Première Intox : Il fait déjà croire qu'il pourrait gouverner avec DSK , et ses partisans entretiennent cette idée. Voilà de quoi les doucher : Vidéo de DSK en 2006 sur Bayrou et ses électeurs. Et une interview de Jean-Christophe Cambadelis pour Marianne2007.info où on voit bien que DSK soutient Ségolène Royal.

De plus François Bayrou est toujours de droite, et a toujours couiné contre la droite avant de se rallier à elle .

cf cette : vidéo youtube

le programme économique de François Bayrou:

On y retrouve la rhétorique libérale, camouflée sous un soupçon de social : les impots contre le travail, avec confusion travail/capital. D'ailleurs il aurait été conseillé par Alain Madelin, un grand social, comme la lettre du Monde le signalait le 23 février 2007:
"François BAYROU, a bénéficié des conseils d'Alain MADELIN pour son programme économique. L'ancien président de Démocratie libérale se sent plus proche, sur bon nombre de points, du candidat de l'UDF que de celui de l'UMP."
Il faut savoir qu'Alain Madelin est membre des cercles libéraux où on trouve des politiques et économistes de droite : UDF, UMP et d'autres proches du FN. Tout ce petit monde là se retrouve pour discuter économie.
Ces gens là, n'ont pas la même conception du social. Pour eux tout soutient à un individu par l'état est baptisé assistanat et c'est l'incarnation du mal absolu. Souvenez vous des attaques de J-P-Raffarin contre la société du loisir avant les élections de 2004. Cela fait 20 ans qu'on fait des exonérations pour un total qui représente 65 milliards/an avec les aides diverses. A noter le changement sémantique : charges au lieu de cotisations chômage, assurance maladie.... les assurances deviennent des choses négatives : on ne fait pas le même changement sémantique dans la sphère privée. Tout mon analyse est basée sur le .PDF de son discours programme trouvé sur le site bayrou.fr . Il faut aussi noter que la presse à présenté ce programme comme "social-libéral", ce qui est le cas du Monde. On se demande ce que le journaliste à trouvé de social à un tel programme.
D'autres journalistes estiment que ce programme est un programme de rigueur, au vu de la réduction drastique de la dette qu'il propose.
La fausse bonne idée des deux emplois sans charge.
Voilà ce qui est sans doute le point principal de son projet, et qui peut faire mouche dans l'esprit de l'électeur : 

Deux emplois sans charges, sans aucune  autre exigence, ni de secteur d'activité, ni de type d'emploi offert, avec un plafonnement pour  éviter les abus, par exemple, peut-etre un plafonnement à cinq mille euros,  pour éviter qu'il  n'y ait des recyclages de stock-options qui puissent se faire sous cette forme. Mais  deux emplois sans charge, sans aucune exigence et notamment pas d'exigence que ce soient des emplois sans qualification parce que la concentration des aides sur les emplois sans  qualification a contribué beaucoup à la SMICardisation des trente-cinq heures aussi. A la  SMICardisation de la société francaise.


C'est la fausse bonne idée par excellence : A 5000 euros, l' aubaine pour les entreprises est évidente. Il veut éviter les abus, mais quid des contrôles et des vilaines contraintes ? Et qui empêchera de créer plusieurs sociétés , de profiter de deux emplois "sans charges" par société et donc de faire des bénéfices et profits sur le dos de la collectivite ? Je ne dis pas que le profit c'est mal, mais le détournement d'argent public pour en faire, c'est assez inéquitable, tout comme le financement par l'argent public des profits privés. On peut même dire que c'est une entrave à la concurrence saine et non faussée :o) D'ailleurs il me semble avoir lu que les "aubaines" représentaient actuellement 7 à 9 Milliards d'euros selon la très gauchiste cours des comptes. Et les emplois aidés ne sont pas si rentables que cela selon les echos.
François Bayrou est partisan de la TVA sociale . C'est à dire à un déplacement de l'assiete des cotisations de l'entreprise vers le porte-monnaie du consommateur, qui verra le prix de ses produits augmenté de cette TVA "sociale". Cette TVA sociale n'a de sociale que le nom, en effet une TVA sociale de 2% de plus pour les consommateurs, cela correspond tout simplement à 2% de cotisations en moins pour l'entreprise. Dans l'esprit de ces défenseurs, cela permettra de générer de l'emploi. Souvenez vous de Raymond Barre dans les années 1970, quand il nous expliquait que les profits d'aujourd'hui sont les emplois de demain. Voyons les arguments de F.Bayrou :
La TVA  sociale est une idée intéressante. Les Allemands viennent de faire un pas, un petit pas dans cette direction. Comme chacun l'aura observé, cela n'a pas entraîné de hausse des prix en Allemagne et même, pour le mois de janvier, les prix en Allemagne ont baissé de 0,2 % si ma mémoire est fidèle et si je suis bien informé.
Savez vous qu'on a constaté d'après l'INSEE une baisse identique des prix en France : 0,3% de baisse des prix ( cf les Echos ) . Ici, pas de TVA sociale et nous avons pourtant la même inflation. Voilà donc un mensonge honteux de Mr Bayrou!
IL envisage sans toutefois le confirmer de recycler une idée qui était dans le programme législatif du PS en 2002 , et cela sans le dire ouvertement, en en donnant la paternité à Jacques Chirac !
Jean Arthuis sera particulièrement favorable à cette idée parce qu'il développe depuis 
longtemps cette réflexion qui est aussi une réflexion qui est désormais partagée par les 
Allemands, qui est l'idée que ce n'est pas possible que, dans la solidarité à l'égard de la 
protection sociale, soient favorisées les entreprises qui détruisent de l'emploi et soient 
défavorisées les entreprises qui en créent. A chiffre d'affaires égal, à production égale, si vous détruisez de l'emploi, vous participez moins à la protection sociale. Si vous créez des 
l'emplois, vous participez davantage et cela vous couûte plus cher. Ce n'est pas normal et ce 
n'est pas juste. Jacques Chirac lui-même avait eu cette réflexion il y a quelques mois et il avait 
proposé que l'on réfléchisse à une assiette des cotisations sociales sur la valeur ajoutée.

