Sur le Monde, un article de Dominique Dhombres fait un très bon résumé du discours de Sarkozy à Bercy le 29 Avril, et son analyse est pertinente et cela est d'une grande facilité : En effet , ce jour là Sarkozy à fait dans la caricature. L'extrême-gauche se trompe, il n'est pas libéral , c'est un neo-conservateur au sens américain, mais plus proche de Berlusconi que de Bush. Un extrait du papier du monde, nous rappelle que pour Sarkozy c'est mai 1968 qui est responsable des excès actuel du capitalisme , capitalisme qu'il se promet de moraliser sans le réguler :
'La suite était encore plus ébouriffante. "Voyez comment la contestation de tous les repères éthiques a contribué à affaiblir la morale du capitalisme, comment elle a préparé le terrain au capitalisme sans scrupule des parachutes en or, des retraites chapeaux, des patrons voyous", s'écriait-il. Le capitalisme était évidemment parfaitement moral avant 1968, et les patrons voyous ont manifestement lu leur feuille de route sur les murs de la Sorbonne ! Quant aux parachutes en or, c'est bien connu, ils ont été inventés sur les barricades de la rue Gay-Lussac. Pourquoi pas dans les usines occupées ?'

Pour rappel, Mai 68 pour des millions de salariés, ce sont les accords de Grenelle, négociés par un certain Jacques Chirac, et qui apportait certains progrès, et ce sont ces progrès qui doivent énerver Nicolas Sarkozy :

  • +25% sur le SMIG : mon Dieu quelle horreur devait on crier à Boulogne, mais cela à relancé la consommation et donc la croissance.
  • +10% en moyenne sur les autres salaires : en ces temps de pouvoir d'achat qui augmente moins vite que les dividendes des actionnaires, ça doit lui faire peur.
  • Réduction du temps de travail à 44h par semaine : rappelons qu'à droite certains sont en faveur d'une libéralisation totale et prennent comme cible 48 heures maxi par semaine, tout cela au nom de la liberté de travailler plus pour gagner plus.
  • Création de la section syndicale d'entreprise. Sans doute un affreux repaire de gauchistes, et pas du tout un moyen de favoriser la négociation dans l'entreprise ? Tout cela aurait donc été mis en place pour instaurer un système libéral outrancier où la finance serait reine ? mais qui est donc le coupable : il est tout trouvé , c'est Chirac Jacques qui a négocié pour le gouvernement Pompidou.
    Pour la forme , voilà une affiche de l'époque : il est clair qu'elle comporte un appel au capitalisme financier débridé.
    C'est d'ailleurs une habitude de Sarkoz de faire une lecture de notre histoire : il a ainsi expliqué qu'il trouvait du bon dans la colonisation, et dans les croisades qui font certes partie de notre Histoire, mais ne sont pas parmi les épisodes les plus glorieux.
    La charge contre la société du Loisir, date de Raffarin, qui en 2004 nous expliquait que nous étions des fainéants. Il fut sanctionné dans les urnes, mais son maître à penser utilise la même rhétorique : vous n'allez quand même pas payer pour ces fainéants de chômeur et de RMIstes ? , il finira bien par le dire.

    Et désormais c'est Mai 68 qui est présenté comme la cause de tout : comme si les acquis de cette expérience quasi-révolutionnaires étaient la cause des malheurs de notre société et ce 50 ans après. On se souvient aussi de Pétain , couinant que les congés-payés de 1936 expliquaient la défaite de la France devant l'Allemagne Nazie : le parallèle est étonnant, qu'on ne me dise pas que Sarko est un pétainiste : Ce n'est qu'un neo-conservateur proche de Berlusconi.

    Quand on cogite un peu on trouve des tas de points communs, il n'y a qu'a commencer par les accointances avec les médias, le monde des affaires, le programme proche de l'extrême droite et la re-ecriture de l'histoire accompagnée de valeurs réactionnaires matinées de libéralisme de façade.

    Sarkozy doit regretter le temps de l'ORTF où le ministre de l'information dictait le contenu de l'unique journal télévisé depuis son bureau : TF1 ne lui suffit donc pas ?

    Il se réclame de de Gaulle qui aurai sauvé deux fois la République, alors que des travaux historiques montrent qu'un vrai coup d'état légal a eu lieu en 1958 avec déja usage de l'intox au niveau des parlementaires. Le même Sarkozy attaque les droits-de-l'homme-istes qui lui mettent des bâtons dans les pattes, quand il dérape et se prend pour le ministre de la justice.

    Les droits de l'Homme sont un acquis qui date d'avant 1968, de 1789 pour être précis. De cette époque datent des grands principes, qui ont fait comme le drapeau bleu blanc rouge, le tour du Monde .

    Parmi ces derniers, on trouve la juste contribution des citoyens en fonction de leur moyens par l"'impot (ART 13). C'est aussi la révolution française qui décida la taxation des héritages pour lutter contre les vices de l'ancien régime. Vous ne trouvez pas qu"'on trouve désormais des attaques contre ces principes ? par exemple avec la flat-tax ou la baisse de la proportionnalité de l'impôt prônée par Sarkozy ? et la défiscalisation des héritages ?
    Sarkozy nous montre son vrai visage : un contre-révolutionnaire moderne , qui cache bien son jeu. En oppposant les électeurs sur un sujet bien détérminé , ici Mai 68, il permet d'éluder les débats de fond , sur les conséquences de son projet et oppose les uns contre les autres. Tout ça en débalant des idées et enfoncant des portes ouvertes : tout le monde veut gagner plus d'argent, mériter plus . Mais cela ne fait pas un projet de société, sauf à l'UMP.
    Dans une logique binaire, tous ceux qui ne sont pas de son avis, sont contre lui. Il les jète en pature lors de ses meeting, et bientôt ce sera à la vindicte populaire.