Paupéristion
Parfois un simple dessin, ou un courbe, suffit à lancer un débat. C'est la différence entre les blogueurs "lettrés" et les Nerdz à éducation scientifique. C'est ce qu'on s'est dit hier à la comète avec des gens sympas, comme Cyril, Hypos ou Number one. Les littereux vont faire des discours, parfois incohérents. Le matheux ou scientifique va construire son discours sur des faits
Voici donc une courbe trouvée sur l'INSEE via twitter grâce à mon ancien collègue @grabule. Et oui, les réseaux sociaux ça sert à ça : relier les anciens collègues, ceux qui ont travaillé pour des cinglés par exemple et dans son cas pour des gros nuls!
Et toi jeune forçat du Web qui me lit, sache que oui Twitter ça sert aussi au grand complot des blogs contre l'intox UMP. Voilà c'est dit.

Que remarquez vous sur cette courbe ? On va tout d'abord zapper la courbe bleue, il parait que les 35H ça n'existe plus avec leurs heures supplémentaires. Et de toutes façon le nombre de salariés aux 35h est de plus en plus ridicule, tant les façons d'y échapper existaient depuis la loi Aubry II.
On constate de manière sûre à 100% que le salaire moyen net et le salaire minimum net convergent. Voilà donc le problème : le salaire minimum et moyen se rapprochent de plus en plus depuis 2002. C'est à dire depuis que l'UMP est au pouvoir.
Je m'explique : ici on voit le rythme de progression, les deux se retrouvent. Et quel est le salaire moyen d'un français entre 1480 et 1500 euros net (médian à 1552 €). Et quel est le salaire minimum garanti, le SMIC ? 1300 euros bruts. Le nombre de smicard ou de salariés payés aux environs du smic augmente. En 2006, ils étaient 16,8% de la population active payé au SMIC, et combien aux environs de ce smic ? Ils sont désormais 14% selon l'INSEE.
Problème selon les mêmes données de l'INSEE, voilà ce qu'on observe :

Le smic net est d'environ 1040€, regardons donc le pourcentage de salariés qui sont jusqu'a smic+30%, soit 1350 on arrive à en gros 40% du total des salariés.
Cela signifie donc que la paupérisation des salariés se voit ici, avec tassement du salaire vers le bas. Le nombre de salariés payés au voisinage du SMIC augmente, les salaires de recrutement ont diminué dans des proportions importantes sur certaines postes depuis les années 2000.
Soyons pédagogue pour l'esprit étriqué de l'adepte de théories libérales ou celui qui va douter de la réalité de la courbe. Dans ce dernier cas, une consultation chez un spécialiste de la vue s'impose. Pour le libéral, là c'est un retour à l'école qui s'impose: en effet on ne voit ici aucun effet de la théorie des incitations, ou de la main invisible.
Le gros con osera "mais c'est la faute aux 35 heures", on lui mettre alors un coup de pelle : Bouffon regarde la courbe "39h", et on on lui expliquera que la durée moyenne hebdomadaire du travail est de 41h dans ce pays et que c'était voisin en 2002. On pourra et ce sera l'objet d'un prochain billet comparer ces évolutions avec d'autres, comme par exemple celle des loyers. D'ici là souvenez vous des slogans de campagne de l'UMP de 2002 et 2007: travailler plus, créer de la richesse, redonner du sens à la valeur travail !

