés, mais bon, c’est quand même bien l’idée qu’ils se font de la Droite, ils sont contents d’en avoir la preuve : on voit clairement ce qui « les » différencie de « nous ».
Le temps passe. J’ai envie de dire que je me reconnais pas dans ce film et dans le miroir qu’il tend parce qu’ne fait, c’est un miroir qui nous est tendu à NOUS, et c’est bien ça le problème. Ce que je vois au-delà de ces jeunes c’est cette partie de la gauche qui au profond de moi m’insupporte : intolérante, doctrinaire, sans mémoire, donneuse de leçons, dépourvue d’éthique, incapable de se remettre en cause et préférant se complaire dans une représentation caricaturale de l’adversaire. Sans même se rendre compte qu’elle se caricature elle-même.
J’ai envie de dire à Bégaudeau, parce qu’il est là, célèbre, « famous », pipolisé à sa manière, que primo je connais des militants de l’UMP qui ne feraient qu’une bouchée de jeunes socialistes si on les mettait dans la même situation et que ça ne prouverait rien non plus. Que secundo je ne compte pas abandonner comme ça le mérite, le travail, le respect et même la nation, parce que ce sont aussi mes valeurs. Qu’en faisant ce film Otto-Othon, non seulement n’a pas fait œuvre utile, mais a donné à fond dans le contre-productif, en faisant croire que l’autre camp c’est ça, rien que ça, et que finalement à quoi bon réfléchir, à quoi bon se remettre en cause, puisqu’on a que « ça » à nous opposer.
L’heure à tourné et j’ai la parole. Je me présente et dis qui je suis et d’où je viens. Je commence à parler à Bégaudeau de mon malaise. Il m’interrompt tout de suite avec le micro, verbe haut, et, jouant les offusqués, me rappelle que c’est un collectif qui a fait ça. Il insiste bien sur le mot collectif en espérant que la magie de ce mot va forcément lui rallier les supposés collectivistes présents. Je tente de reprendre le fil et il me jette que si on veut discuter avec lui, eh bien on se retrouvera tout à l’heure, vu que là, ben, tu comprends, mais il y a plus le temps ! Ca fait quatre vingt dix minutes qu’on cause du film et l’ordre du jour n‘a même pas été abordé. Je me rassies.
Aurélie Filipetti – qui préside mais est arrivée en retard - croit judicieux de dire que ce qu’on vient de voir est une « œuvre d’art » qui en tant que telle mérite notre attention d’autant plus que c’est un collectif qui l’a créée.
A la sortie plusieurs camardes viennent me voir pour me dire qu’ils ont partagé mon malaise et qu’eux aussi se sont retrouvés dans la situation de ne pas oser, à un moment, dire qu’un film forcément admirable, n’avait pas suscité leur admiration.
Bégaudeau ne viendra pas, ni à 20H ni après. Je le verrai lors de la soirée, je chercherai son regard et il fuira le mien. Au reste je ne vois pas ce qu’il y a à gagner à débattre en privé de ce qui mérite le débat public qu’on a esquivé.
Si ce débat public avait (eu) lieu on aurait dit que c’est un débat sur le politiquement correct - et j’ai donc la preuve que ça existe - et on aurait pu aussi parler de l’éthique, celle des artistes, celles des militants, celle des responsables, celle de la Gauche, et accessoirement du groupe Othon mais visiblement c’était hors sujet.
Content de voir que l'esprit de Marseille s'est propagé jusqu'à La Rochelle. On va pouvoir commencer à construire et se parler sérieusement.
Je crois aussi qu'on a assisté à la prise en main du parti par deux femmes complémentaires qui m'ont redonné la fierté d'être socialiste:
http://www.lepost.fr/article/2009/0...
Bonjour, j'ai visité votre site et j'ai trouvé que vous publier de bon article en général.
J'aime la liberté de ton de votre site même si nous n'avons pas toujours les mêmes convergences et c'est bien cela qui permet d'enrichir le débat.
Accepteriez vous de mettre un lien entre nos deux sites si vous le désirez???
Mon site : http://segoleneroyal2012.over-blog....
J'attends votre réponse, bien à vous, AF
Martine semble avoir repris la main sur le parti en faisant du Ségolène . C'est bien. Mais reste maintenant à mettre les actes en conformité avec les paroles:
http://www.lepost.fr/article/2009/0...
Avec du retard Dagrouik :
Très bon billet.