London s'est donc exécuté, et je l'en remercie. Cela ne veut pas dire que je suis devenu en 24 h adepte du libéralisme, mais que je pense que le débat mérite qu'on s'y attarde un peu et qu'on corrige certaines conneries et abus de langage. Le droit à l'erreur existe, j'ai du parfois qualifier la politique de Sarkozy de néo-libérale, mais je pense qu'il s'agit d'un néo-conservateur français. Espèce d'un nouveau genre qui essaye de faire le mariage de plusieurs droites dont certaines sont contradictoires sur des sujets majeurs.
La parole à London, la mise en page est la sienne avec quelques corrections.
Pour commencer ce billet, je voudrais revenir un peu en arrière, à la naissance
de la gauche et de la droite. L'origine de cette dualité est née le 27 août
1789, lors d'une assemblée constituante. Il s'agissait de déterminer dans cette
nouvelle monarchie parlementaire si on allait laisser au roi un droit de
blocage, le droit de veto. Les députés se sont donc placé en fonction : à
Droite, ceux qui soutienne le roi, à Gauche les opposants. Pour faire simple,
la bataille était entre les républicains révolutionnaires et les conservateurs
royaliste.
Trois Droites, et deux de Gauche
Les ultracistes sont la première droite, la droite originelle : elle est
composé des contre révolutionnaires, des royalistes, des traditionalistes
religieux. Ne nous y trompons pas, il ne s'agit pas d'ennemis de la liberté.
Leur point de départ idéologique est tout simple : il existe un ordre naturel
dans l'univers, tout changement artificiel venant interférer avec la volonté
divine (la révolution française) est donc à proscrire. Pourtant, accusé
d'autoritarisme, ils n'en sont pas moins adeptes d'une certaine liberté par
rapport au roi et d'une certaine décentralisation qui laisse la place aux
féodalités locales. C'est de là que viendront les dissensions avec Charles X et
la révolution de Juillet.
La deuxième Droite est née à la gauche des ultras. Ils reconnaissent la
révolution mais restent attachés à la monarchie parlementaire. Elles va prendre
définitivement son indépendance avec les ultras au moment du choix du Duc
d'Orléans comme régent, qui ne reconnaissent pas sa légitimité (d'où
l'opposition « légitimistes » / « orléaniste »). Cette nouvelle droite est
parlementariste, libérale, mais aussi conservatrice. Elle se caractérise par
des slogans « ni droite, ni gauche » et c'est des contours de cette double
opposition que naîtra réellement la pensée orléaniste.
Crise économique et crise sociale, la révolution de Février 1848 éclate. Le
suffrage universel est adopté et Louis Napoléon Bonaparte, avec le parti de
l'Ordre devient le premier président élu de la seconde République. Cette
nouvelle droite est en fait une fusion entre des républicains de gauche, les
libéraux et les conservateurs. Face à la difficulté à tenir les deux autres
droites ensemble et d'obtenir la possibilité de se représenter à sa propre
succession, Louis Napoléon Bonaparte provoque le coup d'Etat. Nous avons donc
la troisième droite, « bonapartiste », qui repose sur l'autorité, la légitimité
du peuple et le caractère rassembleur.
Le sarkozysme, un bonapartisme ?
Maintenant, essayons de trouver sur l'échiquier politique de droite qui va
où. Vous aurez sans doute reconnu dans la tradition des ultras le Front
National, Bayrou et l'UDF dans le rôle des orléanistes. Et Sarkozy
?
Reprenons chacun des axiomes qui caractérisent le bonapartiste :
Autorité : Discours ferme contre les délinquants en tant que ministre de
l'intérieur, la dénonciation de Mai 68, lois sur la délinquance des mineurs,
peines planchers.
Légitimité du peuple et caractère transpartisan : gouvernement d'ouverture,
président au dessus des partis, commission Attali.
La paternité ainsi établie, comment se caractérise ce bonapartisme sarkozyste ?
Libéral ? « Néo-conservateur à passeport français » ?