Commentaires
Tout juste un bémol : le graphique est en "base 100". Cela veut dire que le rythme d'augmentation des deux salaires convergent et pas les salaires eux-mêmes.
De même si on choisissait une base différente de 1951 on aurait un graphique différent
tout à fait d'accord avec claudio: c'est bien le rythme de progression qui converge...
@marc : J'ai rajouté le chiffre insee sur les salaires.. on voit bien qu'entre 35 et 40% des salaries ont un salaire net < 1.3 smic. On trouve même des recrutements sur des postes où on demande de la réflexion payés au smic, alors que dans les conventions collectives c'est a réserver à de simples exécutants.
Voila que c'est plus parlant :-)
En effet, le même salaire "moyen" peut s'obtenir par des distributions par décile très différentes. En réalité ce que tu pointes, justement, c'est la paupérisation relative de la classe moyenne.
Si on reprends le graphique en base 100, on voit bien que le salaire minimum, en euros constants, augmente assez vite depuis 1996. Le salaire moyen, lui, stagne. Sachant que les très haut salaires ont augmenté considérablement, cela implique que les "classes moyennes" se sont paupérisées.
Ce qui implique, par exemple, des enseignants au SMIC (vu) ou même des cadres déguisés (re-vu)
... je reviens vers toi pour te dire que ce qui serait intéressant, c'est de trouver d'autres informations objectives sur la répartition des richesses, car si les salaires sont nivelés vers le bas, alors que les salariés contribuent à la base à la production de richesses, la part des salaires dans la richesse produite est donc moins importante... Mais où vas cet argent ? Dagrouik, un dessin, Dagrouik, un dessin !
Le cas français ne fait pas exception comme le montre le tableau 1 suivant. Selon les dernières séries de l’Insee, la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises non-financières est de 65,8 % en 2006, contre 74,2 % en 1982, soit un recul de 8,4 points.
Selon la Commission européenne, la part des salaires dans l’ensemble de l’économie est passée de 66,5 % en 1982 à 57,2 % en 2006, soit une baisse de 9,3 points.
…
On reprend ici, en les actualisant, une analyse développée notamment dans le livre « Avenue du plein emploi » publié par Attac. Le constat de départ est que la baisse de la part salariale à partir du début des années 1980 a conduit à un rétablissement spectaculaire du taux de profit moyen de l’Union européenne (voir graphique 3). Mais dans le même temps, le taux d’accumulation a continué à fluctuer à un niveau inférieur à celui d’avant-crise. Autrement dit, la ponction sur les salaires n’a pas été utilisée pour investir plus. Le fameux théorème de Schmidt (« les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain) n’a pas fonctionné.
Le profit non investi a été principalement distribué sous forme de profits financiers. L’écart entre le taux de profit dégagé par les entreprises et la part de ces profits allant à l’investissement est donc un bon indicateur de financiarisation. On peut alors vérifier que la montée du chômage et la financiarisation vont de pair (voir graphique 4). Là encore, la raison est simple à trouver. La finance a réussi à capter la majeure partie des gains de productivités au détriment des salaires dont la part a reculé. Mais cette baisse de la part salariale a été obtenue par un gel des salaires et une insuffisante réduction du temps de travail, deux facteurs qui ont pesé sur la croissance et l’emploi.
La conclusion est donc limpide : il n’est pas possible de faire reculer le chômage sans remettre en cause la financiarisation et donc la répartition des revenus actuelle.
http://hussonet.free.fr/parvabis.pd...
@BA : "il n’est pas possible de faire reculer le chômage sans remettre en cause la financiarisation et donc la répartition des revenus actuelle." Ca me semble limpide. C'est depuis que les états ont abandonné l'idée de taxer les hauts revenus que les merdes sont arrivées , avec la financiarisation de l'économie.
On a laissé une population de 500 000 ou 3 ou 4 millions d'individus dans les économies de l'OCDE inventer (génies mathématiques) des algorithmes pour gagner du fric sur du fric qui était gagné sur du fric. Plus leurs impôts baissaient plus leur revenus augmentaient.
Conséquences : bulle immobilière avec recherche de grandes surfaces dans les villes, ventes de trucs de luxe, culture bling-bling, spéculation pour en avoir toujours plus. Mais bordel, est ce que gagner 200 millions d'euros permet de vivre mieux qu'avec 2 millions quand on garde tout pour soi même ?
L'ex-PDG de General Motors part à la retraite avec plus de 10 millions de dollars.
L'ex-PDG de General Motors Rick Wagoner va partir à la retraite le 1er août prochain avec plus de 10 millions de dollars (7 millions d'euros) en pensions, bonus et indemnités diverses, selon des documents transmis mardi à la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme de la bourse américaine.
Rick Wagoner, 56 ans, a démissionné le 30 mars dernier sous la pression de l'administration Obama, qui estimait que sous sa direction, le constructeur automobile n'avait pas fait suffisamment d'efforts pour se restructurer.
General Motors a déposé son bilan le 1er juin. C'était la plus grosse faillite de l'histoire industrielle américaine.
http://www.boursorama.com/internati...
8 millions de Français sous le seuil de pauvreté.
Plus inquiétant pour l'exécutif, le taux de pauvreté ne diminue plus, et ce quelle que soit la méthode de calcul. Ainsi, le taux de pauvreté monétaire, établi à 50 % du niveau de vie médian, est stable depuis 2003, aux alentours de 7 %. Le seuil de pauvreté, établi à 60 % du revenu médian (et qui constitue désormais la référence dans les comparaisons internationales), soit 910 euros de niveau de vie mensuel, concernait 13,4 % de la population en 2007 (+ 0,3 point). Plus de 8 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté.
http://www.lesechos.fr/investisseur...
Les prix des logements en France vont continuer de baisser en 2010, de 6 % en moyenne par rapport à 2009, affirme une étude de la banque HSBC France publiée mercredi 29 juillet.
"L’actualisation de notre modèle laisse encore attendre une poursuite de l’ajustement (des prix, ndlr) au delà de 2009 malgré les évolutions favorables du début de l'année", indique cette étude.
La baisse des prix des logements neufs et anciens devrait être en moyenne de 6 % en 2009 par rapport à 2008, a indiqué à l'AFP Mathilde Lemoine, directeur des études économiques de HSBC France.
"Si c'était confirmé ce serait une des baisses les plus importantes depuis les années 50", a ajouté Mathilde Lemoine.
Pour 2009, HSBC confirme sa prévision d'une diminution des prix de vente de l'ensemble des logements de 6 % (- 5 % pour les logements neufs et - 7 % pour les anciens) par rapport à 2008.
Pour HSBC France, les récentes évolutions favorables, notamment la légère reprise des ventes des promoteurs grâce aux dispositifs fiscaux et la légère progression des transactions de logements anciens au deuxième trimestre, "ne doivent toutefois pas masquer la correction immobilière encore en cours".
Selon Mathilde Lemoine, "les transactions restent faibles et leur hausse récente ne suffit pas à anticiper un renversement du marché".
"En effet, la remontée des ventes de logements n’a pas stabilisé les prix et la diminution des taux d’emprunt immobilier n’a pas soutenu la demande de crédit. De plus, les baisses passées des transactions dans l’ancien laissent attendre une poursuite de la baisse des prix", explique l'étude.
De plus "la remontée du chômage fait peser une incertitude sur les revenus futurs qui renforce l’aversion au risque et donc l’attentisme".
Aussi "les prix devraient continuer à reculer" même si "l’ampleur de la baisse pourrait se stabiliser d’ici fin 2009", conclut HSBC France.
http://www.boursorama.com/infos/act...