Rencontre avec Sabine Herold
Vendredi 15 mai avec quelques complices nous avons procédé à une audition interview avec la jeune Sabine Herold dans les locaux de Vendredi. C'est l'égerie et la présidente d'Alternative Libérale, le parti libéral français. Le personnage est interressant et secoue les neurones. Je lui ai dit en fin d'ITW: c'est plus excitant intellectuellement de discuter avec un libéral qu'avec un Sarkozyste qui louvoye comme une anguille. Compte rendu, coups de pelle, audio...
Tout d'abord si vous voulez l'énerver dites lui qu'elle est libérale comme Sarkozy. Et là, elle bondit de bonne foi. Elle explique que le nain pestilentiel est un bonapariste néo-conservateur. Mais allez expliquer ça a quelqu'un qui se prend la crise dans les gencives et n'a pas fait d'études supérieurs, ça va etre compliqué. C'est pour ça entre autres, que AL s'adresse à des trentenaires actifs. Finalement néo-con ça va très bien, nouveau con, con 2.0.
Dans le civil, elle a un vrai job. Il faut saluer les militants politiques de tout poil qui ont un travail ( je ne sais pas ce qu'est un faux job dans le militaire) et qui prennent sur leur temps libre pour faire la promotion de leur idées. Qu'ils soient LO, NPA ou autre, je trouve ça respectable. Sauf pour les nervis et autres fachos en mode 2.0. Par ce que je ne parle que d'idées, pas de coup de poing. Compris ? Sinon c'est une baffe dans ta gueule.
Sabine travaille dans un fond d'investissement pour start-Up. Un truc me chiffonne l'esprit, pour l'instant je n'ai rencontré que des libéraux étudiants, ou travaillant dans la finance. Certains se sont reconvertis dans l'industrie pornographique (Alain Madelin). Mais on n'a pas encore trop vu de libéral travaillant à la chaine, agriculteur, phamacien ou travailleur précaire. Peux-être se cachent-ils, une sorte de minorité invisible. En tout cas, ils sont environ 2500 et ont des problèmes pour se présenter aux élections. Et oui, il faut payer les bulletins, et l'état ogre "ne finance que les gros partis". Elle cite bien sûr le PS et l'UMP. Bon faudra lui expliquer que LO, le NPA, le Front de Gauche, le nouveau-centre, le FN etc.. n'ont pas de soucis de cette nature.
Alternative libérale ça date de 2006. C'est venu après le parti républicain d'Alain Madelin. Nous avons rappelé que ce parti là avait eu a sa tête de drôles d'olibrius, ayant eu maille à partir avec la justice... Ça vous colle forcément un doute sur l'honnêteté des gus. Sabine finance donc des start-up dans les nouvelles technologies et les trucs bio-machins. Par contre elle est contre la propriété intellectuelle. C'est plus que du capital-risque, là: Elle finance des trucs et soutient donc indirectement le vol des brevets déposés par la start-up par exemple.
AL c'est par un truc de droite, ce sont ses mots. C'est ailleurs. Ils sont indépendants et se plaignent qu'on soit les seuls en France à trouver que le Libéralisme c'est un truc de droite. Ca doit faire partie de notre exception culturelle, mais bon, on va vite voir que ça se confirme dès qu'on rentre dans le détail et qu'on sort un peu des concepts de liberté et de responsabilité. Qui aimerait ne pas être libre et pas responsable ? On est là un peu dans le marketing politique. J'y reviendrai plus loin.
Pour elle, on ne peut pas faire confiance à un état. Certes, mais l'état est désormais décentralisé, mais ça elle ne le sait pas: ils ne vont pas présenter de candidats aux régionales. C'est con, ça les confronterait un peu à une réalité autre que leur petite bulle libérale. Le citoyen veut qu'on décide au plus proche de lui-même. Pas trop près quand même, par ce que si on voit Sarkozy de tout près et qu'on dit "Sarkozy je te vois", on peut avoir quelques soucis avec la famille Poulaga. Drôle de pays non ? Et que signifie le plus près alors que les TIC ont dématérialisé la distance pour ceux qui les maitrisent et rajouté de la distance pour ceux qui n'y comprennent rien.
Sabine nous explique qu'elle veut rendre responsable jusqu'au dernier euro. Et cite Total et son bateau a fond pourri. Elle veut des règles fortes et explique par exemple que les gardes-cotes d'un état libéral aurait fait faire demi-tour au bateau pourri. Je n'y connais pas grand chose, mais bon un pétrolier c'est plus gros qu'un bateau de garde-cotes et s'il refuse ? hein ? Elle résume que pour eux l'état en fait trop et devrait se contenter des sujets essentiels. Quand on lui demande la liste, c'est vite fait: Police, Justice.
Pour le reste, ça tombe sous la concurrence libre et non faussée et la responsabilité. Là ou l'état était présent, on donnera des vouchers. Des bons d'achat pour l'éducation qui sera totalement mise en concurrence et dé-fonctionnarisée. Par exemple pour le financement des études. Et là ces génies ont eu une belle idée : on donnera le même montant pour le fils de CSP++ et le fils d'ouvrier. C'est ça l'égalité libérale. Elle nous explique que le système ne fonctionne pas, il y aurait 16% d'illettrés à l'entrée en 6e. Passons sur la réalité ou non de la statistique et du sens du mot illettré.
Le même schéma libéral va être appliqué à tout: Prenez un système donné, qui fonctionne à 80 ou 90%. Déclarez alors qu'il ne marche pas, et proposez alors de tout casser, de passer dans des solutions alternatives et libérales. On remarquera que le sarkozysme procède de la même façon. Ca va être le cas pour la santé, qu'il faut privatiser par ce qu'elle ne fonctionne pas à 100% ( mais on gardera la CMU quand même, c'est ça leur coté social). Posons nous le contraire, les assurances privées fonctionnent-elles correctement à 100% ? dans le cas contraire, il faut les casser et passer en mode "collectivisation", pas mal comme raisonnement non ? Dans le domaine de la santé, AL nous propose donc de casser le monopole de la sécurité sociale et de confier à l'état les urgences et la CMU pour les pauvres. Tout le reste serait alors mis en concurrence pour responsabiliser les acteurs économiques: c'est à dire vous, moi et le vieux du 4e étage.
On devra alors faire appel à des assurances privées, à ce moment là elle n'a pas parlé de mutuelles ça doit être trop bolcheviks. La loi fixera alors le niveau minimum et obligatoire d'assurance que les citoyens responsables devraient prendre. Une telle loi serait bien sûr conçue à l'abri des lobbies de la santé et du secteur pharmaceutique. On l'imagine aisément :o)
AL ne nous dit pas ce que les disparités de revenus créeraient comme inégalités supplémentaires par ces systèmes concurrentiels: Celui qui dispose de 5 fois plus de revenus que le pauvre va pouvoir se soigner avec de la qualité supérieure. C'est déjà le cas avec les assurances complémentaires et la santé privée ! En fait la solution libérale consiste à faire encore pire que l'existant mais en déplaçant vers le privé des flux financiers énormes: On parle ici de centaines de milliards d'Euros. Il en va de même avec le système de vouchers pour l'école.
Ca va être le cas pour le droit du travail. Nous avons abordé le sujet des licenciements. C'est très difficile de licencier, ça devient un risque encore plus grand pour les employeurs de recruter. Pour elle notre économie n'est pas mobile tout comme le marché du travail. En fait seule la mobilité du salarié l'intéresse dans ce cas là. Très difficile de licencier donc, il y a pourtant eu en gros 500 000 licenciements et fins de contrats précaire en 6 ou 7 mois. Et à 47'10" elle nous explique le problème du licenciement: Je lui demande si elle déjà du procéder à des licenciements. Réponse, oui (...) ça coute trop cher. Elle a travaillé 6 mois dans un administrateur judiciaire et a donc du procéder à des licenciements. Ça coute trop cher, et les prudhommes risquent de faire payer plus cher, c'est pour ça qu'il y a des transactions.
Je ré-itère ma question: je vous parle de difficultés vous me répondez trop cher. "C'est facile, mais si c'est pour se retrouver avec un prudhomme, moi j'ai travaillé 6 mois, j'ai vu des gars de bonne foi se retrouver avec des prudhommes de 300 000 euros".
2e essai : vous en trouvez combien des prudhommes à 300 000 euros ?
Elle me parle d'un pauvre boulanger. Je lui ai alors conseillé de passer une ou deux journées aux audiences du tribunal des prudhommes de Paris. Elle y verra que l'immense majorité des affaires concernent des heures supplémentaires non payées, des licenciements abusifs, des congés payés non payés , des entreprises délinquantes qui mettent la clé sous la porte sans payer les salariés et qu'on retrouve 20 km plus loin... C'est beaucoup plus ça que 300 ou 500 000 euros.