Sarkozy, faux libéral, faux conservateur ?
Donnons deux définitions rapides du libéralisme (et oui, encoreJ ) et du néo
conservatisme.
Le libéralisme repose sur 3 principes : liberté, propriété
privé et responsabilité. La conséquence de ce système, c'est la diminution d'un
pouvoir central de l'Etat et des impôts pour donner la possibilité à l'individu
de faire ses propres choix, d'en assumer les conséquences, bref d'être
responsable de ses actes.
Le néo conservatisme repose sur une doctrine simple : exit le relativisme des
valeurs, retour des Etats-Unis sur la scène internationale et des valeurs
civilisatrices (comprendre le Bien contre le Mal). L'Etat doit être fort et
peut s'arroger le droit d'intervenir sur son sol et dans le monde au nom de ces
valeurs (« plus jamais Auschwitz »). On confond souvent libéralisme et
néo-conservatisme car ces deux courants de pensée prennent la liberté comme
postulat. Sauf que si le premier défend la liberté inaliénable par la voie
démocratique et l'auto détermination des peuples, le deuxième est prêt à
utiliser la force (ce qui le rend « un peu » contradictoire). On confond aussi
néo-conservatisme et droite, mais la naissance de cette pensée est à gauche,
chez d'anciens trotskistes face à l'échec du socialisme en URSS et le
délitement supposé des valeurs morales. Ce qui n'a pas empêché la récupération
politique par un certain Georges W. Bush.
Sarkozy est-il libéral ? On serait susceptible de le penser quand il annonce la
réduction des effectifs de l'Etat, ou le paquet fiscal de cet Eté qui vise à
diminuer les prélèvements fiscaux. Cependant, comme l'a rappelé le Figaro cette
semaine, 6 nouvelles taxes en 9 mois, ça ne plaide pas en sa faveur. Ni son
interventionnisme en faveur ArcelorMittal ou sa volonté de conserver le
protectionnisme européen de la PAC.
Sarkozy est-il néo conservateur ? On serait susceptible de le penser, car son
premier discours après son élection était clair : nous ne transigerons pas avec
les droits de l'homme. Au demeurant, il semble bien que la Realpolitik l'ait
emporté sur les discours de campagne : relations apaisées avec Poutine, la
Chine…
La « rupture » de Sarkozy n'est pas là. On sent bien que sa pensée politique
est un patchwork, de gauche et de droite, en bon bonapartiste. Sa « rupture »,
c'est l'aggiornamento de cette droite conservatrice par un fils d'un immigré
hongrois et d'une mère qui a divorcé et qui a travaillé pour vivre par
elle-même. Une droite post soixante-huitarde.
Le gaullisme est mort, vive le sarkozysme
London.
Commentaires
Merci London pour cette vision de notre TGH
Une bouillie informe et dépourvue de recul intellectuel...
Un sado-maso pervers et compulsif !
Voilà pour le TGH !
Pour London, merci d'abord et une question ensuite : le socialisme est-il un libéralisme ?
If there is a political creed behind Sarkozy’s government-of-all-the-talents populism, his urge to transcend party or policy, it can be found in what people call his Bonapartism. Bonapartism does not mean simply the possession of power by a short, ambitious man. It refers as well to a coherent ideology, which flourished in the nineteenth century, when the original Napoleon’s nephew, Louis-Napoleon, campaigned for, and eventually led, a Second Empire. Louis-Napoleon, who from 1848 until the disaster of the Franco-Prussian War, in 1871, ruled and modernized France—still its longest-serving head of state since the end of the ancien régime—gave form to a Bonapartism without a little general to lead it. His rule was by turns statist and entrepreneurial, devoted to French power and its extension, and not at all allergic to grand plans of rebuilding and the celebration of novelty.
