Le mode de scrutin
Le 7 juin l'élection des députés européens se fait au mode de scrutin proportionnel de liste. Voici quelques explications qui vont permettre de corriger quelques idées reçues et surtout eclairer un peu plus cette élection.
Le 7 juin, Il n'y a qu'un tour, donc pas de choix un dimanche et d'ajustement le dimanche suivant.
Nous élisons 72 ou 74 députés, mais pas au niveau national. Depuis 2004 et le choix de Jacques Chirac , les députés français du parlement européen sont élus dans des circonscriptions. Parait-il pour rapprocher les élus des électeurs. Le ministère de l'intérieur qui organise les élections propose un dossier de presse complet au format PDF. Il contient des réponses et des données utiles.
On y apprend que : L’élection européenne se déroule dans le cadre de huit circonscriptions.
La répartition des sièges entre les listes s’effectue au niveau des circonscriptions à la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne, sans panachage ni vote préférentiel entre les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés.
Sans Panachage: vous ne venez pas avec votre stylo pour modifier la liste. Sans vote préférentiel comme c'est le cas dans d'autres pays européens. Voilà pour vous. Et les listes doivent obtenir au moins 5% des suffrages exprimés pour participer au partage des élus après calculs.
Et suivant la taille de la circonscription , le seuil réel est encore plus élevé. En effet ces circonscriptions ne sont pas toutes de même taille.


On va donc répartir les sièges avec les listes ayant plus de 5%. Je vais vous proposer une simulation sur l'ile de France qui concerne 13 élus. Et pour cela me baser sur des sondages comme exemple. Si vous voyez que votre liste chérie n'est pas favorisée dans ce truc, ce n'est pas de ma faute. Et c'est une estimation! Seul le résultat final comptera.
5% de 13 ça fait 0,65. En maths on arrondit à 1, ici non c'est 0. Il va falloir se souvenir de ça. Ça peut faire mal et décevoir certains.
Voici donc les données de mon estimation pour l'ile de France. Il y a 6 206 000 électeurs inscrits, et j'ai estimé la participation à 40% . Voici donc les résultats en voix et en pourcentages des exprimés.
Là aussi, merci de ne pas me dire ah mais le dernier sondage dit que machin est à 12,5 et truc à 13. Je ne vais pas refaire les captures d'écrans pour vos beaux yeux ! Il manque 2% qui sont pris par des listes loufoques.
On voit ici que LO, le NPA, les fachos divers, Libertas et Debout la République sont éliminés. Zou, hop.
On va donc partager les 13 élus avec un règle simple, on multiplie le pourcentage par 13. Le premier de la liste est le Front de Gauche avec 5,5%, ça fait 5,5 *13/100 = 0,715. On ne conserve que la partie entière, ce qui fait zéro. Et oui c'est ainsi. En Ile de France pour avoir un élu sur 13, il faut réaliser au moins 7,69% . On va donc faire ce calcul pour les suivants.
PS : 20/100*13 = 2,6 élus, on ne garde que la partie entière : 2 élus d'un coup. Benoit Hamon transpire, de même que la 4e sur la liste Monique Saliou. Nous allons nous intéresser à leur sort rapidement.
Europe Ecologie, 12,5/100*13 = 1,62 élus, dont on ne garde que la partie entière, soit 1 élu. Et ainsi de suite, ce qui donnera: Modem 1, UMP 3 et rien pour les autres. Mais il reste des députés à choisir: 2+1+3+1= 7 ça ne fait pas 13, il reste donc 6 sièges à pourvoir... entre les listes qui ont fait plus de 5%.
La règle de partage utilisée est la règle de la plus forte moyenne . Plus précisément la méthode d'Hondt. Celle-ci stipule qu'on doit calculer les moyennes du nombre de voix de chaque liste ( sur 2,3,4,5,6 ...) et on prend ensuite les plus fortes moyennes de celle-ci pour attribuer les sièges restants. Vous avez du mal à comprendre ? La moyenne sur 2, c'est la division par 2, la moyenne sur 3, c'est la division par 3. Logique. Avec un exemple ça va mieux.