Son idée est donc basée sur une expérience de 6 mois et d'un licenciement à 300 000 euros. On peut douter de la solidité de sa solution de flexi-sécurité... sauf pour l'employeur. En gros, AL veut simplifier le licenciement en réduisant le risque des prud'hommes ( la Justice excusez du peu) et le paiement des fautes. Qu'elle se renseigne sur le montant moyen des condamnations aux prud'hommes: on est vraiment loin des 300 000 euros.
Elle nous parle de bonne foi de son unique exemple, mais très chère, la bonne foi n'excuse pas la faute en droit. Elle permet juste d'éviter une grosse claque. Elle peut demander ça à n'importe quel étudiant en droit. Ensuite elle s'est livrée à une attaque en règle contre les syndicats en expliquant bien sûr qu'ils n'étaient pas assez fort (un peu comme Minc l'autre jour)
Je lui ai donc posé la question la plus simple qui soit, par quoi commenceriez vous si vous aviez le code du travail sous vos yeux. La réponse à fusé: les syndicats. Elle explique que les entreprises ont des obligation de publication des comptes et de les faire auditer.
Quand on parle d'obligation de publication des comptes, ce sont en fait le résumé des résultats : Chiffre d'affaires, bénéfices... Les entreprises ne vont pas plus loin. Et la sanction est une amende de 1500 euros,sanction rarement appliquée. C'est présent dans le code du commerce :Articles L 232-22 et L 232-23. On ne trouve pas donc publiquement pour toutes les entreprises les choses suivantes prévues par la loi: Les comptes annuels, le rapport de gestion et, le cas échéant, les comptes consolidés, le rapport sur la gestion du groupe, les rapports des commissaires aux comptes sur les comptes annuels et les comptes consolidés, éventuellement complétés de leurs observations sur les modifications apportées par l'assemblée ou l'associé unique aux comptes annuels qui leur ont été soumis ; C'est un peu dommage.
Elle m'a cité "societe.com" comme site d'information sur les comptes annuels des entreprises. Prenez une entreprise au hasard, par exemple Alcatel-Lucent. le bilan social publié se limite aux résultats, chiffre d'affaire, valeur ajoutée etc.. Voilà pour la transparence des entreprises jugée suffisante par AL. On notera que dans le même temps, les syndicats demandent à ce que l'obligation de fourniture des comptes des entreprises soit réelle... Moi je propose par exemple de rajouter "000" après 1 500 euros d'amende, histoire de forcer les entreprises à respecter les obligations existante et de documenter les flux financiers entre filiales et autres divisions. Et on ne parle pas que des entreprises cotées en bourse, mais de toutes.
Par ce que c'est bien facile pour AL et les libéraux de demander la transparence des comptes des syndicats. "On ne sait pas comment la CGT est financée", bah oui, on ne sait pas non plus comment l'institut Hayek de Bruxelles est financé, ou comment les flux financiers circulent entre une filiale de PSA et PSA... Mais de ça on n'en parle pas chez AL. On cite juste une histoire de Libye ayant financé la CGT.
Je lui explique donc que ce sont les résultats et non les comptes qui sont sur societe.com.
Et là elle avoue , je ne veut pas que les comptes soient publics, juste audités par des experts comptables. On voit donc la limite de la transparence pour AL ! Maximale pour les trucs collectifs et très light pour les entreprises privées. et avec ça les syndicats rendraient de vrais services à leur membres. Hypos va alors expliquer un peu son point de vue, et donc corriger l'avis un peu binaire de Sabine Herold.
Celle-ci explique que les syndicats doivent être des syndicats de services pour les membres. Bizarrement quand j'ai eu besoin de conseils judiciaires pour une affaire, j'ai pu demander de l'aide à la CGT alors que je n'était pas syndiqué. La CGT m'a donc rendu un service gratuit avec quelques heures de consultations sur le dossier. Je ne pense pas être le seul dans ce cas là. Mais pour un libéral ce n'est pas possible, et aller va même sortir leur ba-ba : je n'aime pas du tout le paritarisme, donc dans son modèle le syndicat sert juste à fournir des calendriers à gros nichons et obtenir des tarifs de cinéma sympa. Rien de plus et en plus, souvenez vous de son aversion du "risque" des prudhommes, gérés de manière paritaire.. chose qu'elle n'aime pas. Vous voyez là le modèle des libéraux, c'est tout de suite plus clair.
La fin de l'interview a été sur un autre sujet, son livre et sa thèse : Besancenot serait le bouffon du roi Sarkozy, le problème étant le roi qui est en charge de tout le bordel ambiant. Je laisse cette partie à d'autres blogueurs. Et vous donne enfin mon avis, Sabine Herold et les libéraux tous trentenaires (selon ses mots) sont dans doute du genre "intelligent, mais n'a pas vécu" comme nous nous sommes dit en de-briefing avec saucisson et rouge.
Eux aussi sont sur un concept marketing : Liberté et Responsabilité. Il ne manque plus qu'un clip de campagne mixant la pub en cell shading avec joyeux bisounours friqué "je suis respooooooonsable ouéééééé , je fais ce que je veux de mon argent, ouééééé" avec la pub "Bouygues" et les winners qui découvrent qu'ils peuvent appeler En toute liberté en se faisant raquer un max. Bref du délire de pauvre trentenaire CSP++ friqué qui en veut plus et ne veut pas payer d'impôts pour les autres. Pour eux le mot "solidarités" est un gros mot, régulation est synonyme d'interdiction. Elle l'a dit explicitement, fouillez dans l'audio qui est en annexe à ce billet.
C'est une réduction binaire, ça permet de simplifier les débats et de présenter des concepts où tout le monde peut en apparence adhérer. Questionnez les sur sur des choses plus pratiques, demandez des détails et le délire libertarien apparait. D'ailleurs elle nous l'a avoué à la fin, si elle avait voté aux USA, son choix se serait porté sur le candidat libertarien Bob Barr. Et pour elle Madelin est un fou qui voulait faire un parti libéral de Gauche et Sarkozy a pris le contrôle des banques et du CAC40.
Nous ne ne vivons pas dans le même monde, c'est clair.

Commentaires
ça sent les guignols manipulés. Quand on lit, on a franchement l'impression de doux rêveurs, des utopistes de l'entreprise, des anarchistes de droite.
Un monde sans brevet serait aussi catastrophique: une petite PME révolutionne un procédé et se le fait piquer par une multinationale. C'est malin comme vision, bravo!
Le reste c'est du baratin pour dilapider les voix, perdre les gens et au besoin s'abstenir de voter.
Pathétique.
Pour info, derrière l'Alternative libérale, c'est au plan européen l'ELDR dont fait partie le mouvement de politique de Cavada: ACDE (une sombre fumisterie encore)
Pour corser le tout, le MODEM malgré le nom, ne fait pas partie du ELDR pourtant libéral et démocrate.
Les joies de la dispersion des votes, c'est beau! Et après on se demandera pourquoi les français boudent l'Europe...
Je n'ai pas dit que le parti libéral était dirigé par des gens douteux. J'ai simplement évoqué les début de Madelin à Occident lorsque Sabine a dit que Madelin était libéral... de gauche (sic !).
Pour le reste, je pense que le projet de société évoqué par Sabine est une concept-société, comme on dit concept-car. Il y a des idées marrantes, mais elle est faite pour faire rêver ou réfléchir. Pas pour être mise en marche.
Le problème c'est que ces idées, parfois séduisantes intellectuellement, sont reprises partiellement (détruire la sécu, le paritarisme, dépolitiser les syndicats, etc.) et à la carte par Sarkozy, qui est libéral là où c'est mauvais (santé) et pas là où c'est opportun (hadopi).
JR
C'est fascinant, la tête de liste d'AL nous fait son coming out libertarien en bonne et due forme, au final, et confirme que ces gens vivent sur une espèce de nuage... Limite un nuage de fumette, je crains, vu la confusion entre libertés individuelles, y compris celle d'entreprendre (le libéralisme de 1789) et les dérives depuis (asymétrie marquée en faveur des personnes morales que sont les entreprises, y compris les méga-corporations)...
Il faudrait conseiller à tout journaliste politique l'usage du "Political Compass", histoire de ne pas se laisser enfumer !:
http://www.politicalcompass.org/
Le Madelin, par exemple, a commencé comme nationaliste et anti-libéral chez Occident, et s'est reconverti en "droite pragmatique pro-entreprises", mais sans jamais oublier ses réflexes autoritaires. Qu'Hérold prétende voir en lui un "libéral de gauche" parce qu'il veut une certaine forme de contrôle de l'État sur l'économie, tout comme Sarkozy, c'est un contre-sens. Il est "bonapartiste" comme Sarko, si on veut, en qu'il met tantôt l'économie au service de l'État, tantôt veut laisser le champ libre aux lobbys, mais subordonne toujours les individus aux hiérarchies sociales. Du moins le commun des mortels. Pour l'entourage du chef et de sa famille, pas de restrictions!
@rosselin
ouais enfin c'est sympa au pays de casimir dans la vraie ça tourne davantage à ma jungle rêvée...