This kind of Bonapartism has features that set it apart from monarchism or Republicanism or the monarchical-republican hybrid of Gaullism: where those are essentially conservative in rhetoric and rural by ritual, appealing to la France profonde and insisting on continuity even as change takes place (“the Quiet Power” was the Socialist Mitterrand’s slogan and self-description), Bonapartism is deliberately disruptive, urban, friendly to large capital, desperate for reform. Nostalgia for an organic, agrarian past has become a left-wing conceit now; Ségolène Royal became widely known for having received an “A.O.C.,” a certificate of appellation, for cabichou, a goat cheese from her region of Poitou-Charentes; it was her human-bomb moment, and she appeared in folk costume to present it. This is why some in Chirac’s circle were sure that Sarkozy could never win: not because he seemed vaguely Jewish and foreign but because he was inarguably Parisian. Yet the Bonapartist tradition is very much that of an outsider—whether Corsican or Greek-Hungarian—in a Parisian setting: opportunistic, authoritarian, maneuvering, personality-cultish, and successful. Louis-Napoleon remade Paris into the city we see today, boulevards and cafés alike. It is a creed that can be philistine—the recent Sarkozite claim that France suffers from too much thinking is pure Bonapartism. But its ideal would be to make Paris a world capital once again, however that had to be done. And this time there is no Bismarck at the gates, only a friendly German Frau, waiting to hug you as you plot to extend your influence.
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Sarko l'américain vu par les américains du New Yorker
Un petit hors-sujet : jmfayard, as-tu déjà eu le bonheur d'entendre le TGH ânonner en anglais ?
Très bon billet (sauf la fin : "vive le sarkozysme" !).
Je reste néanmoins sur ma faim. Le titre me laissait penser qu'allais avoir un éclaircissement sur le positionnement de Nicolas Sarkozy par rapport au libéralisme : je n'ai toujours pas compris.
Par ailleurs, je ne sais pas s'il a une pensée politique... Electoraliste, oui !
jon : pour le coup, Sarkozy ne fait ni mieux ni pire que 90% des populations hors langues germaniques et pays nordiques.
L'anglais est une langue très mal adaptée à la communication internationale, c'est tout.
Y'a
un trollune discussion en court à ce sujet dans les coulisses de BruxellesBon, on a l'intro. Un peu en vrac et très réductrice, mais on l'a.
Et ensuite quoi ?
Il manque toute la suite, là. C'est pas fini !!!
@ jon : ta question est délicate. Je vais essayer de donner ma définition du socialisme. Les socialistes sont attachés aux valeurs républicaines : liberté, égalité, fraternité. Jusque là, pas vraiment de différence entre les socialistes et les libéraux. Sauf que la valeur centrale change : le primat est l'égalité entre les individus, et c'est en s'attaquant aux inégalités que naitra la liberté. Pour faire le lien avec des théories économiques, le socialisme préfère un "second best", l'organisation de l'économie par l'Etat plutot que le "first best" qui serait le marché.
Par conséquent, socialisme et libéralisme sont des alliés objectifs pour les questions des modes de vie (homosexualité, droit à l'avortement) et en opposition sur la question des échanges. Il y a par ailleurs des connivences certaines avec les anarchistes de gauche et une partie des marxistes originaux.
Je crois qu'il existe cependant un libéralisme de "gauche", mais à l'extérieur du socialisme et du PS. Fabius et DSK ont été des libéraux, Rocard également. A l'exception du premier qui a retourné sa veste, ces deux derniers ont toujours été tenté par le centre (la droite orléaniste), preuve en est la dernière élection présidentielle et la tentation d'une alliance avec Bayrou.
Mais je dois avouer que je connais assez mal l'histoire des gauches en France. Il me semble que Wildo en avait parlé, peut être pourrait il nous en dire plus.
@jm : très bon article, et qui a l'avantage de pas trop mettre à mal ma théorie :-)
@Nicolas J : c'est vrai que j'ai été succint sur Sarkozy et le libéralisme. Disons que si on regarde des critères de classification comme l'importance de l'Etat (prélèvement, interventionisme), c'est difficile de la classer dans cette catégorie. Je crois que chacune des grandes formations politiques, Modem, UMP et PS, utilisent quelques recettes libérales : pour prendre quelques exemples, lois sociales sous Giscard, dérégulation des marchés financiers sous Mitterrand, décentralisation sous Chirac. Mais aucun n'assume totalement cet emprunt. Il ne faut pas oublier que Chirac parlait de "perversion intellectuelle" à l'endroit du libéralisme.