Calculons les plus fortes moyennes des écolos : 310 330 divisés par 2, par 3, par 4, par 5 . Faisons la même chose avec le nombre de voix du PS, de l'UMP, du Modem etc... Et classons ces "moyennes" par ordre décroissant. Voici le résultat dans un tableau. Classons les moyennes par 6. Pourquoi 6? par ce qu'il reste 6 députés à élire et qu'on les attribue par la règle de la plus forte moyenne.
Le front de gauche avait obtenu 136545 voix, la division par 2 donne 68272,5 arrondis à 68273, puis par 3, ça donne 45515 etc...
Le tableau se remplit ainsi et facilement avec un tableur (Ndlr: open office enéfé dispose d'un parefeu). Et vous remarquez qu'on ne tient pas compte des listes à moins de 5%. Et c'est là que ça se complique. Je remercie donc les divers commentateurs, comme Oaz, Dedalus et Florent. Nous nous sommes pris la tête ici dans les commentaires conservés pour mémoire et explications plus précises. Et on peut dire enéfé que l'exemple du PDF du Ministère des finances est mal documenté, et qu'en plus l'explication chez Wikipedia manque de précisions.
Il ne faut donc pas tenir compte des "plus grandes moyennes" des listes ayant obtenues au moins un siège lors de la première distribution. Ici le PS, les Ecolos, le Modem et l'UMP. J'ai donc mis en gras, les moyennes qu'on n'utlise pas. On prend ce qui suit, et on élimine par exemple 2 moyennes pour ceux qui ont déjà 2 sieges.

Nous allons ensuite classer les 6 plus importantes moyennes restantes en notant leur couleur politique: 186 198 (ump), 173785 (fn), 165509 (ps), 155165 (écolos), 148958 (ps) et 148958 (modem). Ce qui fait un bonus de 2 sièges pour l'UMP, 1 pour le FN , 2 pour le PS, 1 pour les écolos et 1 pour le Modem.
Le résultat final en terme d'élus est donc le suivant avec 13 sièges pourvus :
- UMP 3 + 2 = 5 élus, soit 38% des sièges avec 30% des voix.
- PS 2 + 2 = 4 élus, soit 31% des sièges avec 20% des voix.
- Europe écologie : 1+1 = 2 élus, soit 15,3% des sièges avec 12,5% des voix.
- Modem = 1 +1 élu soit 15,3% des sièges avec 12% des voix.
- FN = 1 élu soit 7,7% des sièges avec 7% des voix.
Ce mode de scrutin favorise la première liste dès lors que l'écart en terme de voix vis à vis des autres est important. C'est logique, ses moyennes sont plus importantes. Il élimine tout ce qui est en deçà de 1 élu réel, ce qui veut dire qu'un liste qui aurait 0,99 élu lors de la première opération sera sans aucun doute écrasée, alors qu'une qui aura 4,01 élus pourra en avoir un 5e par le subtil jeu des moyennes.
Vous imaginez bien que les partis politiques ont introduit ces calculs dans un tableur. Et au vu des sondages locaux (avec grosse marge d'erreur 2 à 3%) font leur petits calculs. Ceci peut expliquer les sorties des uns contre les autres. Par exemple Bayrou qui accuse honteusement Dany le Rouge d'être un suppôt de Berlusconi. Rien que pour ça, je vous le dit, ne votez pas Modem. Si vous ne voulez pas voter PS, votez Vert. Au moins vous êtes sûr qu'ils ne siègeront pas avec les libéraux au parlement Européen et qu'ils auront des élus. Quoi? c'est un appel au vote Utile ? Ben oui, je fais ce que je veux sur mon blog.
Pour le reste vous avez le choix, et rien ne vous interdit de vous référer à cette simulation pour le faire. J'ai bien écrit simulation et non pas prévision. Merci aux zélés commentateurs et à leurs calculs nocturnes !

Commentaires
J'ai un doute avec cette simulation (mais je n'ai pas regardé les règles électorales dans le détail ce que je ferai dès que possible)
Dans la pratique habituelle d'un scrutin proportionnel d'Hondt, c'est la totalité des sièges qui est répartie à la plus forte moyenne.
En l'occurrence
- 6 sièges à l'UMP donne une moyenne de 744792/6 = 124132 voix par siège.