Dagrouik, il y a des fois où tu es impeccable. A mon humble avis, tu viens d'écrire un de tes meilleurs billets.
@Rosselin : J'ai corrigé l'erreur. Et plus j'écoute l'audio plus j'ai envie de remettre des coups de pelle.
@BA : Je plussoie, excellent billet
@Irène Delse : kudos pour avoir cité le political compass ! J'adore ce système, il permet de dépasser le clivage gauche/droite classique et monodirectionnel, et de montrer que la différence entre la gauche réformatrice (PS) et la gauche révolutionnaire ou puriste (PG, NPA) est au moins aussi importante qu'entre les gauche et droite de gouvernement (PS/UMP). Au passage le site sur les partis européens posté il y a quelques jours m'a tout de suite fait penser au political compass, mais plus adapté au paysage européen (le compass est très US-centric).
Concernant l'interview : Sabine Herold a certains bons arguments. Par exemple sur le fait que le libéralisme n'est ni de gauche ni de droite, comme d'ailleurs le réformisme ou la républicanisme. On peut être libéral, républicain, de gauche et écolo, c'est mon cas (et pas celui de Delanoë qui parle de libéralisme politique). Mais encore faut-il se mettre d'accord sur ce qu'est le libéralisme, qui a autant de courants que l'armée mexicaine a de généraux. On peut dire que le plus petit dénominateur commun entre les libéraux est la conviction de la supériorité des mécanismes de marchés sur les décisions autoritaires. Ségolène Royal n'a-t-elle pas dit qu'au PS "le marché nous est aussi naturel que l'air que l'on respire ou que l'eau que l'on boit".
Or, si SH a raison de dire que le libéralisme n'est ni de droite ni de gauche, elle omet de dire qu'il y a bien des libéralismes de gauche et de droite. De son affirmation que l'Etat devrait se restreindre à la police et la justice, autrement dit aux missions régaliennes, elle affirme clairement son appartenance au courant minarchiste, qui pour moi est clairement un libéralisme de droite. Le minarchisme est même la suite logique de la révolution conservatrice reagano-thatchérienne, dernière étape avant le paradis anarcho-capitaliste qui prône la disparition pure et simple de l'Etat. Utopie délirante dont tous ces libéraux autoproclamés rêvent sans oser l'avouer. Il est quand même étrange de persister autant dans son erreur au moment même où l'on peut constater l'étendue du désastre que la révolution conservatrice a provoqué 30 ans après son déclenchement.
Un autre point qui m'interpelle quelque peu est son opposition à la propriété intellectuelle. On peut s'insurger contre certaines dérives (brevets logiciels ou sur le vivant, extension de la durée des droits d'auteurs, etc) mais j'avoue que j'ai du mal à comprendre comment on peut argumenter en défaveur des brevets et du copyright, autrement que par simple posture idéologique anti-monopoliste (les brevets accordent un monopole légal et limité dans le temps à son détenteur). Car s'il y a bien une notion qui a été plus que largement bénéfique pour l'économie et la société depuis son introduction, c'est bien la propriété intellectuelle. Donc sous une façade hyper-pragmatique pro-libre entreprise, on retrouve quand même chez Alternative Libérale une bonne part d'idéologie et de myopie.
Pareil que BA et El Fredo. Ce billet est extraordinairement efficace. Dagrouik tu viens de démonter la théorie libérale et démystifier cette supercherie en une 40 lignes. Impressionnant.
Respect total. Le libéralisme confronté à la réalité quotidienne. Psuuusiiisiiiichouuuuuuuuuu!!!:o))
Article très orienté et plein de mauvaise fois.
Déjà, différencier conservateur et libéraux, c'est pas si difficile que ça. En tout cas c'est plus facile que de différencier un marxiste et un trotskiste-léniniste. Les libéraux sont aussi différents des conservateurs que les conservateurs le sont des socio-démocrates. Évidemment il faut avoir un peu de culture politique pour le comprendre.
Dès le 2e paragraphe, vous traitez les libéraux de cons ("Finalement néo-con ça va très bien, nouveau con, con 2.0"). Bravo pour le respect de la personne interrogée!!
"Un truc me chiffonne l'esprit, pour l'instant je n'ai rencontré que des libéraux étudiants, ou travaillant dans la finance." Il y a aussi beaucoup de libéraux qui travaillent dans le public, notamment des chercheurs (y compris en science ; c'est mon cas) ou des maitres de conférence. Il est cependant vrai que le libéralisme semble difficile d'accès aux personnes ayant un niveau d'éducation et de réflexion limité.
Concernant le droit du travail, un droit du travail ultra-flexible, ça ne marche quand même pas si mal au Danemark, où les gens se sentent moins précarisés qu'en France. Ils ont certes une assurance chômage qui indemnise très bien (et ils payent en conséquence), mais qui nous empêche en France de souscrire à une assurance chômage qui indemniserait mieux sinon l'état qui a instauré un monopole de l'assurance chômage. Dans une société libérale, par ailleurs, il pourrait y avoir des mutuels d'assurance chômage (ou maladie) tenues par les syndicats. C'est cela aussi qu'on appelle des syndicats de service.
Vous terminez votre article par une série d'attaque ad hominem ("Sabine Herold et les libéraux tous trentenaires (selon ses mots) sont dans doute du genre "intelligent, mais n'a pas vécu"" ; qu'est ce que vous en savez?) et d'insultes (le "délire libertarien" ; qu'est ce qui vous permet de parler de délire?).
En résumé, un article qui exploite à fond les procédés de manipulation d'extrême gauche. Reste à savoir maintenant si on va censurer mon commentaire ou si on y répondra?
@Leonidas : Vous avez devriez avoir lu que neo-conservateur s'applique à Sarkozy. Ensuite vous appelez insulte délire libertarien, je persiste et signe : c'est un délire, un fruit de l'imagination. Des solutions qui n'ont jamais été appliquées nulle part ( ce qui n'est pas un drame) et qui sont soutenues par exemple aux USA par des gens qui ont défendu parfois violemment l'exact contraire avait.
Ensuite sur néo-con, c'est appliqué à Sarkozy: recherchez ce mot dans le moteur de recherche du blog. Vous trouverez même en cherchant un peu, des billets libéral qui décrivent sakrozy en un objet politique neo-conservateur à comportement bonapartiste. Je n'ai pas attendu d'entendre Sabine Herold pour l'écrire. Fouillez un peu, cherchez !
Si vous êtes chercheur, vous savez donc lire les choses dans leur contexte, quand j'explique que JE n'ai jamais rencontré de libéraux autre que (liste ) c'est que dans MON cas cette liste se limite à ce que j'ai écrit. Après si on trouve des libéraux dans les chercheurs, tant mieux. Mais je n'en ai pas rencontré physiquement.
La remarque finale vient après l'épisode des prudhommes et des licenciement, franchement vous en voyez tous les jours des licenciements à 300 000 euros aux prudhommes?
De plus le droit du travail danois n'est pas ultra-flexible, je ne sais pas où vous avez découvert ça. Ne faites-vous pas là un peu de manipulation ? Tout comme ceux qui ne regandent pas l'ensemble des statistique danoises :
http://www.intox2007.info/index.php...
Ensuite sur l'extrême-gauche, mouaaaarph , vous êtes dans la pratique sarkozienne: tout ce qui critique les options libérales ou de droite est baptisé d'extrême-gauche avec couteau entre les dents ! Je vous conseille la lecture du livre de Sabine Herold dans ce cas!
Ensuite les cas de censure sont expliquées dans le "about" , vous auriez du le lire avant de fantasmer sur une censure que vous auriez dénoncé par ailleurs.
@Dagrouik
"Des solutions libertariennes qui n'ont jamais été appliquées nulle part" : au 19e siècle, dans certains pays on était proche de sociétés libertariennes. Ce n'était pas l'enfer et ces sociétés ont connu un progrès impressionnant.
"Ensuite sur néo-con, c'est appliqué à Sarkozy" : si néo-con s'applique à Sarkozy, dans ce cas, je retire ce que j'ai dis sur ce point, mais votre texte, dans ce cas, est ambigu. Il n'empêche que votre article contient tout de même un certain nombre de sous-entendus (les démêlés judiciaires de gens du PR) et d'attaques ad hominem.
"quand j'explique que JE n'ai jamais rencontré de libéraux autre que (liste ) c'est que dans MON cas cette liste se limite à ce que j'ai écrit" : vous n'avez sans doute donc pas rencontré beaucoup de libéraux et dans ce cas, ce commentaire reste malhonnête.
"De plus le droit du travail danois n'est pas ultra-flexible, je ne sais pas où vous avez découvert ça. Ne faites-vous pas là un peu de manipulation ?" : si on en croit l'Heritage Foundation, le Danemark a l'un des droits du travail les plus flexibles du monde : http://www.heritage.org/Index/Count...