C'était la difficulté, Tonton Georges, j'ai essayé de faire court et dense. Je n'ai pas par conséquent tout développé. Sur quel point souhaiteriez vous un développement ?
Bravo ! à London et à Dagrouik .
Tu t'es calmé mon petit Dagrouik :
"Je n'aime pas qu'on qualifie Sarkozy de fasciste, de nazi ou d'ultra-libéral. Par ce que c'est faux, c'est une facilité de langage. Qui dit facilité de langage dit discours simpliste et qui n'accroche facilement qu'en apparence. Ca a été le cas de l'anti-sarkozysme primaire pendant la campagne présidentielle."
Et pourtant, que n'avez vous pas dit écrit et toi aussi sur lui !!!! Enfin, je préfère un homme (une femme) de gauche qui reconnait ses torts, celà te donne une vrai crédibilité.
C'est un bon début, a quand les propositions ? si vous continuer comme ca vous finirez par reprendre le pouvoir :) Et bien tant mieux pour la démocratie !
@Mistral: je n'ai pas changé: on ne combat pas des idées en faisant des autocollants sarko facho. Je me suis même fâché avec des jeunes cons pendant la campagne présidentielle à ce sujet. J'ai toujours considéré cet homme comme un néo-conservateur, un néo-con comme disent les ricains.
@dagrouik ton blog devient trés curieux :
un premier troll écrit un article à la suite duquel le second espère le retour du PS au pouvoir... t'es vraiment trés fort ;)))
j'en bafouille du coup...
@dagrouik (#11)
Le débat réationnel en politique, c'est fini depuis longtemps - vous ne prêcherez jamais que des convertis avec un tel argument pareil - et politiquement parlant c'est sans intérêt aucun.
Pour bien vendre votre produit, il faut un bon slogan. Et peu importe qu'il soit bien démago, l'essentiel est qu'il caresse dans le sens du poil les 5 à 10% d'abrutis congénitaux qui se foutent royalement de vos idées (ou de celles d'en face) mais qui vont décider du résultat final en votant "épidermique".
Ça, naboléon (dslé, c'est plus fort que moi) l'a parfaitement pigé. Ensuite, tout est dans le dosage subtil pour ne pas trop effaroucher les gens de son camp, mais si les électron libres sont avec vous, le reste suivra.
En politique, la fin justifie tous les moyens, y compris les plus vils. On en a la preuve chaque jour.
@Gael: relis mon introduction pour comprendre : vive le débat !
@ Balai de Chiottes : je suis pas loin d'être d'accord avec vous mais je crois que les camps ne sont pas si fermés que ça aux idées de leurs époques, les partis eux même évoluent. Il y a aussi parfois une infusion des idées lentes qui transforment notre perception de l'environnement : ça a en tout cas été le cas pour l'élection de Mitterrand et de Sarkozy. Mais la ligne politique doit être persistance, c'est ce qui donne l'impression de contenu.
Bien vu Balai de chiottes...
A quand le vote obligatoire ?
Pour london, et pour faire vite, j'ai bien peur de devoir personnellement considérer (je te rassure, je ne suis pas le seul) que le libéralisme politique s'appelle bien le socialisme... C'est un type du nom de Pierre LEROUX qui m'a fait découvrir cela. Un autre du nom de Jean JAURèS m'a aussi fait découvrir que la République sociale est l'aboutissement de la démocratie. De leurs analyses, il ressort que sans justice, la liberté n'est rien !
Georges ORWELL en connait un rayon sur le sujet...
(J'avoue que je suis en ce moment en train de me cogner de ces lectures qui remettent les point sur les i...)