- 4 sièges au PS donne une moyenne de 496528/4 = 124132 voix par siège
Par ailleurs
- le FN faisant 173785 voix (et donc plus de 5% des suffrages) aurait avec un seul siège une moyenne supérieure à celles du PS et de l'UMP
- Idem pour le modem s'il avait 2 sièges : 297917/2 = 148958
Donc, dans une telle approche, le résultat serait plutôt :
UMP : 5
PS : 3
Ecolos : 2
Modem : 2
FN : 1
Mais (je le répète) je n'ai pas lu en détail les règles pour ce scrutin. Je me base sur la pratique usuelle du scrutin proportionnel à la plus forte moyenne (tel qu'il est utilisé par exemple pour l'élection des sénateurs dans les "gros" départements)
Sinon pour ceux que ça intéresse et qui n'ont pas de
pare-feutableur voici un simulateur en ligne de scrutin proportionnel à la plus forte moyenne.Ton calcul est erroné : ne sont éliminées que les listes n'atteignant pas les 5%, celles qui dépassent 5 sans atteindre le QE sont éligibles pour la distribution à la plus forte moyenne.
Donc, à partir de tes chiffres IDF, on obtient :
UMP 5
PS 3
Modem 2
Verts 2
FN 1
J'ai préparé un Excel pour mouliner tout ça, sur mon blog très bientôt
A tous, regardez page 27 du PDF du ministère de l'intérieur. C'est ça qui m'a inspiré.
http://www.interieur.gouv.fr/sectio...
1/ on attribue d'abord les premiers sièges à la proportionnelle au delà de 5%
2/ les sièges restants sont attribués à la plus forte moyenne .
Page 27, et ensuite relisez vos commentaires .Merci
Dagrouik et Oaz, vous avez raison tous les deux... parce que ça revient au même.
En revanche, Florent a raison, toutes les listes atteignant ou dépassant les 5% participent à la répartition des restes. Mais je crois comprendre que c'est ce que Dagrouik a fait. Après, l'un de vous se trompe dans ses calculs et j'ai la flemme de vérifier lequel.
Sur le fond, l'essentiel est dit par Dagrouik : la proportionnelle a la plus forte moyenne avantage les listes qui font un gros score par rapport aux listes qui même en dépassant les 5% font un petit score.
La conséquence de ceci est simple : la dispersion des voix à gauche favorisera mécaniquement l'UMP - ce qui est un argument non négligeable en faveur du PS, qui sera à gauche la plus grosse liste.
Il est compréhensible que la notion du vote utile énerve, mais il faut moins s'en prendre à ceux qui utilisent cet argument qu'au mode de scrutin qui en fait une réalité incontournable : un électeur qui vote pour une petite liste compte moins que s'il vote pour une grosse, voire même son vote ne compte au final pour rien.
Chacun en fait ce qu'il veut, mais on a l'air moins con à le savoir...
Cela revient strictement au même, l'application du QE n'est qu'un moyen d'accélérer le processus.
D'ailleurs dans l'exemple du MI, tu as bien des élus pour les listes 5 à 8 alors qu'ils sont sous le QE.
En appliquant strictement la méthode du MI :
Elus "au QE" :
UMP 2,65 -> 2
PS 1,77 -> 1
Verts 1,11 -> 1
Modem 1,06 -> 1
A la plus forte moyenne :
UMP +3
PS +2
Modem-verts-FN +1
Ca me fait vraiment rire (et c'est bon de rire!)
J'ai fait comme toi sur mon blog et j'ai eu droit aussi a celui qui n'a pas tout lu mais qui pense que je me plante, à celui qui me dit, sans dire un mot sur le fond, "Cher superpado, ce petit précis de vote utile, est un peu agressif, mais dans le débat électoral, la démocratie c'est aussi de pouvoir dire toutes les bêtises que l'on veut"
Bon, j'ai compris que pour certains il y a des choses que l'on ne doit pas dire même si ce ne sont que des informations, c'est un peu comme quand on lis que les socialistes votent avec les libéraux, ben oui, il arrive qu'ils décident ensemble du format des rétroviseurs extérieurs des poids lourds mais ça il ne faut pas le dire, ce qui compte c'est de pouvoir baver que PSE et PPE c'est tout pareil.