J'ai regardé votre article sur le Danemark et il y a une donnée qui est ignorée : le taux d'activité du Danemark (le nombre de personnes en activité sur la population en âge de travailler (et non pas sur la population active)) est le plus élevé d'europe avec 75%, soit 12% de plus que la France : http://www.ifrap.org/Le-miracle-dan...
L'exemple de Sabine Herold n'est peut être pas le plus pertinent, il n'empêche que vous devriez vous rendre compte qu'un code qui comporte 3000 pages est difficilement applicable et que le droit français du licenciement est très restrictif.
Enfin, puisque vous m'encourager à lire le "about", voici ce que j'y ai lu : "En laissant ou en essayant péniblement de laisser un commentaire à la suite d'un billet ou d'un autre commentaire sur ce site, vous autorisez l’éditeur : ... à supprimer tout ou partie de votre commentaire, sans avoir de justification particulière à vous fournir, vous m'autorisez aussi à caviarder votre commentaire ou a le passer à un filtre à troll."
Peux tu précise où Leonidas les sociétés libertariennes ont prospérées ?
@Vogelsong
Peux tu précise où Vogelsong les sociétés communistes et autres apparentées ont prospérées ?
Bon compte-rendu, bravo Dagrouik.
Pour ceux que ça intéresse, voici un autre compte-rendu de cette rencontre :
http://reversus.fr/herold-tribune
@Mancioday : Ah voilà donc un autre point de vue. Je note que tu as vu aussi qu'elle bottait en touche la vilaine
@Leonidas : c'est mon blog, donc en tant que propriétaire du blog je fais ce que je veux avec son contenu. Un libéral comme vous, ou un libertarien sera sans doute d'accord à moins d'avoir des problèmes de conscience. Je ne suis pas malhonnête en précisant que MON expérience ME permet de dire que J'ai vu ça ou ça. Vous êtes chercheur en quel domaine ?
Le droit du travail est restrictif sur le licenciement, ah ben voyons : en 20 ans j'ai été licencié 4 fois, j'ai licencié plus de gens que 4, procédé à des dizaines de recrutements. Je n'ai pas trouvé ça contraignant. Il en va de même avec mes collègues qui ont eu des parcours voisins.
J'ai même passé quelques journées à écouter ce qui se faisait dans les salles d'audience du tribunal des prud'hommes de Paris par curiosité après avoir eu besoin d'eux. En fouillant je pourrai retrouver mes notes sur la typologie des affaires.
Ensuite sur les élus qui ont triché, écoutez l'interview : Sabine Herold a acquiescé. Et nous avons à ce moment parlé de corruption. C'est la partie de l'ITW sur les libertés. D'autres participants feront des comptes rendus sur ce sujet. Je ne voulais pas faire 50000 signes.
La fille est jolie, mais sa pensée trop libérale est plutôt vilaine
@leonidas
Qui te parle de communisme ?
je te demande où le modèle libéral du XIX siècle dont tu parles a été mis en place et tu me réponds communisme ?
@Vogelsong
C'est pas moi qui vous parle de communisme!! Pour répondre à votre question, les US du 19e siècle ont été proche d'une société libertarienne. La vie n'était pas facile (un peu comme partout au 19e siècle), mais le niveau de vie a beaucoup progressé.
@Dagrouik
La question, c'est combien de libéraux avez vous rencontré. Si c'est 3, alors c'est peu pour tirer une conclusion. Je vous invite à aller sur le site http://www.votre-europe.fr/ et à consulter la liste des candidats d'Alternative Libérale. Vous verrez qu'il y a une grande diversité de professions et que ceux qui travaillent dans la finance sont très minoritaire.
@Leonidas : "les US du 19e siècle ont été proche d'une société libertarienne." OMG, là j'étais sûr de la réponse. Forcément, le far-west est le fantasme des libertariens.
Un modèle de société basé sur le génocide des indiens, sur la spoliation de leurs biens et terres. Vous qui défendez la propriété privée, que pensez vous de ces vols massifs et crimes pour forcer la main des populations autochtones ? Et que dire du 2eme crime contre l'humanité commis sur place: l'esclavage! N'a-t-il pas permis la prospérité de l'ensemble ? Et la guerre de sécession dont les causes économiques doivent vous être évidentes ?
Par contre je n'ai pas dit que les liberaux travaillaient beaucoup dans la finance, j'ai placé l'item dans ma liste. Manifestement vous avez un problème avec le singulier et le pluriel et la généralisation des choses à partir d'exemples.
Liberté et Responsabilité, comme pour les universités !? La belle affaire.
Tout cela est bien creux finalement, comme le libéralisme pris tout seul, tout nu.
Un vaste escroquerie intellectuelle.
Allez, je sors...
Bonjour,
Je suis toujours étonné par les méthodes de la gauche réactionnaire. Même quand elle prétend faire preuve "d'ouverture", c'est en fait pour mieux distiller son venin désinformatif.
La gauche réactionnaire a réussi à rétablir les privilèges. Insidieusement, elle a construit une société ou la rapine, le lobbying, la loi du plus influent ou du plus malin apportent avantages et sécurité tandis que l'initiative, la création et la réussite individuelle doivent être punis par la "justice sociale".
Ces nouveaux privilégiés doivent s'inventer des adversaires pour rester au pouvoir et conserver leurs "acquis" (merveilleuse trouvaille du marketing politique que ce terme "d'acquis" pour désigner les privilèges). Alors que l'Etat dépense 54 % du PIB, que la dette atteint 35 000 euros par français (bébés et vieillards compris), que l'Etat contrôle les médias, les banques, les assurances, l'éducation, que les monopoles sont créés et encouragés par la puissance publique, que le salaire des fonctionnaires ponctionne 50% du budget monstrueux de l'Etat, il faut bien s'inventer un adversaire pour expliquer le chômage, la misère, la corruption et le déclin. Dans le pays le plus socialiste et dirigiste d'Europe la gauche réactionnaire réussit donc (il faut saluer son culot) à faire porter le chapeau au "libéralisme".
Car cet adversaire inventé, c'est bien le libéralisme. Vous savez, ce truc qui doit toujours être précédé de "ultra" ou "néo". Dans ce libéralisme inventé, ils fourrent absolument tout : Sarkozy, Chirac, la loi du plus fort, le renard dans le poulailler, la mondialisation, la finance internationale, Bush, Poutine, les patrons du CAC 40, etc.
Mais voilà qu'un vrai parti libéral, héritier de la grande tradition libérale française issue des lumières se forme et fait entendre sa voix.
Zut, pas de bol, le libéralisme revendiqué n'a rien à voir avec l'imagerie bébête construite par la gauche réactionnaire :
Les libéraux sont de fervents défenseurs des Droits de l'Homme (qu'ils ont rédigés en 1789), ils se battent contre les privilèges et contre les monopoles, ils ne veulent pas du capitalisme de connivence, ils sont pour des syndicats forts,.ils sont contre toutes les aides aux entreprises, ils défendent les class actions, ce sont des adversaires acharnés du psychopathe dirigiste actuellement au pouvoir, ils sont pour la légalisation du cannabis (que cette même gauche n'a jamais promulgué en 18 ans de pouvoir), ils sont pour les logiciels libres, ils sont contre les brevets logiciels et pour la réduction de la durée de toutes les propriétés intellectuelles, ils considèrent Hadopi comme un projet clientéliste et une grave atteinte à la liberté, ils sont contre les discriminations du mariage civil, ils sont résolument pour l'économie de marché (ça ce n'est pas une surprise), et contre le socialisme clientéliste et corruptif, (ça, ça fâche),
Comment faire pour retomber sur ses pieds ? Facile, il suffit de caricaturer la position de ces vrais libéraux, de leur attribuer des positions irréalistes ou totalement inventées, de galvauder le mot "solidarité", de défendre les monopoles et l'Etat-Nation au nom du "social", de ridiculiser les positions les plus progressistes.
Le décalage entre l'audio et le commentaire est tout simplement hallucinant de mauvaise foi.
Décidément, nous ne vivons pas dans le même monde, c'est clair.
Le premier truc que je me suis dit en entendant son explication sur Besancenot bouffon du roi Sarkozy, c'est qu'elle ne se rend pas compte elle non plus qu'elle est aussi là pour montrer les bouffonner les conneries libérales de Sarkozy (par exemple avec la casse des monopoles d'Etat comme la santé ou l'éducation).
Bref, AL-NPA, même combat ! :p
@alcodu bla bla. Cathéchisme creux qui visent juste à sortir la logorrhée du "regardez comme on est beaux et gentils et qu'on est pour vachement de trucs progressistes" face au "socialisme clientéliste et corrupteur". Putain, si c'était si simplet. On croirait en plus qu'il débarque de la planète Mars. Mais y'a du mieux tout de même par rapport à AL puisque ici c'est GAUCHE libérale. MDR.