Superpado, je suis désolé mais j'ai peur d'être moins indulgent que toi quant aux capacités linguistiques du Nain. Aucune excuse. Surtout de la part d'un avocat d'affaire de son espèce élevé au biberon neuilléen. Et je ne parle même de son pro-américanisme d'adolescent.
S'il veut gagner plus leur respect, va falloir qu'il travaille plus son anglais...
J'ai comme l'impression Jon que tu vas me donner du grain à moudre, et c'est tant mieux ! Et je veux bien que tu me fasses un topo de ce que dit Pierre Leroux et sur le lien entre socialisme et libéralisme. Pour moi, c'est le timing (liberté ou égalité en premier), et surtout le fait que libéralisme politique et économique sont les deux faces d'une même pièce pour les libéraux. Pour Jaurès, ça m'étonne un peu car je me souviens de sa fameuse phrase du renard libre dans le poulailler libre... Pour Orwell, je perçois mieux la filiation car on partage la même obsession anti totalitaire et une certaine méfiance vis à vis de l'Etat.
jon, c'est jmFayard qui c'est solidarisé avec Sarko...sur la maitrise de l'Anglais.
Mais ce n'est pas grave, pour une fois quelqu'un aura écrit quelque part que je suis indulgent avec le nain de l'Elysée, j'en ai fait une copie pour le montrer à mon oncle Sarkozyste dés fois qu'il pense à moi au Noêl prochain.
La lecture de ce billet et ses commentaires m'ont permis de me reposer des derniers délires Sarkozystes.
Soyez en remerciés.
Bon london, es-tu en train de suggérer un billet additionnel ? Tu te sens pousser des ailes de blogueur :)
Pour te répondre, j'ai peur de ne pas être un bon compilateur des penseurs socialistes du XIXe.
Sans parler du sort qu'on réserve en ce moment à celui qui a le malheur de prononcer le terme de social-libéral (terme que je réprouve aussi de par son ambigüité).
Bref, je veux bien en parler un peu mais je ne saurais te conseiller, comme références, de lire "Pour la Laïque, et autres textes de J. Jaurès", présenté par L. Loeffel et "Anthologie de Pierre Leroux, Inventeur du socialisme", présenté par B. Viard, ou encore "Orwell ou l'horreur de la politique" de Simon Leys.
Et pour te répondre un peu quand même sur le fond, le timing ne suffit pas à mon sens car, pour reprendre une formule royale, "tout se tient". Je dirais même plus, la garantie de justice est un préalable. Sinon, liberté et égalité ne sont que de vains mots (maux ?) qui ne s'appliquent en réalité qu'à certains privilégiés.
Véritable expérimentateur politique, Orwell, mon socialiste préféré avec Jaurès, a édifié sa doctrine sur la base des seuls idéaux de justice et de liberté.
Je reste convaincu que le socialisme est fille de la Révolution française. Que la maxime de Kant pour décrire la philosophie (libérale) des Lumières (Sapere aude ou "aie le courage de te servir de ton propre entendement", L. Loeffel, op. cit.) porte intrinsèquement en elle le socialisme. En cela, Leroux a voulu transcender l'idéal révolutionnaire, proprement libéral, inapte d'après lui à permettre l'émancipation des citoyens (aujourd'hui on parle de manière insipide d'individu) sans la garantie d'une certaine cohésion d'ensemble (définir le libéralisme politique en quelque sorte, même si je le vois plus comme supérieur aux domaines politique et économique - c'est sociétal à terme - maintenant que tu l'opposes). Donc, de là jaillissent la Nation, la laïcité, l'école obligatoire, bref, une doctrine intellectuellement cohérente et visionnaire, pour permettre à chacun de s'épanouir librement, en société. Et il a "inventé" le socialisme.
Je suis un vrai socialiste ou un vrai libéral ou un anar-cons ?!
Je sais, je suis un peu brouillon... et long.