Et bien, rendez vous dans l'après 7 juin et le Sarkozysme triomphant.
Intéressant.
je remarque que le vote utile a joué pleinement. Bien joué Martine...
;-)
Post scriptum (je mets pas les initiales ça ferai provoc) : étant joueur, on glissera un petit bulletin pour qui tu sais...
toujours la flemme de vérifier, mais je note que Dagrouik tu as fait ta première répartition en divisant les pourcentages et non le nombre de voix - les pourcentages étant déjà arrondis, cela t'a probablement conduit à des erreurs sur le résultat.
mais sur le fond... etc.
@Dagrouik
Merci pour le lien sur le ministère de l'intérieur.Leur exemple n'est pas très didactique car il ne détaille pas le calcul des moyennes mais leur affirmation est sans équivoque "la répartition des sièges s'effectue suivant la règle de la plus forte moyenne".
Ton erreur de calcul provient de la non intégration des sièges déjà attribués dans le calcul des moyennes.
Wikipédia donne une explication plus détaillée.
Sur le fait de favoriser la grosse liste UMP, si le calcul était celui que tu décris (non prise en compte des sièges attribués lors de la 1ère étape) alors effectivement il y aurait une distorsion en faveur des plus gros suffrages (car on additionnerait 2 répartitons proportionnelles).
Mais avec le "vrai" calcul à la plus forte moyenne, je suis plus circonspect sur cette question du favoritisme. Je n'ai jamais vu de démonstration mathématique d'une telle hypothèse. Tout ce que l'on voit ici ou là ce sont des exemples et il est très facile de donner des exemples qui prétendent le contraire.
Tiens en voilà un : dans ta simulation, si l'UMP avait eu 880000 suffrages au lieu des 744792, cela ne lui aurait rapporté aucun siège de plus et elle aurait été la liste la plus défavorisée de toutes (avec une moyenne de 176000 suffrages par siège)
Et pour faire bonne mesure, en voilà un autre. Si, dans ta simulation, le PS et les écolos avaient fait liste commune, ils auraient totalisé 806858 suffrages. Cela leur aurait donné le même nombre de sièges (3+2=5) que s'ils font liste séparée. Ils n'auraient pas été plus favorisés que l'UMP qui a pourtant moins de suffrages (et je ne parle même pas de l'éventuelle perte de voix dans le cas d'un mariage contre-nature)
Oaz,
tu parles de démonstration mathématique et tu as raison. car il se trouve justement que si j'avance que la Plus Forte Moyenne avantage les grosses listes, ce n'est pas une hypothèse, ni un débat d'opinions, c'est tout simplement mathématiquement démontré et donc incontestable. c'est un fait.
c'est même pire : la répartition à la plus forte moyenne est parmi les méthodes de répartition dites de diviseurs - et il en existe une infinité - celle qui avantage le plus les plus gros.
il fut un temps où j'étais spécialiste de ces questions, mais je ne vais pas ici faire de démonstration. cela dit, puisque je doute que tu me croies sur parole, je t'invite à faire de google, ton ami ;-)
ici, par exemple... et pour un début.
Taux d’abstention aux élections européennes : entre 61 % et 65 % selon un sondage Ipsos.
A deux semaines du scrutin, l'institut Ipsos évoque une abstention supérieure à 60 %.
Au niveau des intentions de vote, le PS n'est plus crédité que de 20 %, son score le plus bas depuis le début de la campagne.
Plus la date du scrutin approche, et moins les électeurs semblent avoir envie de se déplacer jusqu'aux urnes.
C'est en tout cas ce que révèle un sondage Ipsos pour SFR/LePoint/20minutes rendu public mardi, qui prévoit un taux de participation situé entre 35 % et 39 % pour le 7 juin, soit deux points de moins en seulement une semaine.
http://www.lefigaro.fr/elections-eu...
A tous : regardez page 27 du PDF du ministère de l'intérieur Je me base la dessus et sur Wikipedia pour la moyenne. Merci de ne pas bla bla ou de parler de QE ( Quotient Electoral) donc le ministère qui organise les élections ne parle pas. Donc Florent avant de dire que j'ai tord relis le truc du ministère.