@alcodu : vous mélangez un peu tout : libéralisme politique, libéralisme économique, libertarianisme, etc. Vous ne semblez pas non plus avoir entendu parler de la notion de monopole naturel. Ne vous en déplaise il y a aussi une gauche et une droite dans le libéralisme, et AL est clairement de droite. Votre petit couplet sur "la gauche réactionnaire" m'a bien fait marrer, on croirait entendre les navrants Jeunes Populaires qui veulent se faire passer pour les nouveaux Che Guevara alors qu'ils ne défendent qu'une idéologie moisie.
@alcodu : Tiens Tiens, je pose de questions à SH pour lui demander des explications sur cout du licenciement et elle me parle d'un cas cosmique. Je détaille ce choix et cette réponse et je suis de mauvaise foi ? ben voyons.
Si vous voulez qu'on parle de "système corruptif" on peut en parler sans aucun problème. La dessus vous êtes mal tombé, par que nous sommes ( je parle de mes collègues qui suivent la sorcière Royal) contre la corruption et pour la vraie transparence... Inutile de sortir des inepties historiques du genre "les libéraux ont inventé les droits de l'homme".
Non ce sont des individus qui ont couché sur le papier des principes, ces gens là ont ensuite (1,2,5, 10, 20 , 30 ans) participé à des processus (critiquables comme tout) qui ont donné effectivement le courant libéral politique,mais aussi les socialistes non marxistes (et oui ça a existé avant Marx ne l'oubliez jamais), les anarchistes et d'autres.
Dans ces principes et droit inaliénables qui sont la base de notre vision collective de ce que doit être une nation. On trouve plusieurs choses. Par exemple le droit à la propriété et surtout ce que vous oubliez tout le temps de citer:
La notion d’utilité commune. Dès le premier article, donc un sens collectif. Comme Sabine Herold dans son livre que je lis actuellement vous nous dites que la propriété (votre dada absolu) est citée dès l'article 2 , ce qui veut donc dire que c'est important.
Avec le même raisonnement on peut dire que ce qui est dans l'avant dernier article a un sens moindre, ça serait dommage : Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. C'est la base de l'état de droit que nous défendons à gauche par ce que nous sommes des démocrates et non des staliniens !
Et la proprieté privée est corrigé à la toute fin, comme dans une conclusion de document:
La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité.
On parle là de nécessite publique , Etrangement quand des libéraux parlent de la déclaration des droits de l'homme et de sa génèse ils ne citent pas cet ultime article !
Je note aussi que vous avez du mal avec l'Etat-Nation, pourtant la nation est définie de facto par cette déclaration des droits de l'homme : on parle de force publique, de nécessite publique, d'impôts . C'est à cette époque que la notion de bien public ou de justice sociale est apparue dans les cahiers de doléances des états généraux.
le pr a eu sa phase intermédiaire avec Démocratie Libérale, un parti tellement libéral qu'ils ont voté tous ou presque contre le PACS (Madelin s'est abstenu, quelle audace whouahou)...quel bande d'hypocrites.
@El Fredo
"AL est clairement de droite". Si on met les socialistes à gauche (là où il y a le PS) et les conservateurs à droite (là où il y a l'UMP), les libéraux ne peuvent donc être mis ni à gauche, ni à droite, ni au centre, car ils ne sont ni socialistes, ni conservateurs, ni socialo-conservateurs. Ils doivent donc bien être mis sur un autre axe. Personnellement je tendrais à placer les différentes sensibilités politiques sur un triangle avec un coin socialiste, un coin libéral et un coin conservateur.
@Dagrouik
"par que nous sommes contre la corruption et pour la vraie transparence" : vous en connaissez beaucoup de gens qui se disent pour la corruption ? C'est bien de se dire contre la corruption, encore faudrait il avoir identifier ce qui engendre la corruption. Or plus l'état intervient dans l'économie et la société, plus différents groupes sont incités à faire pression sur l'état pour obtenir des mesures clientélistes, plus les élus sont tentés d'utiliser leur pouvoir pour acheter des voix (exemples classiques : achat de voix avec des subventions aux associations ou des places en HLM), plus les gens sont tentés de corrompre les politiciens et les fonctionnaires pour que ceux-ci utilisent leurs pouvoirs discrétionnaires en leur faveur.
"On trouve plusieurs choses. Par exemple le droit à la propriété et surtout ce que vous oubliez tout le temps de citer. La notion d’utilité commune" Qui définit l'utilité commune? Comment sait on que quelque chose relève de l'intérêt général? Je ne vois pas en quoi des élus qui se prennent pour des despotes "éclairés" seraient plus à même de le décider que le marché (sachant que pour survivre, une entreprise doit répondre à une demande).
@Leonidas : Si vous vous posez des questions sur le positionnement des libéraux (d'ailleurs c'est quoi un libéral, terme aussi vague qu'un réformiste) par rapport aux autres forces politiques, il vaut mieux utiliser un système à deux axes comme celui du Political Compass ou d'EU Profiler :
http://www.politicalcompass.org/
http://www.euprofiler.eu/page/1
Quant à savoir si AL est de gauche ou de droite, c'est assez simple : pour moi le minarchisme est clairement de droite car la gauche est toujours allée dans le sens de l'Etat garant des libertés positives, alors que la droite ne reconnaît que les libertés négatives.
Ensuite sur la corruption : le contraire d'être contre la corruption, ce n'est pas être pour la corruption, c'est ne pas être contre... en ne faisant rien pour lutter contre elle par exemple. Et en tant que libéral hard-core vous êtes mal placés sur ce point, puisque dans le système dérégulé que vous prônez, elle deviendrait tout simplement légale. En effet, si le contrat devient supérieur au droit, rien n'empêche de mettre en place des mécanismes de
corruptioncommissions, et ce en toute transparence...Enfin sur le bien commun. La question est de savoir s'il existe des monopoles naturels (réponse courte : oui) ou des activités d'utilité commune, et s'il faut qu'ils soient soumis au marché. Laisser le marché en décider, c'est répondre par avance à la question posée... Dans ce cas le "despote éclairé" c'est celui qui cède au totalitarisme mercantile.
@Leonidas : syndrome libéral : 2% des politiques trichent, hop on met le marché à la place. Ben voyons et le marché qui triche, on le met où en correctionnelle ? Et bien non. Le marché n'a pas d'existence, c'est un concept comme le père noel. Vous allez nous sortir la main invisible ?
Par contre si 2% de politiques trichent, combien d'individus trichent ? fraudent ? Ah oui, vous proposez de simplifier le code du travail ( hop moins de tricheurs), sans doute aussi le code pénal pour les affaires et trucs en cols blancs ?
Ensuite comparer les élus à des despotes, c'est une attaque en règle contre la démocratie répresentative qui a certes des limites. On dirait que vous voulez remplacer ça par des assemblées de co-propriétaires. Vous dénoncez le clientélisme, mais que proposez vous sous la maquillage de la liberté et de la responsabilité à toutes les sauces : Des petits groupes de propriétaires qui décident pour les autres avec une dérégulation totale.
Si vous voulez qu'on parle de "système corruptif" on peut en parler sans aucun problème. La dessus vous êtes mal tombé, par que nous sommes ( je parle de mes collègues qui suivent la sorcière Royal) contre la corruption et pour la vraie transparence... Inutile de sortir des inepties historiques du genre "les libéraux ont inventé les droits de l'homme".
Le système socialiste est Le système de la corruption légale. On donne aux uns en faisant payer aux autres en utilisant la coercition. On achète la paix sociale à coup de subventions et de passe-droits (légaux). Ce sont toujours les plus visibles, les plus nuisibles ou les plus violents qui récoltent le jackpot.
On dégrève le fuel des marins pécheurs (ce sont les autres qui payent). On favorise le bio (ce sont les autres qui payent) on limite le nombre de taxi , de notaires. On crée de jolis monopoles (Vélib). On subventionne massivement l'agriculture (tant pis pour les pays pauvres). On donne de belles indemnités de départ aux employés des grandes entreprises qui seront payées par les artisans, les PME et les TPE non "visibles et non "médiatiques", les fonctionnaires se font payer leurs retraites par le privé, les intermittents cotisent sept fois moins qu'il ne touchent, etc., etc. La liste est infinie.
Les socialistes (de droite ou de gauche), champions poids lourds de la corruption on trouvé le moyen de diriger l'association anticor, celle qui lutte contre la corruption illégale. C'est un peu comme quand la mafia dirige des oeuvres de charité.
Beurk.
@El Fredo
Je connais tout à fait les diagramme de Nolan ; il y a 4 quadrants (socialiste, conservateur, étatiste et libéral) et donc droite-gauche ne veut plus rien dire dans cette représentation.
Sur la corruption, vous ne trouverez pas non plus beaucoup de politiciens qui diront qu'ils ne sont pas contre. Cependant, il y a ceux (les libéraux) qui veulent mettre en place un cadre légal et institutionnel qui désincite à la corruption ET au clientélisme et il y a les autres qui ne vont pas au delà des déclarations de principe.