Liberté, Egalité, Franternité quand même !
pardon superpado.
me suis trahi, je te lis souvent ici et ailleurs il est vrai :)
Explications très intéressantes, vraiment ! Maintenant que je me sens plus éclairée, j'en conclus que je suis toute confuse... est-ce là le but de la politique Sarkozy ? Lorsqu'on est incernable, on fout la pagaille et on devient inattaquable...
Elena, pour l'instant se serait "tout le monde l'attaque, même son camp" et c'est même pas moi qui le dit
LE FIGARO. Comment expliquez-vous la forte baisse de Nicolas Sarkozy dans les sondages ?
Yves JÉGO. Les forces les plus secrètes du conservatisme doivent être très puissantes en France.
C'est la première fois que l'on veut «abattre» avec tant de force un président de la République...
J'aime beaucoup les débats théoriques, il n'est jamais vain d'aborder les idées calmement et de chercher leur point de rencontres.
Mais j'aime aussi les confronter au réel.
Prenons l'Allemagne, pays libéral ou la fiscalité est plutot dans le bas de la fourchette, l'économie au beau fixe et la pression "marxiste" plutot légère.
Et bien aujourd'hui éclate un des plus gros scandale à la fraude fiscale de ses dernières années.
C'est tout le patronat Allemand qui va être touché, celui lié à l'état comme celui du privé.
Et c'est à que l'on retrouve, parfaitement illustré, nos fameux débats sur "la liberté individuelle et la responsabilité individuelle".
J'ai souvent l'impression que la défense du libéralisme emprunte énormément à l'hypocrisie.
Trop d'impôts ferait fuir les investisseurs mais moins d'impôts ne les fait pas revenir, ne les fait pas investir et comme en Allemagne permet d'ouvrir des comptes au Liechtenstein.
Hé oui, je sais, la théorie c'est toujours plus beau que la réalité mais faut bien aussi en parler un peu de la réalité.
Merci superpado, je vais pouvoir rebondir, car je trouve ici beaucoup d'autosatifaction alors qu'une phrase comme " La conséquence de ce système, c'est la diminution d'un pouvoir central de l'Etat et des impôts pour donner la possibilité à l'individu de faire ses propres choix, d'en assumer les conséquences, bref d'être responsable de ses actes." est la phrase type d'une idéologie parfaitement irréaliste. On nage ici en pleine science fiction, on est pas ancré du tout dans le réel. Or c'est bien de la confrontation avec le réel qu'il s'agit lorsque 'on veut faire de la politique, puisque c'est la gestion de l'espace qui existe entre les êtres ... c'est la base de la pyramide, ensuite je dirai au fond peu importe de quel bord on puisse être, car les problème de gestion d'une nation, d'un peuple, d'un groupe possèdent des problèmatiques intrinsèques réccurents qui sont qu'on ne peut vivre ensemble que sous couvert d'un certain nombre de règles sur lesquelles on se doit d'être d'accord.
La notion d'intérêt général et la notion de service public sont les deux jambes de la démocratie sociale. Et c'est avec les jambes qu'on avance et pas autre chose ... D'autre part elle n'empêchent en rien d'être créatif par ailleurs. je préfère la notion de créativité que celle de liberté qui ne veut plus dire grand chose à partir du moment ou on a une certaine expérience de l'existence, ou alors oui, la liberté se niche dans les interstices ... libe alors a chacun de trouver ses fissures, pour admirer son rayon de lumière, mais celui-ci est plutôt à l'intérieur de nous et non pas à l'extérieur, et ceci est un autre débat ...
Même remarque avec la notion de responsabilité. En quoi le Libéralisme rendrait il plus responsable ? Quelle ineptie. Superpado a bien démontré le contraire ... et on pourrait en rajouter puisqu'il évoque l'Allemagne sachez que là-bas les bas salaires sont si bas (400e par mois pour un gardien de nuit à temps plein par exemple) qu'il y a qq semaines il était question de créer un smic Allemand ... car le nombre de salariés pauvres explose littéralement.