Quand on me dit que "Ton erreur de calcul provient de la non intégration des sièges déjà attribués dans le calcul des moyennes." , là aussi, je dis: regardez le truc du Ministère:
1/ on attribue à la proportionnelle en multipliant le % par le nombre de sièges à pourvoir, comme il y'a des "virgules", il y a des restes.
2/ on attribue les restes à la méthode de la PFM sur les suffrages exprimés. C'est écrit dans le .PDF bordel de merde.
Jamais on ne ferait de 1/ à La PFM , par ce que sinon cela supprime toute proportionnalité directe.
Et j'ai expliqué et démontré qu'elle avantage les gros, qui ont un avantage sur les suivantes. Pourquoi ? Par ce que les PFM sont dans les gros scores. Et franchement lire des trucs du genre "je n'ai pas refait les calculs, mais je suis en désaccord avec toi" ça gave et ça énerve. On se demande si l'individu en question à étudié les maths et sciences à l'école.
Ce billet était initialement destiné à être publié sur libe.fr. Je ne le mettrai sans doute pas, par ce que la bas, c'est pire qu'ici : On ne lit pas les textes de bout en bout, on ne clique pas sur les PDF, mais on a un avis !
Les senateurs, c'est souvent du plus fort reste, donc calcul de quotient. Rien a voir avec les "moyennes".
le prochain billet de ce genre sera en mode neuneu , avec prise en main et captures d'écrans en plus. J'ai passé 2 heures à le rédiger, relire le tout.
Ça y est, ils nous l'ont faché ! Rhalala !
Ces controverses sont aussi vielles que la proportionnelle, souvenons-nous de la décentralisation et création des conseils régionaux ou l'assemblée Nationale à la prop., hi hi, j'ai assisté à de ces empoignades (vi, chuis vieux!). Bonne nuit les compteurs !
@dedalus,
Au temps pour moi, tu as raison. Il y a des jours ou Google n'est pas trop mon ami. Après moult essais, j'ai fini par trouver une démonstration (que je préfère à celle du lien que tu donnes qui est trop "géométrique" pour moi).
Je me suis amusé à calculer une valeur approchée (dans le cas où le nombre de votants est élevé par rapport au nombre de sièges) de la probabilité pour qu'une liste X ayant déjà x sièges gagne le siège suivant face à une liste Y qui a déjà y sièges. Si mes calculs sont exacts, je trouve 1-(y+1)/(x+1)/2. Ce qui donne, par exemple, qu'une liste qui a déjà 4 sièges a 60% de chances d'emporter le siège attribuable suivant face à une liste qui n'en a que 3. Et pour les toutes petites listes, c'est carrément la mort. Celle à 4 sièges a 90% de chances de récupérer le suivant face à une liste qui n'a pas encore de siège.
J'aurai appris un truc aujourd'hui !
@Dagrouik,
Je persiste. Ta compréhension du mode de scrutin n'est pas correcte. Il faut tenir compte des sièges attribués lors du premier quotient calculé lorsque l'on calcule les moyennes.
Essaye de refaire l'exemple donné à la page 27 avec "ta" méthode et tu n'obtiendras pas les mêmes résultats. Tu te retrouveras à attribuer 4 sièges aux listes 1 et 2 alors qu'elles n'en gagnent que 3.
@Oaz : Si je refais le calcule de la page 27, enfin le dernier point, et que je repartis 6 sièges sur des listes à 22, 21, 10 , 10, 8, 7 et 7% avec la plus forte moyenne.. Ça ne peut pas me donner 1 siège en plus sur chacune des listes alors que la première est 3 fois plus présente que la dernière !
Avec mon calcul, j'ai 3 sièges supplémentaires pour la première et 3 pour la seconde. Et rien pour les autres. Au final , on voit bien que les 2 premières listes qui sont dans un ratio x2 ou x3 par rapport aux autres les explosent dans les "moyennes", méthodes des diviseurs comme le dit Dedalus.
le PDF du ministre est il faux dans son dernier calcul ?