Enfin, les monopoles naturels existent, vous avez raison. Cependant, il n'est pas évident qu'il soit préférable que ces monopoles soient gérés par le public et surtout, en aucun cas, il ne peut être justifié d'interdire l'entrée sur un marché naturellement monopolistique : soit c'est un vrai monopole naturel, et aucun concurrent n'entrera spontanément sur le marché (jusqu'à ce que les progrès techniques fassent qu'il ne s'agisse plus d'un monopole naturel), soit ce n'est pas vraiment un monopole naturel et on a fabriqué artificiellement un monopole.
@Dagrouik
Il n'y a pas un nombre colossal de corrompus (connus) au sens strict en France, mais le clientélisme (forme soft de corruption) est généralisé.
Ensuite, en imposant des choix à des individus "pour leur bien", les élus se conduisent comme des despotes "éclairés" et traitent les gens comme des crétins irresponsables ; c'est très méprisant. C'est pourquoi la démocratie doit être encadrée et que les choix décidés à la majorité (c'est à dire sans que tout le monde soit d'accord) doivent être réduits au minimum.
C'est pas parce qu'on est une majorité (ou qu'on a le pouvoir parce qu'on a eu une majorité de vote), qu'on a le droit de brimer une minorité.
@Leonidas : Et sinon le far west comme modèle de société libértarienne vous avez oublié ?
Quand les élus traitent les citoyens comme des crétins, ils se prennent des claques: Lionel Jospin par exemple. Et je suis très sérieux, je peux écrire des tonnes sur ce sujet.
Ensuite vous proposez de tout changer,alors que nous proposons de rajouter de la transparence, vous de laisser tout le monde gérer tout seul dans un modèle un peu trop flou et pas du tout réaliste.
Et d'où vient la corruption ? de l'appât du gain et de rien d'autre, par ce que là le pouvoir acquis se manifeste par des gains financiers. le corrupteur récompense le corrompu en argent et récupère lui aussi de l'argent indirectement.
C'est le culte du fric, de la réussite de l'individu qui génère en partie ces mécanismes. Inutile de casser le système, il suffit de :
Inutile de mettre du marché, on régule, on fait de la transparence: Savoir où chaque euro d'argent public va, et on donne des moyens d'action à la justice.
@Dagrouik
Si les élus ne traitaient pas tous les individus comme des crétins irresponsables, on aurait le droit de choisir librement son assurance maladie, de choisir librement l'école de ses enfants, voire de se droguer librement.
Ensuite, l'homme est avide, égoïste et plein d'autres défauts. Et le problème avec les idéologies constructivistes (le socialisme p ex), c'est qu'elles veulent changer l'homme parce qu'il n'est pas parfait selon leurs critères. Cela conduit à la répression voire aux pires atrocités.
Vous voulez de la transparence? Comme pouvoir regarder sur les comptes en banque de chaque individu sans restriction ni contrôle d'un juge, pour s'assurer qu'il ne fait rien d'inapproprié avec son argent. Moi j'appelle cela violer l'intimité et la vie privée des individus, j'appelle cela du flicage et des méthodes fascistes. Vive les paradis fiscaux, car leur secret bancaire protège la vie privée des gens.
Quand au far-west, j'avais parlé des US du 19e siècle comme exemple d'une société proche du libertarianisme. Cela incluait aussi les US du nord est. Et puis de toute façon, je ne suis même pas libertarien, mais libéral classique, donc pas un inconditionnel du far west comme vous le supposez.
@Dagrouik,
Et d'où vient la corruption ? de l'appât du gain et de rien d'autre
Et l'appât du pouvoir ? Il ne faudrait pas l'oublier.
La corruption, elle est généralisée à tous les niveaux. Rares sont les maires qui ne favorisent pas une forme de corruption en achetant les votes des uns et des autres. Les moyens d'achat sont légion : plan d'urbanisme, logements sociaux, emplois municipaux, ...
Ce système a la particularité d'être cautionné par les partisans d'un pouvoir public fort, qu'ils soient de gauche ou de droite. Pour tout dire, c'est même un des points sur lesquels je n'ai jamais constaté de désaccord entre eux : il y a un système en place qui ne doit surtout pas changer.
Le choix libéral qui consiste à ne pas donner de tels moyens à un élu local me parait très intéressant.
@Leonidas
Vive les paradis fiscaux, car leur secret bancaire protège la vie privée des gens
En pratique, les paradis fiscaux servent surtout à empêcher la justice de faire son travail.
Prenons une hypothèse de travail. Je te vole une valise de billets que je range à l'abri dans mon coffre qui se trouve être dans une banque d'un paradis fiscal.
Est-ce que tu trouve toujours aussi géniaux les paradis fiscaux qui me protègent ?
Les limites que je vois au libéralisme tel que tu le décris c'est que pour que la société fonctionne avec moins d'interventions de la puissance publique, il faut plus de transparence.
Pour faire un parallèle, le marché, c'est la société. Pour que la main invisible du marché joue pleinement son rôle, il faut supprimer autant que possible toutes les asymétries d'information que sont la vie privée des gens.
@oaz
"Prenons une hypothèse de travail. Je te vole une valise de billets que je range à l'abri dans mon coffre qui se trouve être dans une banque d'un paradis fiscal."
Prenons une hypothèse encore plus simple : quelqu'un me vole une valise de billet, il la cache chez lui ou n'importe où et on vient perquisitionner chez toi (c'est pas forcément toi qui m'a volé), on viole ton intimité et ce sans l'autorisation d'un juge. Qu'en dis tu?
En Suisse, on peux avoir accès aux données bancaires, mais il faut l'autorisation d'un juge. En France, l'administration fiscale peut y avoir accès sans restriction et sans contrôle d'un juge. Moi je trouve ça grave.
"Pour que la main invisible du marché joue pleinement son rôle, il faut supprimer autant que possible toutes les asymétries d'information que sont la vie privée des gens."
Rassure-moi, j'espère que tu ne penses pas qu'il faut violer systématiquement la vie privée des gens. Sinon, tu te rends compte que c'est énorme ce que tu dis.
Il y a un truc qui me fascine, c'est l'affirmation que le libéralisme supprimerait le clientélisme. Mais qu'est-ce que le minarchisme, sinon un système de clientélisme généralisé ? Car tout est possible si un contrat a force de loi. Je constate que personne ne m'a encore répondu sur ce point. Et les raisonnements du genre : "certains élus pratiquent le clientélisme, donc réduire leurs pouvoirs réduira le clientélisme", moi je trouve ça affligeant. Tu as un robinet qui fuit ? Résilie ton abonnement eau. Plus d'eau, plus de fuite, problème résolu !
@Leonidas,
Oui, je sais, c'est énorme ce que je dis mais ce n'est pas moi qui ai commencé !
Mais si l'accès aux données bancaires nécessite un juge alors on est d'accord. Maintenant tu peux aller demander à Eva Joly ce qu'elle pense des paradis fiscaux et à quel point les juges y ont accès aux données dont ils ont besoin...
@El Fredo
Si la distribution d'eau n'est pas tenue par un monopole, tu peux aussi changer de fournisseur.
Le problème des élus locaux et du clientélisme, c'est qu'ils contituent un véritable monopole qui est incontournable pour de nombreux actes de la vie quotidienne : se loger, faire garder ses enfants, créer du lien social via une association, etc.
Tu trouves que c'est une situation optimale ?
Que tu prennes une optique étatiste ou libérale, le clientélisme est effectivement généralisé. La différence, c'est que dans un cas tu es client d'un monopole et dans l'autre cas tu peux excercer un choix.
@oaz : "Si la distribution d'eau n'est pas tenue par un monopole, tu peux aussi changer de fournisseur." Mouahahahahaha , pour l'eau , l'électricité et le gaz, le réseau est UNIQUE (personne ne va se casser le cul à investir dans un nouveau réseau de distribution), et l'eau, le gaz, le courant est celui du "monopole" qui est revendu a prix de gros à des "opérateurs" qui ne payent pas le réseau, ni sa construction et n'en produisent que très peu .
Renseignez vous un peu sur avant de parler de "fournisseur" : il ne produit pas ce que vous consommez. S'il le fait il l'injecte dans le réseau de l'ancien monopole. On se demande alors à quoi il sert.
C'est le cas avec le courant de POWEO par exemple, c'est du courant EDF revendu sous marque POWEO avec en plus taxation d'EDF reversée à POWEO et ses collègues.
Tout le monde tombe dans le piège, "mais ça marche avec internet et le telephone", bah oui, par ce que dans ce domaine là on parle de données informatiques avec protocole de réseau qui permettent de découper les données et de gérer leur trafic, vitesse et routage en fonction de données de contrôle. La "libéralisation" des télécoms est apparue juste après la numérisation des données téléphoniques qui aurait permis de toute façons une division par 1000 des couts de "production" d'une liaison télephonique. Tout ça s'appelle IP, TCP/IP ou ATM.
Ceci n'est pas possible pour l'eau, le gaz, l'électricité, et idem pour le rail et le transport férré. TCP/IP gère les collisions lui !