Il ne veut pas s'attaquer directement aux niches fiscales, par ce qu'il faut réconcilier les français : On va donc continuer a faire des cadeaux pour diverses raisons , et n'oublions pas que ces niches représentent une perte fiscale de 50 Md€. Par exemple, la loi Besson et la loi Robien : il n'y a qu'a rechercher "amortissement robien" dans google : cela permet à des investisseurs de ne pas payer trop d'impôts.. en investissant dans le domaine locatif. Vos oreilles ont du vous faire savoir que le problème du logement locatif était important dans ce pays, que les loyers était trop élevés, et que les classes moyennes avaient du mal à se loger, qu' on construit des logements dont 80% sont inaccessibles aux plus pauvres. Tout ces nouveaux ensembles sofro-cogedim de luxe sont bénéficiaires de ces amortissements : il suffit de regarder certaines publicités. C'est donc l'argent public qui finance ces logements de luxe pour nantis. Puis F.Bayrou nous parle de l'Impôt, cette chose hideuse et monstrueuse, ennemi de l'emploi d'après les libéraux adeptes de la courbe de Laffer.
Je voudrai vous parler de l'impôt sur le revenu. Les niches que l'on a multipliées 
représentent de l'ordre de quarante milliards d’euros sur l'impôt sur le revenu. Alors, ne 
comptez pas sur moi pour aborder, une par une, la question de la suppression des niches qui ne peuvent évidemment que susciter des conflits avec des catégories différentes et très nombreuses de la population, parce qu'immédiatement vous donnez l'impression de montrer 
du doigt ceux qui en bénéficient, de stigmatiser telle ou telle catégorie de Français, d'attaquer 
telle ou telle politique publique et c'est tout l'inverse de ce que je voudrais que soit la « social- 
économie » qui est un projet de rassemblement et de réconciliation
Sur les heures supplémentaires : il veut que leur valeur soit déduite des cotisations sociales. 
Cela va donc encore rajouter du déficit au niveau des organismes d'assurance maladie et chômage. Tout cela alors que François Bayrou nous propose de lutter contre la dette.
Je propose, donc, que l'heure supplémentaire rapporte désormais à̀ tout salarié 35 % de plus 
qu'une heure normale et que cette prime pour heures supplémentaires soit déduite des charges 
à payer de manière que l'heure supplémentaire coûte à l'entreprise exactement le même prix 
qu'une heure normale, qu'elle représente exactement le même coût qu'une heure normale.
Avec sa proposition, une entreprise qui emploie un salarié en CDI temps partiel de 30 heures ( + fréquent qu'on ne le pense ) et un CDI temps plein de 48 heures (13 heures supplémentaires) bénéficiera de plus d’allègements de charge que si elle employait ses 2 salariés à 39 heures. Elle fera donc plus de profits, et si l'appât du gain reste la principale motivation ... qui est perdant dans ce système, l'employé à temps partiel. Il faut savoir qu'en France, le temps partiel imposé atteint un niveau record de 16,9% (pour 2004). Dans le cas où le système Bayrou serait en place, rien n'empêcherai les entreprises de faire travailler plus ces salariés en temps partiel.. vu que les CDI a temps plein leur coûteraient moins cher. On trouve en ligne quelques statistiques sur les CDI à temps partiel . Les métiers les plus atteints sont dans le domaine de restauration, le nettoyage, la santé, l'action sociale et la distribution ( pensez aux caissières de super-marché par exemple).
Nous concentrerons progressivement, en trois ans, les exonérations de charges sur les petites et moyennes entreprises et sur les salaires en dessous de 1,3 SMIC. Cela représentera neuf milliards d’euros d'économie. Nous proposerons aux collectivités locales de passer, avec elles, un contrat de solidarité parce que je veux vous rappeler que les collectivités locales participent évidemment à la dépense publique du pays.
Il est partisan de concentrer les exonérations de charges sur les bas salaires, et donc de passer ce taux de 1,6 SMIC actuellement à 1,3 SMIC. Cela provoque une « smicardisation » des salaires qui fait que les salaires se tassent vers le bas, vers le SMIC et cela concerne près de 70% des salaires inférieurs à ce seuil de 1,6 Smic. Pour les entreprises, c'est une limite qui est coûteuse de dépasser. La réduction de ce taux, va donc compresser de nouveau l'échelle des salaires et in fine accroître la paupérisation de la société.
Il est partisan de la suppression de la fiscalité sur les brevets :
Je propose d’exempter d’impôt les revenus des brevets déposés par des chercheurs français ou résidents en France.
C'est une première, jamais personne n'a expliqué que la detaxation des brevets ferait progresser la recherche, surtout la recherche fondamentale. Est-ce que le Japon qui dépose le plus de brevet au Monde ne taxe pas ses brevets ? Où est le frein à la recherche ? De plus, il propose d'augmenter de 5% le budget de la recherche , et ce par ce que la recherche c'est la clef de la réussite de notre pays dans la mondialisation. Un rapide calcul montre qu'a 2% de croissance du PIB annuel, et avec 2% d'inflation... il ne restera qu'1% de croissance efficace du budget de la recherche. Et ceux qui pensent que Ségolène Royal ne propose pas de concret, je leur conseille de lire cette interview au Monde...

à suivre...