Je penche plutôt pour le PDF du ministère qui est foireux dans sa rédaction et qui explique moins bien la méthode d'Hondt que Wikipedia ne le fait.
Si on tient compte des sièges attribués au quotient dans le calcul des moyennes (comme le prévoit la méthode d'Hondt), le calcul du ministère, qui n'est pas détaillé dans le PDF, tient la route :
L1 : 630000/3=210000 ; 630000/4=157500
L2 : 605000/3=201666.xx ; 605000/4=151250
L3 : 290000/2=145000
L4 : 275000/2=137500
L5 : 230000/1=230000 ; 230000/2=115000
L6 : 215000/1=215000 ; 215000/2=107500
L7 : 215000/1=215000 ; 215000/2=107500
L8 : 170000/1=170000
L9 : 135000/1=135000
L10 : 45000/1=45000
L11 : 10000/1=10000
Donc
- le 7ème siège est attribué à L5 (moyenne 230000)
- les 8ème et 9ème sièges sont attribués à L6 et L7 (moyenne 215000)
- le 10ème siège est attribué à L1 (moyenne 210000)
- le 11ème siège est attribué à L2 (moyenne 201666)
- le 12ème siège est attribué à L8 (moyenne 170000)
Alors avez-vous en définitive levé l'ambiguïté du document du ministère ?
"La répartition à la proportionnelle conduit à attribuer 6 sièges" (7 dans l'exemple IDF fourni par Dagrouik).
"La répartition des restes (faut comprendre des sièges restants, non ? - soit 6 tjs dans le même exemple) à la plus forte moyenne conduit à attribuer 1 siège à chacune des listes...
Le doute éventuel peut venir des moyennes que l'on compare (non explicite dans le PDF) mais c'est le nombre de voix qui contribuent à l'attribution d'un siège.
Avec 135645 voix, si le Front de Gauche obtenait 1 siège il aurait 135645 voix de moyenne par siège. Il ne l'obtient pas (ce siège) car l'UMP le devance avec 148958 voix de moyenne s'il passe à 5 sièges.
sièges attribués à la proportionnelle colonne 4
suivi des moyennes à comparer si les listes obtenaient un siège de plus, puis 2, puis 3...
(x) : numéro d'ordre des attribution des 6 sièges restant à pourvoir.
fdg 135645 5,58% 0 135645 67823 45215
ps- 496528 20,42% 2 165509(3) 124132 99306
Eco 310330 12,76% 1 155165(4) 103443 77583
mod 297917 12,25% 1 148959(5) 99306 74479
ump 744792 30,62% 3 186198(1) 148958(6) 124132
fn 173785 7,15% 0 173785(2) 86893 57928
bon, Ronald, puisque tu es si têtu, j'ai refait les calculs... et c'est toi qui a commis l'erreur et en effet parce que tu as fait tes moyennes sans prendre en compte les sièges déjà attribués - plus forte moyenne signifie on attribue le siège suivant à la liste qui a la plus forte moyenne de voix par siège obtenu (c'est toi qui a mal interprété le pdf du ministère).
que tu commences tes calculs en PFM dès le début ou à partir des sièges restant à pourvoir, cela revient au même.
cela dit, je répète que sur le fond tu avais dis l'essentiel et que j'ai juste précisé dans mon premier commentaire.
allez, je te livre une petite synthèse de mon cru sur les méthodes de répartition proportionnelle :
1- Il existe plusieurs méthodes de répartition proportionnelle ;
2- Parmi celles-ci, une classe de méthode est réputée (sur des critères très précis et qui ont énormément à voir avec le bon sens démocratique) meilleure que toutes les autres : ce sont les méthodes dites de diviseur ;
3- la méthode du plus fort reste n'en fait pas partie (et ne devrait de ce fait jamais être utilisée, si ce n'est pour sa simplicité d'utilisation et de compréhension : elle est rassurante...)