Ensuite traiter les élus de monopoles, ben vouons après la référence au Far West on aura tout vu ! la démocratie c'est les soviets donc ?
@oaz : "Si la distribution d'eau n'est pas tenue par un monopole, tu peux aussi changer de fournisseur." MDR ! comment répondre totalement à côté de la plaque. Parce que changer de fournisseur de flotte va résoudre mon problème de robinet qui fuit peut-être. Merci d'avoir égayé ma journée.
Et tu veux savoir ce qui est pire qu'un monopole ? Un oligopole. Cas d'école : la téléphonie mobile en France. 3 fournisseurs, 3 réseaux redondants. Tu vas me dire que c'est la faute à l'Etat et à la régulation qui empêche de nouveaux entrants ? Bien, traversons l'atlantique. Là-bas, où la réglementation est beaucoup plus légère, il y a non seulement duplication des réseaux, mais également duplication des normes, toutes incompatibles entre elles. En Europe et dans une grande partie du monde, on a au moins le GSM, la faute aux méchants régulateurs étatistes. Qu'ont fait les américains en Irak sitôt les combats terminés ? Ils ont planté des antennes CDMA, alors que l'Irak est en GSM.
Prenons un exemple encore plus dérégulé puisque totalement libre : la guerre Blu-Ray contre HD-DVD (et encore, on évitera de parler des autres normes). Après des années de guerre, le Blu-Ray a réussi à s'imposer, mais au moment où le consommateur n'en a plus besoin puisqu'on s'oriente désormais vers la dématérialisation.
Encore un exemple ? Le "marché" des ascensoristes. Si tu as été copropriétaire ces 5 dernières années, tu sauras de quoi je parle.
L'erreur c'est de croire que le marché s'autorégule de façon naturelle. C'est en règle général faux, le marché s'autorégule uniquement à l'intérieur de marges bien définies, l'autorégulation en l'absence de règle constituant l'exception. Et qui peut définir ces marges sinon l'Etat ou l'une de ses incarnations ?
Supprimons donc les terre-pleins centraux et les marquages au sol sur les autoroutes, et misons sur la responsabilité individuelle des conducteurs, qui après tout agissent toujours dans leur meilleur intérêt n'est-ce pas ? Quand tu en auras assez de compter les morts, tu rétabliras vite fait toutes ces barrières artificielles et étatistes.
Fichtre ! Si on m'avait dit qu'un jour je me retrouverais à défendre une vision libérale.... M'enfin...
@Dagrouik,
Je suis bien d'accord sur la stupidité de la dérèglementation du marché de l'énergie qui nous conduit actuellement, pour autant que je sache, à faire acheter par EDF de l'électricité à des petits producteurs à un tarif bien supérieur à celui que le même EDF vend à ses clients, y compris les producteurs en question. Mais, ça, ce n'est pas de la faute du marché, c'est de la faute du régulateur (je crois que c'était De Villepin en l'occurrence).
Je ne vois pas pourquoi il serait si inconcevable d'avoir une infrastructure publique et neutre pour le transport (de marchandises, d'eau, de gaz, d'électricité, de ce que vous voulez) et d'avoir une concurrence qui intervienne là où elle peut optimiser l'efficacité (la production, la vente).
Que je sache, depuis la révolution française qui a supprimé le "droit de permis", personne n'a rétabli d'entrave à la liberté de transport. Pourquoi ce qui fut et est encore appliqué aux routes, ne serait pas transposable, dans une certaine mesure, dans d'autres domaines ?
@El Fredo,
Ce que tu décris, ce n'est pas un oligopole, c'est un cartel et c'est effectivement pire qu'un monopole car il y a illusion de la concurrence. Le problème de Blu-Ray et de HD-DVD, c'est que des industriels ont voulu se former en cartel pour rendre captifs les consommateurs.
Je ne crois pas avoir dit que l'auto-régulation sans aucun état était la panacée. D'ailleurs, je n'ai pas non plus lu un seul intervenant dans cette discussion demander la suppression de l'état. Il s'agit de savoir à quelle place on veut mettre le curseur.
Qu'un état impose des normes, ou, encore mieux, qu'un état impose aux acteurs économiques de mettre dans le domaine public les standards qu'ils utilisent, ceci afin de faciliter la concurrence, cela me semble tout à fait souhaitable. Ca rejoint d'ailleurs l'idée de diminution de la propriété intellectuelle. Si tu supprimes la protection du brevet sur le Blu-Ray ou le HD-DVD, tu supprimes la guerre entre les deux technos...
L'erreur ce n'est pas de croire que le marché s'autorégule de façon naturelle mais de croire que les régulations qui vont protéger un des intervenants du marché ne vont pas être néfastes à un autre intervenant de ce même marché.
Sur la circulation routière et l'auto-régulation, encore une discussion intéressante mais dans laquelle je ne vais pas me lancer avec quelqu'un qui caricature tout en faisant mine de confondre efficacité optimale et anarchie.
PS pour Dagrouik : TCP/IP, en tant que protocole de routage et de transport, n'a pas besoin de gérer les collisions.
@Oaz : désolé si je me suis emmêlé les pinceaux entre les différents commentateurs, mon commentaire ci-dessus s'adressait pour l'essentiel aux tenants du minarchisme/anarcapisme.
L'erreur ce n'est pas de croire que le marché s'autorégule de façon naturelle mais de croire que les régulations qui vont protéger un des intervenants du marché ne vont pas être néfastes à un autre intervenant de ce même marché.
Je pense qu'il n'y a pas une mais deux erreurs symétriques : le tout-marché (la main invisible, tout ça) et le tout-Etat (l'économie planifiée soviétique). L'optimum se situe entre les deux, et relègue les deux extrêmes au rang d'utopie.
Pour moi l'Etat doit avoir un rôle de régulateur fort, mais ne doit pas être un agent économique au même titre qu'une entreprise. Autrement dit, l'Etat ne doit pas posséder d'entreprise publique qui ne soit en situation de monopole naturel (ce qui pour moi inclut le service postal de base), et a même intérêt à contrôler (d'une façon ou d'une autre) tout monopole naturel pour éviter les abus de position dominante. De plus la régulation doit s'appuyer sur la recherche d'un optimum social (la redistribution des richesses dans l'intérêt du collectif), le marché assurant l'optimum économique (l'allocation des ressources) dans le cadre ainsi défini. Cf le caractère redistributif de l'impôt progressif sur le revenu.
Sinon, concernant TCP/IP, il y a quand même des mécanismes de contrôle de congestion et de retransmission. Ça ne s'appelle peut-être pas collision, mais c'est le même concept à un plus haut niveau.
@Oaz : "Je ne vois pas pourquoi il serait si inconcevable d'avoir une infrastructure publique et neutre pour le transport (de marchandises, d'eau, de gaz, d'électricité, de ce que vous voulez) et d'avoir une concurrence qui intervienne là où elle peut optimiser l'efficacité (la production, la vente)."
Enfin quelqu'un qui pose la bonne question, et encore vous mélangez le transport non ferroviaire avec le reste. Ce qui n'est pas tout à faire la même chose.
L'eau, le gaz qui sont des fluides. Le gaz comme l'eau adorent profiter des fuites pour mettre le bronx, c'est dans leur nature physique. L'eau qu'on consomme au robinet ou pour l'industrie, agriculture vient de sources, nappes ou re-traitement et transite par des tuyaux.
Jusque là personne ne va me dire "erreur".
Pour l'électricité c'est un peu pareil ( sauf que ce n'est pas un fluide) et que les réservoirs d'électricité sont hors de prix.
Maintenant imaginez que des producteurs d'eau, vendeurs d'eau veuillent diffuser de l'eau dans un réseau public et neutre. Vous me dites vouloir faire intervenir "une concurrence qui intervienne là où elle peut optimiser l'efficacité (la production, la vente)."
Cette concurrence glorieuse dans l'esprit des libéraux va être optimale : Elle va concevoir des produits différents ( comme si la recherche publique ne le pouvait pas) et proposer une
escroqueriegamme de prix intéressante pour lesactionnairesconsommateurs. Par exemple de l'eau légèrement bleue, ou de l'eau avec du calcium pour les vieux ! un marché d'avenir sans doute.Certes, mais comment identifier dans le gros tuyaux d'eau qui alimente plusieurs arrondissements de Paris l'eau de Monsieur Top-Eau et Monsieur Lyonnaise-des-zoos ? Et si on rajoute 3, 4 , 5 ou 10 producteurs d'eau. C'est bien dommage par ce que la nature de l'eau va faire que tout va se mélanger. On peut faire l'essai chez soi avec une bassine pour vérifier ce concept physique de base.
Il est donc impossible physiquement de différencier les flux d'eau des différents producteurs et donc de les distribuer au bon client. Tout se mélange, adieu facturation, adieu innovation marketing, adieu concurrence. Sauf si le producteur indépendant se transforme en opérateur, et construit son propre réseau de distribution. On en imagine rapidement le coût faramineux pour les actionnaires et le bordel géré dans les immeubles si un habitant veut du Top-Eau à la place de Lyonnaise.