Il n'y a pas pour l'instant de Libéralisme à visage humain, la notion de super profit qui allume les trois quarts des chefs d'entreprises ne permet pas dans ses rouages de considérer le salarié autrement qu'un poste de charge à valeur X qui doit juste être le plus petit x possible. Même contrainte pour une entreprise "familliale", une coopérative, un travailleur indépendant ... nous sommes soumis à la loi du marché. Alors il est possible de faire certains aménagements. Une coopérative est moins lourde à vivre humainement, qu'on poste de "teamer" (ils ne disent plus "ouvrier" depuis Goshen ...) chez Toyota, ou le statut d'indépendant permet de faire des choix de secteur de productions moins industrieux qu'un prestatire en Sarl ... etc on peut donc moduler à son niveau de production ... Et c'est a mon avis dans ces zones de modulation qu"on peut trouver des solutions.
Comme ces nouvelles coopératives en province qui font du légume de saison et dont le transport ne se fait pas à plus de 100km, résultat : des légumes 50% moins chers qu'en grande surfaces ... et là ça fait respirer le porte monnaie et là on a un peu plus de pouvoir d'achat ... et on mange frais :)
C'est ce genre d'alternative qu'il faut trouver, c'est concret et ça donne du résultat. C'est tout l'esprit de la politique par l'acte, par la preuve, action/réaction ...
Merci wildo et superpado. Je nous voit complémentaires.
Même si le réel est indispensable, il parait tout autant évident qu'une base idéologique clair est un préalable avant de passer au terrain.
Je rejoins wildo pour commenter un peu plus directement london. Le libéralisme qu'il décrit est en effet illusoire car déconnecté des corrélations inter personnes, inévitables et intrinsèque à la vie en société. D'où la nécessite de justices de tous types pour permettre l'émancipation des individus.
Tout cela se traduit dans les faits par les notions d'intérêt général, de service public, etc.
Tout ce qui fonde la solidarité et la communauté dans une nation à vocation sociale.
J'ose croire qu'on pense finalement des choses semblables mais sous des angles différents. Que les citoyens aujourd'hui sont toutefois demandeurs de retours aux sources. De philosophie avant de se pencher sur la politique. Ils souhaitent savoir où on veut les emmener.
En cela, oui superpado, le libéralisme dont tu parles est une perversion. Un vaste escroquerie du vrai libéralisme puisqu'il n'est qu'un prétexte à un détournement de la fonction économique aux seuls fins de certains...
Pour répondre au billet : Sarkozy n'est qu'un psychopathe dangereux ! Point.
Le libéralisme est un socialisme. Au sens originel du terme c'est un systéme qui permet la liberté. C'est tout le sens du combat de Jaurés.
Pour le reste l'analyse du réel, comme le montre Superpado, Wildo et Jon, prouve qu'il n'y a aucun systéme "libéral" qui crée du bien-être ou alors pour une petite partie de la population. La grande majorité s'appauvrit. Les exemples de l'Allemagne et de l'Angleterre montre que l'on crée plus de richesses certes, mais la population vit nettement moins bien. Est-ce un progrès?
D'ailleurs je pense que notre socialisme ne prendra pas la même voix que les anglo-saxons. En voici un exemple:
http://fr.youtube.com/watch?v=I01nD...
Pour en revenir à sarko je crois contrairement à London qu'il n'a aucune boussole idéologique. C'est un populiste qui s'est fait élire après avoir mis tous les atouts de son côté même les pires. On n'a jamais vécu une élection présidentielle française avec un tel degré de bashing, d'entourloupes, de trahisons, de corruptions de toutes sortes. Sarko n'est d'aucun modéle du passé. C'est un arriviste populiste religieux qui flirte avec le fascisme de par sa perception du pouvoir et par les moyens qu'il possède. Je le considère comme un embryon de fasciste...