4- la méthode d'Hondt est une parmi les méthodes de diviseur, aussi appelé méthode de Jefferson ;
5- le critère de parité peut être appliqué à toutes les méthodes de diviseurs de la même manière que pour la règle d'Hondt ;
6- les méthodes de diviseurs se distinguent les unes des autres par la manière dont on arrondit : à l'entier supérieur, à l'entier inférieur, à l'entier le plus proche... mais également toutes les autres méthodes intermédiaires (disons par exemple, à l'entier inférieur si on ne s'en écarte que d'un tiers, à l'entier supérieur au-delà... : soit une infinité de possibilité) ;
7- si l'arrondi est à l'entier inférieur (c'est la méthode de Jefferson, dite règle d'Hondt et équivalente à la répartition des restes à la plus forte moyenne) : la répartition favorise les partis (ou motions, ou listes...) les plus importants (par exemple arrivé en tête lors d'un scrutin - petite prime majoritaire) : favorise donc a priori la formation de coalitions ... ;
8- si l'arrondi est à l'entier supérieur (méthode d'Adams) : la répartition favorise les partis (ou motions, ou listes...) les plus petits (permet par exemple de sur-représenter un peu les campagnes par rapport aux villes dans une répartition de sièges en fonction des populations) ;
9- si l'arrondi est à l'entier le plus proche (méthode de Webster, dite aussi de Sainte-Laguë) : la répartition est neutre du point de vue de la taille des partis (ou motions ou listes ...) : cette méthode est réputée être la "meilleure", celle qu'il faut choisir si l'on veut être au plus proche d'une répartition proportionnelle neutre ;
10- comment ça marche, les méthodes de diviseurs ? Il s'agit de trouver un diviseur commun tel que en divisant les scores par ce diviseur, puis en arrondissant à la manière choisie, on obtienne par somme le total des sièges à répartir (quand on débute, on trouve le diviseur commun par tâtonnement successif, ensuite la pratique fait son oeuvre... - un ordinateur muni d'Excel ou assimilé permet d'éviter une répétition fastidieuse des calculs.) ;
11- pour la méthode de Jefferson, la règle d'Hondt permet de parvenir au résultat en divisant successivement les scores par 1,2 ,3 ,4 ... (le nombre de siège obtenu par la liste + 1) ;
12- pour la méthode de Webster, ou Sainte-Laguë : la même chose existe en ne retenant pour suite de diviseurs que les nombres impairs : 1, 3, 5, 7 ... (2 fois le nombre de sièges obtenus par la liste + 1) ;
13- etc...
tu m'as bien fait rire avec ton « On se demande si l'individu en question à étudié les maths et sciences à l'école. »
@dedalus : il me semble clair que le PDF du MI n'est pas très clair. Et qu'en plus l'exemple sur Wikipédia manque lui aussi de clarté.
Je vais donc corriger le billet. Mais pas là , pour l'instant j'ai un fumier à dénoncer à la cnil et une solution alternative de serveur Web (HTTP) à tester en réel.
oui, Dagrouik, une petite correction s'impose. et oui, pour qui n'est pas familier avec le sujet, le document du ministère est foireux. mais au-delà des calculs, le fond reste :
la proportionnelle a la plus forte moyenne avantage les listes qui font un gros score par rapport aux listes qui même en dépassant les 5% font un petit score.
La conséquence de ceci est simple : la dispersion des voix à gauche favorisera mécaniquement l'UMP - ce qui est un argument non négligeable en faveur du PS, qui sera à gauche la plus grosse liste.
Il est compréhensible que la notion du vote utile énerve, mais il faut moins s'en prendre à ceux qui utilisent cet argument qu'au mode de scrutin qui en fait une réalité incontournable : un électeur qui vote pour une petite liste compte moins que s'il vote pour une grosse, voire même son vote ne compte au final pour rien.
Chacun en fait ce qu'il veut, mais on a l'air moins con à le savoir...
non ? ;-)
Surtout que le calcul à la PFM est plus qu'amplifié par un découpage en circonscription entrainant des effets de seuils importants :
Plus le nombre de postes à attribuer augmente, plus le calcul à la PFM est "juste" (respecte la proportionnelle). ; plus le nombre de postes est faible, plus la "prime majoritaire" est forte
La droite a donc mis en place un découpage par circonscriptions (et elle a fait la même chose pour les régionales, soit dit en passant), qui permet de multiplier ces "petits" effets de bord pour arriver, au final, à un scrutin "proportionnel" avec une forte prime majoritaire :
Le nombre d'élus UMP devrait ainsi tourner autour des 23, soit un petit tiers des sièges, pour un score qui devrait plutôt être un gros quart.
