Cet ancien président du conseil d'administration du Nasdaq, l'une des deux grandes bourses de New York était arrivé à l'âge de ses 70 ans à être l'un des meilleurs pilliers du conseil et de l'investissement de Wall Street, à la réputation impeccable et cumulant une liste de clients exclusifs. La Sec est apparue totalement surprise à l'annonce de son arrestation selon le New York Times. 

Ce résume trouvé sur France-Soir, vous montre que l'escroc était quelqu'un de très réputé. Pensez donc un des piliers de l'investissement et du conseil. Ces gens là peuvent vous promettre 15% de rendement annuel lors d'un diner entre gens biens et rien qu'a vous. Forcément, on est entre gens biens : Dirigeants, riches rentiers et héritiers sans doute exténués par des années de travail.

Donc voilà un génie aux yeux de ses pairs et de ses clients. Il faut dire qu'il avait présidé le conseil d'administration du NASDAQ et donc trompé dans la bulle TIC des années 2000. Et ce génie ne s'est adressé au tout-venant. Son entreprise recrutait ses clients sur invitation. Et cela durait depuis quelques années. Il fréquentait les très select clubs pour riches nantis, et y sélectionnait ses clients.  Un génie qui apparait tout seul, nul besoin de frotter un vieux bouzin. C'est très pratique pour les clients qui se sentent alors supérieurs aux autres. Et avec une tronche comme celle-là, ça rassure le vieux riche qui a un patrimoine à placer.

Ceux-ci ne se sont pas inquiétés, pensez donc, la belle affaire que voilà : Des rendements prévus de l'ordre de 15% voilà de quoi financer toutes sortes d'autres affaires. Ce fantasme de 15% m'en rappelle d'autres, comme ceux des fonds de pensions qui réclament eux aussi des rendements de 10 ou 15%. Tout cela est lié, pas la peine d'être devin ou expert.

Le New York Times rapporte qu'une firme de conseil en hedge funds, Fairfield Greenwich Group, aurait investi 7,5 milliards de dollars avec Madoff. On se demande quelles seront les conséquences sur l'économie réelle de telles échecs. On sait déjà ce que les obligations de rendements loufoques ont produit dans le monde réel: Augmentation de la pauvreté des salariés, précarité , délocalisations et salaires de misère dans les pays "cible"...

Les pourris bouffent entre eux et s'escroquent mutuellement. Tant que le système reste fluide, les gogos restent dans l'illusion de la martingale et s'endettent auprès d'autres organismes sans doute eux aussi clients de la martingale.

Certains font semblant de s'étonner comme celle là citée par le Figaro:

A Londres, une personnalité de la City, Nicola Horlick, présidente d'une société de gestion cliente de Bernard Madoff, a dénoncé la «défaillance systémique» des autorités de régulation américaines. «Il est étonnant que cette fraude manifeste ait perduré semble-t-il depuis si longtemps, probablement depuis des décennies», a-t-elle déclaré.

Vous comprenez aisément qu'on peut les appeler gogos. Celle la préside un groupement de gogos et s'étonne d'avoir été cliente d'une fraude manifeste. Ni plus ni moins. Cette idiote va sans doute devoir expliquer dès lundi à ses clients gogos que leur oseille avait rétréci au lavage.

De l'autre coté des Pyrénées , le crétinisme financier se manifeste aussi, selon le quotidien Daily ABC "a large proportion of Spanish banks invested their clients' funds in Madoff products." On chiffre le montant total à 3 Milliards de $. Par dessus les Alpes, dans le pays du banquier discret et fiable, la Suisse on découvre qu'après les subprimes, ce sont 5 milliards de $ qui vont devoir changer de colonnes dans les registres avant que les victimes crétins des alpes ne réclament leur dû.

Quand à la France pour l'instant aucun aveu, il faut se contenter de ce que le Wall Street Journal annonce : la BNP-Paribas se serait fait elle aussi avoir. Giant French bank BNP Paribas, Tokyo-based Nomura Holdings Inc. and Neue Privat Bank in Zurich are also exposed, according to people familiar with the matter. Vous vous souvenez des têtes des banquiers sur le perron de l'Élysée au moment de la crise des subprimes ? Pour eux tout était sous contrôle. Restera sans doute à déterminer la nature du contrôle... et à voir leurs grimaces si jamais ils acceptent de répondre aux questions des journalistes.

En tout cas, selon le WSJ, les victimes US, la bande de gogos ce n'est pas du tout venant :

The alleged fraud has "swept up some of the most prominent and wealthy Americans, along with many people who thought they were embarking on a comfortable retirement and have now been left destitute," says Brad Friedman, a lawyer at Milberg LLP, which with Seeger Weiss LLP represents more than 30 investors with losses they believe could total more than $1 billion.

Quel sera le profil des gogos européens ? On en frémit d'avance. Cela confirmera une chose simple : On peut être riche, cultivé, bien élevé et être bête à manger du foin....

Voilà ce qu'on lit sur la fiche Wikipedia de Ponzi :

Ponzi was bringing in cash at a fantastic rate, but the simplest financial analysis would have shown that the operation was running at a large loss. As long as money kept flowing in, existing investors could be paid with the new money, but colossal liabilities were accumulating.

Ça vous rappelle rien ? Maintenant remplacez Ponzi par neo-liberalism. Ca va vous sembler bien plus clair. Il suffit de voir tout cela dans un contexte d'économie qui fonctionne sur des bulles spéculatives avec des cycles violents.

neo-liberalism  was bringing in cash at a fantastic rate, but the simplest financial analysis (des vaches) would have shown that the operation was running at a large loss. As long as money kept flowing in, existing investors could be paid with the new money, but colossal liabilities were accumulating.

Et sinon, cliquez sur le lien qui parle de vaches, vous allez retomber sur un récent épisode qui montre que les autorités de régulation US ne sont pas très fiables. Alors les gogos libéraux qui nous bassinent avec leur autorégulaion et éthique, comment dire : allez vous faire foutre! Par ce que tout le problème est là dans une seule phrase :Madoff, 70, who had advised the SEC how to regulate markets. La confusion juge et partie, ça ne vous rappelle rien, comme les agences qui mettaient des AAA à tout le monde surtout quand ce petit monde les payait grassement. Ici le juge est devenu délinquant.