@ superpado : je crois qu'il y a une méprise sur la notion de libéralisme. Premièrement, l'Allemagne, comme la majorité des pays européens est une social démocratie. Elle reconnait donc le marché au nom du pragmatisme mais vise à conserver des secteurs économiques sous tutelle d'Etat (EADS par exemple). Ensuite, sur le scandale dont vous parlez, le libéralisme n'a pas vocation à être parfait : sauf que si vous êtes en faute, vous êtes responsable de vos actes et vous êtes sanctionné. Le libéralisme ne crée pas des gens vertueux. Encore une fois, il n'y a pas d'homme nouveau comme dans le communisme. C'est en cela que la récrimination sur le côté non pragmatique de cette philosophie est étrange : je vous rappelle que le libéralisme est né de l'observation d'un certain Adam Smith de la société et des échanges.
Sur les impôts, je suis pas loin de partager aussi l'avis que baisser les impots pour baisser les impots n'a aucun intérêt et ne vise pas seulement à éviter la fuite des riches. Il y a beaucoup de critères qui mènent à cela, les impôts ne sont que la face émergée. Pour autant, cette idée vient de la courbe de Laffer qui montre qu'au delà d'un certain seuil d'imposition, les recettes diminuent. L'idée pour moi de baisser les impôts, c'est de dire que l'euro dépensé par le consommateur peut être parfois utilisé plus efficacement que l'Etat. Je ne crois pas que l'Etat soit plus demiurge que l'individu et je crois même qu'il fausse la perception de l'environnement et ne responsabilise pas les acteurs : prix de l'énergie hors marché, subventions, etc...
@Wildo : je crois que vous faites fausse route ou alors je trouve ça inquiétant. Le principe de responsabilité et de libre arbitre est la base du droit. Et je ne crois pas que pour vous le droit soit une utopie. Encore une fois, on juge sur les actions par sur les pensées de l'individu. C'est en cela que le libéralisme s'est toujours heurté avec les régimes totalitaires qui rend l'individu irresponsable puique c'est l'Etat qui décide pour vous.
@jon : un libéralisme "déconnecté des correlations inter personnes" ? Le libéralisme est exactement l'inverse puisque on part des corrélations entre individu et non de la coercition du groupe sur l'individu (encore une fois pour le principe de responsabilité juridique). Le marché, c'est la corrélation entre individu, c'est les échanges à l'intérieur d'une société.
@Asse42 : sauf que la liberté est secondaire dans l'idéologie socialiste. D'abord l'égalité. Quant aux preuves que le libéralisme n'est pas le système le pus redistributif, moi je les attends encore. La seule preuve qu'on a c'est que grâce à l'ouverture des échanges dans le monde, la pauvreté mondiale a globalement reculé (voir les dernières stats de la Banque Mondiale). Le problème en France, c'est que le niveau de pauvreté stagne autour de 7% depuis 2001. Et que je crois que c'est comme le chômage : notre modèle social a prouvé ses limites, malgré l'augmentation du budget de l'Etat. Evidemment, certains diront que sans ça aurait été pire. Pas vraiment convaincant non plus.
En fait, d'après ce que vous me dites, je crois que j'ai trouvé la limite du libéralisme : l'individu souhaite t'il être libre ? Beaucoup me répondront avec sincérité "oui". Maintenant, veut on que l'autre soit lui aussi libre que moi ?
Et j'ai l'impression que, en dehors des libéraux, beaucoup auront répondu "non".
C'est le paradoxe de la société. Ce que l'on est prêt à accepter pour soi, on ne l'accepte pas facilement pour l'autre, sans doute par peur. Comme quoi, le système "égoiste" n'est pas forcément là où on croit.
Nous sommes tout bêtement dans un régime National-Sarkozyste et tant pis si ça doit écorcher les oreilles de qq prudes ici ... Un serpent se tue dans l'oeuf, après c'est trop tard, alors un peu moins de discussions de salon et un peu plus de réalisme, s'il vous plait ! :)
wildo, j'avais déjà compris que ce n'était pas ton président (ni le mien d'ailleurs).
Mais là tu nous gratifies d'une belle conclusion :)