En gros, par le biais du découpage en circos, le PS, l'UMP (et le Modem s'il confirme son détachement) gagnent quatre sièges, pris au NPA/FdG/Libertas.
La dispersion étant plus forte à gauche qu'à droite, c'est donc, au final, la gauche qui y perd des sièges :
En voix :
PS+NPA+FDG > UMP+Lib+FN
En sièges :
UMP+Lib+FN > PS+NPA+FDG
Une liste unique NPA+FdG aurait permis d'atténuer ce phénomène, soit dit en passant - ce serait du coup FN et Libertas les dindons de la farce
Bon le HTTPd fonctionne mieux ( ou presque sur ce qui répond et est configuré) pour le reste on va attendre.
En gros je ré-edite le billet ASAP.
Florent il est clair que le mode de scrutin a été ajusté pour justement exploser le camp qui est coupé en 3 ou 4. Et dans l'optique d'un sucage du FN par l'UMP. Qui était à la manœuvre à l'interieur quand le scrutin a été changé ?
Bon... Je vois que sorti des considérations mathématiques c'est le grand retour des délires les plus stupides...
Faire des listes communes n'a jamais additionné les votes des listes prises séparément.
"PS+NPA+FDG" ??? C'est du délire. J'ai voté PS en 2004. Cette année j'ai vraiment du mal à faire mon choix. Evidemment s'il y avait eu une liste commune "PS+Modem+écolos" le vote serait en ce qui me concerne presque apparu comme une évidence.
Bref, chacun ne voit que les camps qu'il a envie de voir...
Que le scrutin favorise les gros scores, c'est une chose. Le PS en a d'ailleurs été le plus grand bénéficiaire en 2004. Qu'il faille en tirer la conclusion qu'une hypothétique "gauche divisée" aurait pu gagner en arrivant unie, c'est du grand n'importe quoi !
Il y a des élections qui virent plus facilement que d'autres au bipartisme mais ce n'est pas le cas des européennes, même en étant régionalisées.
@Dagrouik
il est clair que le mode de scrutin a été ajusté pour justement exploser le camp qui est coupé en 3 ou 4
Ca c'est faux. Le mode de scrutin a été défini en 2003 par un Sarkozy qui s'était fait laminer par Pasqua et De Villiers en 1999. Il a surtout été fait pour limiter la casse de l'UMP qui, à l'époque, devait compter à droite avec une UDF et un MPF plutôt vivaces. Ces 2 partis étaient d'ailleurs opposés au projet de loi en question qui est passé avec le 49-3.
Le projet de loi en question portait aussi sur les élections régionales qui ont subi le même sort. Il n'est d'ailleurs pas inintéressant de relire le contenu des débats.
L'incitation à voter PS pour que la gauche soit mieux représenté part de l'idée que le PS est un parti de gauche (c'est à mon avis la seule interprétation possible).
Le problème, c'est que cette idée devrait être démontrée ; l'expérience des trente dernières années durant lesquelles le PS a été au pouvoir la moitié du temps tend en effet à démontrer le contraire.
@Oaz : j'ai lu ça : http://www.assemblee-nationale.fr/1... On dirait qu'il y a des rappels au règlements, des inquiétudes sur le contenu du texte changé après l'avis du conseil d'état et les façons de procéder de l'UMP. Donc tout ça est compatible avec l'idée d'étrangler ce qui dérange.
@bertrand : Ah j'attendais un-e- vrai-e militant-e de la vraie gauche, youpi en voilà un.
@Dagrouik. C'est clair que sur ce coup là, l'UMP est passée en force en utilisant toutes les magouilles possibles mais en fait je voulais rebondir sur l'idée que la loi a été votée pour nuire au camp divisé.
Les débats montrent à quel point l'UMP était isolée et, à l'époque, il ne devait pas y avoir grand monde à l'UMP pour imaginer faire plus de 25% des suffrages sur un scrutin européen et réduire à néant l'UDF et le MPF.