Pour le gaz c'est pareil ! Jusque la tout le monde a suivi ?
Pour l'électricité c'est la même chose, avec en plus la difficulté du non stockage de l'électricité qui fait que sur des réseaux différents avec producteurs différents (exemple Amérique du nord) et interconnectés.. On peut avoir des soucis en cas d'évolution rapide de la consommation : risque de black-out au niveau d'un état ou du pays tout entier. Cela se produit de temps en temps aux USA, et on le risque un peu chez nous.
On notera qu'il est possible d'être petit producteur d'électricité et de revendre son électricité à EDF qui a l'obligation de vous la racheter. Mais 6 fois plus cher que le prix de ce le voisin pékin lambda consomme et achète à EDF. Drôle de mise en concurrence et de promotion de l'énergie propre.
Voilà . C'est clair ou j'en rajoute une couche d'explication ? tout mise en concurrence avec ce type de produit est impossible. C'est une fausse concurrence comme Poweo / EDF.
Ensuite on peut expliquer ce qui se passe dans la libéralisation des télécoms. Exemple présenté toujours comme la référence par les tenants de la concurrence libre et non faussée.
En gros depuis la fin du 19e siècle et jusqu'à nous jours, c'est construit un réseau de communications téléphonique : de l'électricité dans des fils de cuivre enfouis dans le sol, les égouts etc...
Quand on a libéralisé les télécoms, on a donné à des entreprises privées le droit d'être opérateur ( Licence L4 selon le code des télécoms française). En même temps dans les années 70 et 80, FT a numérisé son réseau . Avant c'était analogique ( criioiiiiiouiuiuiuicriiriiiii dans les oreilles) et depuis c'est numérique 0-1-0-1-0-0-1. Vous vous souvenez de numeris par exemple? l'ADSL c'est un cousin éloigné de numéris.... Le réseau, les produits et la distribution ont été numérisés. C'est devenu de l'informatique tout simplement.
Et dans ce domaine on dispose de protocoles de transport de l'information. On sait diriger une information d'un opérateur par un chemin plutôt qu'un autre. On sait donner un "poids" à une information d'un opérateur donné, on sait "compter" . En gros le téléphone est passé sur Internet. Et InterNet c'est inter (entre) Net (réseaux) donc des interconnexions de réseau. Et les opérateurs peuvent tenir comptabilité des volumes et services offerts aux autres opérateurs et se facturer entre eux dans la joie et l'allégresse. Surtout ceux qui sont propriétaire du réseau où tout se balade : la paire de cuivre qui par de chez vous par exemple, ça vaut très cher: on sait tout faire passer par ce truc qu'on appelle réseau de collecte: téléphone, internet, TV. Ca appartient à France Télécom qui l'a chèrement payée (investissements des 50 dernières années en gros). Depuis quelques temps en plus, FT à mis en place de la fibre optique pour remplacer certaines parties du réseau qui était en cuivre.
On trouve aussi des opérateurs qui ont leur propre réseau de collecte. Il suffit de se promener dans les zones d'activités à fort présences de services pour voir sur le trottoir des plaques à logo COLT. Par ce que là Monsieur COLT avec sa licence L4 qui lui en donne le droit, à creusé le sol et fait passer ses gros câbles de cuivre ou sa fibre optique. Ca coute cher de faire ça, faut avoir les reins solides : il faut savoir gérer des travaux de génie civil. C'est ça aussi le métier d'opérateur, ça sent la sueur, les travaux, les plans et les cogitations dans tous les sens. Ce ne sont pas des lopettes.
Par contre les lopettes ont des licences L3 ou même L4. La 3 ne permet pas de faire des trous dans le sol pour faire passer ses propres câbles, ou c'est aussi ça le truc bien d'installer ses équipements dans les zones de partage de ressource de l'opérateur "historique". Ils l'appellent comme ça, pour ne pas prononcer sa marque, et donc informer leurs clients qu'ils sont dépendant parfois à 100% de FT. Mais on les appelle aussi opérateurs pour leur donner un semblant de rôle industriel. Les Lopettes louent le réseau des autres et vendent leur marque. Pire encore, les lopettes ont vu le réseau de cuivre et les fibres optiques des opérateurs qui sentent la sueur et ont eu une idée : Obligeons ces vilains opérateurs qui puent la sueur de nous louer à vil prix le cuivre. Ça a fonctionné, merci Bruxelles et le lobbyisme. Et pour la fibre optique, c'est pareil : Les lopettes ne veulent pas payer le réseau et faire passer leur fibre dans des réseaux, les égouts et autres. Ils veulent juste encaisser les abonnements de leur futurs clients.
Là aussi on voit donc que comme pour POWEO/EDF : Une fausse concurrence ! Et qu'on ne me dise pas que ça fait baisser forcément les prix, par ce qu'aux USA où la concurrence est plus sauvage on paye 2 à 3 fois plus cher l'ADSL qu'en France, et parfois avec des débits moindre et des offres limitées.
@El Fredo,
On est donc bien d'accord : c'est une question de curseur entre le tout état d'un côté, le tout privé de l'autre et toute la palette de nuances entre les deux. En ce qui me concerne, je ne vois pas l'état en tant qu'agent économique mais ce n'est pas pour autant qu'il devrait se cantonner à la police et à la justice. L'instruction, une infrastructure de transports et une partie de la santé me semblent devoir dépendre de ses attributions.
@Dagrouik,
Qui a parlé de différents types d'eau ou d'électricité ? Il serait bien évidemment stupide d'un point de vue économique de se lancer dans la multiplication des réseaux.
Maintenant, si l'on prend comme principe de base une infrastructure publique de transports qui existe hors du secteur marchand (un réseau routier, un réseau ferroviaire, un réseau électrique, un réseau de distribution de l'eau, etc.), pourquoi ne pas tirer parti de la concurrence là où elle peut être efficace : à la production et à la commercialisation ?
Bien évidemment, un seul type d'électricité circule dans les "tuyaux" mais cette électricité peut être produite et vendue par des acteurs différents. Puisque cette électricité est la même, un système de bourse d'échange peut mettre en relation producteurs et vendeurs (c'est d'ailleurs déjà en partie ce qui se passe...)
Et l'exemple d'EDF qui est obligé d'acheter l'électricité à un tarif prédéfini est, bien sûr, tout sauf libéral, c'est même le pire de ce qui pouvait être fait : donner l'illusion d'une dérèglementation en imposant des règles qui font qu'une partie du système est encore plus règlementée qu'avant.
Sur l'exemple des télécoms, l'argument "l'ADSL aux USA c'est cher" est le bienvenu car, justement, aux USA, la boucle locale est bien plus soumise à des situations de monopole qu'en France !!!
Par ailleurs, là où la concurrence est la plus forte (téléphonie mobile notamment) les tarifs sont bien moins élevés. Et pendant ce temps, en France, le gouvernement fait ce qu'il peut pour empêcher Free d'entrer sur ce marché et ainsi préserver les copains du président. Vive la non-dérèglementation...
Notez que Sabine Herold vient de publier "Le bouffon du roi", un double pamphlet au vitriol, accusant Olivier Besancenot et Nicolas Sarkozy de pratiquer une alliance objective au service de leurs pouvoirs réciproques.
Voir l'interview de Sabine Herold sur France 3 :
http://www.youtube.com/watch?v=PoOz...
et le site dédié au livre :
http://lebouffonduroi.fr
33,2 millions d’américains (1 sur 9) reçoivent des bons d’aide alimentaire.
One in nine Americans are using federal food stamps to help buy groceries as the country’s deep recession forced another 591,000 people onto the federal anti-hunger program at latest count.
March 2009 - 33.157 million.
February 2009 - 32.556 million.
January 2009 - 32.205 million.
December 2008 - 31.784 million.
November 2008 - 31.097 million.
October 2008 - 31.050 million.
Sept 2008 - 31.587 million.
http://news.yahoo.com/s/nm/20090603...
Depuis quelques années, toutes les télévisions diffusent des reportages sur une certaine Sabine Herold, fondatrice de l’association ultra-libérale Liberté Chérie, présidente du parti Alternative Libérale.
Justement, le parti Alternative Libérale présentait des listes pour les élections européennes.
Electeurs inscrits : 44 282 679.
Alternative Libérale a obtenu 17.051 voix, soit 0,03 % des électeurs inscrits.
http://www.ipolitique.fr/archive/20...
C'est quoi cette police qui fait mal aux yeux ?
Screenshot
Aux environs des 3/4 de l'audio joint, Herold nous (re)balance l'argument imparable du triple play, comme avancée pour les Français (ils ont le choix, c'est une bonne chose) > justifier ainsi les privatisations. Elle l'avait également dit lors d'un "débat" avant les dernières européennes.
Je serais curieux de la réentendre à ce sujet, aujourd'hui.